La "star des bébés", l’autrice Jeanne Ashbé mise en vedette avec une exposition de son œuvre consacrée à la petite enfance, au festival Méli’Môme, à Reims

Depuis 35 ans à Reims, le printemps débute par un festival dédié à l’enfance. Plusieurs dizaines de spectacles de théâtre, des concerts, des marionnettes ou encore de la danse sont proposés aux enfants et aux familles. Cette année et jusqu’au 8 avril, la dessinatrice et autrice belge Jeanne Ashbé est dans la lumière avec "Dans les yeux des bébés", une installation de ses dessins qui enchantent les tout-petits.

Lorsque l’on rencontre Jeanne Ashbé pour la première fois, ce qui frappe ce n’est pas la silhouette menue de cette grand-mère bruxelloise, c’est son sourire. Un sourire fait de douceur, de bienveillance. Il y aussi son regard plein d’attention, de curiosité pour ce qui l’entoure. C’est probablement ce qui a contribué à faire d’elle "la star des bébés".

Avec Jeanne Ashbé, la tradition belge de l’image est bien vivante. Elle a déjà dessiné, écrit 70 albums. Les familles, les crèches, les écoles en raffolent. Lors de sa séance de dédicace, au sein du Cellier, où est présentée l’exposition, "Dans les yeux des bébés", la file d’attente a duré cinq heures.

 Son histoire avec Méli’Môme remonte à plusieurs années. Elle a parrainé le festival à deux reprises et créé l’une de ses affiches. Joël Simon, directeur de Nova Villa et du festival dit d’elle : "Les mots qu’utilise Jeanne sont comme une partition, ils emmènent les enfants jusqu’au bout du livre. Ça leur parle".

 Des petits lecteurs jusqu’en Chine

Si Jeanne Ashbé concentre son attention sur les très jeunes enfants, elle n’en est pas moins ouverte sur le monde. Son livre, "Le vélo rose", est ainsi consacré aux enfants sur les chemins de l’exil. L’autrice l’a écrit et dessiné après la guerre du Kosovo. Elle parcourt la planète pour des rencontres, des conférences, en France, au Québec et jusqu’en Chine. Elle y a passé trois semaines et reste étonnée par son succès là-bas.

Ce qui l’émerveille aussi c’est la capacité des bébés à chercher à comprendre. "Ils ont une appétence pour la complexité", dit-elle. "Ce sont de grands sémiologues. Leur survie est chevillée à ce qui n’est pas dit avec des mots. Je fais des livres aujourd’hui que je n’aurais pas fait il y a 20 ans. Ma rencontre avec les bébés m’a appris leur extrême subtilité".

 Des livres qu’on ne jette pas

Parmi les petits bonheurs du quotidien, l’autrice avoue avec modestie se réjouir toujours de ses rencontres avec les familles. "C’est émouvant", raconte-t-elle, "quand de jeunes parents qui ont lu mes livres me racontent que des livres ont été éjectés des bibliothèques familiales, mais pas les miens".

Une satisfaction d’autant plus grande que Jeanne Ashbé aurait pu ne jamais devenir l’autrice à succès admirée pour ses créations.

"L’émergence de la pensée et de la langue chez les tout-petits est quelque chose qui me touche beaucoup et qui vient rencontrer ce que mes doigts aiment faire".

Jeanne Ashbé, illustratrice, autrice.

En tant que dessinatrice, elle est autodidacte. "Je fais partie de ces enfants à qui on a dit, le dessin c’est pas un métier", se souvient-elle.

"J’ai émis le souhait de faire les beaux-arts, mais ce n’était pas l’avis de mes parents. J’étais bonne élève, capable de faire autre chose".

Jeanne Ashbé a alors décroché une maîtrise de psychologie et d’orthophoniste. Elle a exercé en tant qu’orthophoniste, mais la passion a pris le dessus. "J’ai dessiné depuis que je suis toute petite. J’ai dessiné encore et toujours. On a jamais pu m’en empêcher", dit-elle. Elle a pris pied dans le métier d’illustratrice, d’autrice, pas à pas. Aujourd’hui elle exerce un métier, à la croisée de tout ce qu’elle aime, les tout-petits et le dessin.

 Fascinée par les compétences des bébés

Jeanne Ashbé déclare qu’on "fait plus des livres avec l’enfant qu’on a en soi plutôt qu’avec ceux qu’on a autour de soi". Pourtant elle se nourrit des nombreux enfants qui l’entourent. Maman et plusieurs fois grand-mère, elle admire les bébés capables d’apprendre quatre langues et de les parler sans accent. Elle a remarqué que quel que soit le milieu, où ils grandissent, les bébés vont spontanément toujours vers la beauté.

"L’émergence de la pensée et de la langue chez les tout-petits est quelque chose qui me touche beaucoup et qui vient rencontrer ce que mes doigts aiment faire", déclare-t-elle. Ces grands explorateurs que sont les bébés ont permis à Jeanne Ashbé de traduire en dessins l’évolution de la vie des tout-petits. Leurs petits mots, leur sommeil, les frissons du bain, les rires ou les câlins constituent l’oeuvre de l’illustratrice à découvrir jusqu’au 8 avril au Cellier de Reims.

 

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