Députée battue dans la Marne, Aïna Kuric veut se relancer dans l'oenotourisme, sans perdre de vue la politique

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Battue aux élections législatives en juin 2022, l'ancienne députée (Agir) de la 2e circonscription de la Marne Aïna Kuric, reste conseillère régionale du Grand Est, mais veut prendre le temps de souffler avant d'entamer une nouvelle vie, loin du palais Bourbon.

A Reims, et dans la deuxième circonscription de la Marne, Aïna Kuric s'était fait un nom en politique, dès 2017, en battant Catherine Vautrin (LR) aux législatives à la surprise générale. Cinq ans après, en juin 2022, la jeune femme de 35 ans n'a pas été réélue à l'Assemblée nationale, battue dès le premier tour. La circonscription est passée au Rassemblement national. Aïna Kuric n'avait pas reçu d'investiture du parti présidentiel.

En cette fin juin, elle a rendu les clés de sa permanence parlementaire à Reims, vidé son bureau de l'assemblée nationale, mis à jour son compte Twitter avec un champ de coquelicots en bannière. Ce 29 juin, Aïna Kuric nous a confié ses projets pour la suite. Et a répondu à cette question, comment passe-t-on du palais Bourbon à une vie beaucoup plus calme ?

Comment fait-on quand on quitte l'Assemblée nationale, est-ce qu'il y a un temps d'adaptation ? 

J'ai été battue au premier tout, donc cela m'a permis de régler les choses rapidement, ça m'a permis de repasser dès l'entre deux tours à l'Assemblée nationale pour régler les transferts de courrier, enfin des petites choses administratives. Ce qui fait que là ça y est, c'est déjà derrière moi.

Quel est votre état d'esprit maintenant ? Comment rebondir ?

Cela fait 5 ans que je vis à un mandat à 100 % qui me prend beaucoup de temps, depuis un an, je cumule avec un autre mandat celui de conseillère régionale. Ce qui m'a pris vraiment tout mon temps. Là, c'est surtout souffler d'abord parce que la campagne que j'ai vécue était éreintante. Très intense, très difficile parce que c'est une campagne sans parti politique, qui a pris beaucoup d'énergie donc là, c'est surtout et avant tout prendre du repos. Entre deux tours j'ai bouclé tout ce qui est administratif, j'ai passé deux jours au conseil régional puisque nous avions séances plénière et commission permanentes et je demande de la commission permanente à la région Grand Est.

Voilà, j'ai pas forcément trop eu le temps de de voir le temps passer et voilà donc là ça y est le conseil régional est bouclé jusque septembre. Donc là c'est vraiment voilà prendre le temps déjà de retrouver les miens parce que parce que quand on vit ces mandats, on embarque toute une famille. Je vis en couple avec une fille de 8 ans donc c'est aussi de pouvoir un petit peu les retrouver en vacances.

La suite vous la voyez en politique ?

J'étais entrepreneuse avant d'être députée, c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup. Je pense que je continuerai d'entreprendre comme je l'ai fait mais je reste aussi engagée politiquement : ce n'est pas parce qu'on perd une élection qu'on abandonne ses engagements. Il y a aussi un collectif localement qui compte sur moi avec lequel on a on envisage de poursuivre nos engagements politiques communs, je le fais notamment à travers une structure aussi qui va nous accompagner par mettre de continuer de travailler ensemble.

Je travaillais dans l'oenotourisme avant d'être élue, la promotion du champagne et de la Champagne. J'envisage évidemment de reprendre une partie de cette activité mais j'envisage aussi de prendre un peu plus de temps pour moi, ce que je n'ai pas fait ces cinq dernières années.

Perdre le train de vie de députée, vous le vivez comment ? 

Le train de vie du député est lié à la fonction qui nécessite des déplacements. Ce qui n'est plus le cas désormais : entre ma vie d'entrepreneur avant et ma vie de députée et ma vie aujourd'hui, je n'ai pas vraiment changée. Au-delà des obligations politiques, je n'avais pas forcément changé de vie à part le fait de moins voir mes proches.

Comment vous avez vécu cette séquence politique ? 

Ce qui a été difficile pour moi à titre personnel, ça a été de ne pas être investie par ma famille politique, Une manœuvre politicienne contre moi, qui m'a particulièrement touchée, et la campagne difficile. C'est passé, mais on oublie pas non plus. Moi j'apporte tout mon soutien à mes anciens collègues qui est aujourd'hui sont à l'Assemblée nationale n'ont pas de majorité absolue vont devoir travailler différemment avec des oppositions. Moi je leur souhaite déjà toute la réussite et tout courage possible.

Je suis heureuse de voir une femme élue présidente de l'Assemblée nationale. Yaelle Braun Pivet, pas uniquement parce que c'est une femme. Elle a été une brillante présidente de la commission des lois et elle a été une députée qui a toujours excellé, elle a toujours fait preuve de beaucoup de qualités qui ont été reconnues par tout ça par ailleurs, je crois qu'elle avait été nommée députés de l'année que comme ça par un magazine parlementaire. Donc voilà, elle est vraiment enfin vraiment beaucoup de qualité intellectuelle et humaine qui font que elle a toute sa place à la présidence et c'est une femme et c'est la première femme à prendre le perchoir donc c'est une très bonne nouvelle.

Est-ce qu'on reverra votre candidature dans cinq ans pour être députée, ou la politique à cette échelle là, c'est terminé ? 

Comme je l'ai dit cette après cette défaite, je n'abandonne rien, je reste engagée politiquement, je serai certainement présente sur d'autres échéances lesquelles je ne saurais vous le dire maintenant. Je serai là en tant que candidate mais aussi en soutien ou en campagne pour d'autres candidats qui se présenteraient aussi. Je participerai évidemment aussi aux campagnes électorales de ma famille politique, je suis toujours membre du parti Horizon et je suis engagée derrière Edouard Philippe et le parti qu'il a créé et il faut qu'on continue évidemment à réfléchir à travailler à construire à se montrer constructifs.

Je pense qu'Emmanuel Macron pendant ces cinq prochaines années, va devoir faire face à de nombreux défis et qu'il va avoir besoin de partenaires pour pouvoir les relever non pas parce que parce que c'est Emmanuel Macron mais parce que c'est lui le président aujourd'hui de la République et que on doit évidemment toutes et tous se battre pour la réussite de notre pays et c'est notre responsabilité d'élus que de le faire.

Vous n'êtes donc pas blessée ou meurtrie par cette campagne ?


Quand on s'engage en politique ça nous dépasse, il faut prendre en conscience aussi à chaque fois qu'il y a un échec ou une déception, on arrête, on claque la porte, on ne ferait pas grand chose dans la vie.