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François Lambert : “Je souhaite que l'affaire Vincent Lambert s'arrête aujourd'hui ”

François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, qui a toujours été favorable à l'arrêt des soins de son oncle, devant le CHU de Reims. / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, qui a toujours été favorable à l'arrêt des soins de son oncle, devant le CHU de Reims. / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne

François Lambert a fait part de son émotion mais aussi de son soulagement place de la République à Paris quelques heures après la mort de son oncle, Vincent Lambert. Il espère désormais que "l'affaire" Vincent Lambert est close, tout en annonçant continuer à se battre pour faire évoluer la loi.

Par Céline Lang

Vincent Lambert est décédé ce jeudi 11 juillet 2019, au CHU Sébastopol de Reims à 8 h 24, neuf jours après un nouvel arrêt des traitements débuté le mardi 2 juillet. A 11 heures, face aux journalistes réunis place de la République à Paris, le neveu de Vincent Lambert, François, qui s'est toujours battu pour l'arrêt des traitements, a exprimé son "soulagement" : "Ce n'est pas triste, ça remet les choses dans l'ordre. C'était ce qu'on attendait depuis des années.  Avec la mort de Vincent, c'est le rationnel qui reprend le dessus. Ça redevient quelque chose de rationnel". Selon le jeune homme, Vincent, qui était plongé dans un état végétatif, n'aurait pas voulu vivre comme ça.

Par respect pour lui, il fallait arrêter de le maintenir en vie dans cet état. Il a pu partir dans les meilleures conditions possibles actuelles, et là j'espère qu'il repose en paix. 
- François Lambert, neveu de Vincent Lambert - 

Place à l'intimité

Après 6 ans de bataille judiciaire, 10 ans après l'accident de Vincent, François Lambert aspire désormais à la fin de ce qu'on a appelé "l'affaire" Vincent Lambert. Pour lui, les nombreuses procédures judiciaires lancées par les parents de Vincent, Viviane et Pierre Lambert, ont été autant de "coups de théâtre" inutiles qui n'ont fait que mettre en lumière les "insuffisances", de la loi Claeys-Leonetti, qui fixe le cadre de la fin de vie en France. 

Aujourd'hui, je n'ai pas de tristesse. La tristesse, elle était là pendant toutes ces années, où je l'ai vu dans cet état, où j'ai vu évoluer cette affaire complètement irrationnelle. Lui, il était au milieu, qui attendait que les rapports de force politiques, que telle ou telle chose, changent. [...] Donc la tristesse, c'est là qu'elle était. Le fait qu'il s'en aille, ce n'est pas de la tristesse, c'est un soulagement. 
- François Lambert, neveu de Vincent Lambert -

Poursuivre le combat pour faire évoluer la loi

Pour François Lambert, qui a débuté des études de droit par correspondance pour avoir les moyens de se battre dans l'affaire qui touchait alors la situation de son oncle, l'heure n'est cependant pas au renoncement. S'il souhaite que l'on ne parle plus "d'affaire Vincent Lambert", il compte bien cependant continuer à lutter pour faire évoluer le cadre juridique sur la fin de vie en France. Un cadre juridique qu'il considère comme en partie responsable de la situation dans laquelle Vincent et sa famille se sont retrouvés plongés pendant 6 ans. 

La loi Leonetti est complètement défavorable à l'euthanasie, et au-delà, à l'accélération de la mort. Elle y est tellement défavorable, qu'elle a instauré une sorte de fantasme sur le fait que le patient décède lentement. Et chaque fois que l'on voit un patient décéder lentement, avec plein de causes médicales, on dit que c'est une bonne chose, parce que comme ça, on a l'impression de lutter contre l'euthanasie. Je trouve ça complètement ridicule.
- François Lambert, neveu de Vincent Lambert -

François Lambert explique devant les journalistes pourquoi, selon lui, la loi Claeys-Leonetti est "insuffisante" 


François Lambert ne compte donc pas abandonner son combat pour faire évoluer cette loi Claeys-Leonetti qu'il juge insuffisante. Pour lui, son oncle a été "privé de tout, d'indépendance, de communication, dans un corps en souffrance, sans chance de revenir. C'était pesant, et c'est quelque chose qui s'évapore, maintenant que Vincent est parti". 

 

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