Les étudiants de Sciences Po délocalisent leur mouvement pour Gaza à la Fac

Mobilisés depuis plusieurs jours pour soutenir le peuple palestinien, les élèves du campus rémois de Sciences Po se sont rassemblés ce mardi matin à la faculté des sciences où leurs examens ont été délocalisés.

Le mouvement des élèves du campus rémois de Sciences Po en soutien au peuple palestinien se poursuit ce mardi 7 mai. Rassemblés à plusieurs reprises devant leur école place Museux à Reims depuis bientôt deux semaines, les étudiants ont cette fois occupé la faculté des sciences sur le campus du Moulin de la Housse où les examens des élèves de Sciences Po, prévus ce jour ont été délocalisés en urgence. "Nous avons appris à 7h ce matin que les examens de 1ère année auraient lieu deux heures plus tard à la fac des sciences, raconte Clémence, étudiante en 2e année. Nous avons donc décidé de bloquer les amphis."

"C'est une action qui est illégale, qui viole le code de l'éducation, déclare cette autre étudiante qui préfère rester anonyme. C'est une action injuste, qui ne prend pas en compte le bien-être des étudiants qui sont en situation de handicap et ne peuvent se déplacer facilement. Elle ne prend pas en compte non plus les étudiants qui ont débuté une grève de la faim depuis plus de cent heures et qui n'ont pas eu de réponse de l'administration."

La police intervient pour libérer l'accès aux salles d'examen

Les étudiants ont tenté de bloquer l'accès aux amphithéâtres de la faculté des sciences, sur le campus du Moulin de la Housse à Reims, mais la police est intervenue pour les déloger. Finalement, les examens ont pu avoir lieu, mais une majeure partie des 600 élèves de première année ne s'y est pas rendue, ce qui a entraîné de la tension et de l'angoisse chez de nombreux étudiants, partagés entre la cause qu'ils défendent et les conséquences de leur acte. Certains élèves boursiers avaient notamment peur de perdre leur aide s'ils ne se rendaient pas à l'examen. "Nous sommes laissés dans le flou total, déplore une autre étudiante de Sciences Po. En fait la menace est implicite. On nous presse de passer notre examen, en nous disant de penser à notre avenir, et on ne sait pas ce que l'on encoure, si on n'y va pas."

Dans une ambiance plus détendue, le même scénario s'est répété l'après-midi pour les épreuves des élèves de deuxième année. Plusieurs étudiants boursiers se sont rendus dans la salle d'examen mais avec l'intention de rendre une "copie blanche", ce qui n'aurait pas d'effet sur les aides qu'ils perçoivent, et ne mettrait pas non plus en péril leurs résultats, car des notes de 10/20 leur seraient accordées.

Dans le même temps, les manifestants ont voté à l'unanimité pour ce boycott des examens.

La direction du campus rémois de Sciences Po nous a fait savoir qu'elle ne communiquerait probablement pas dans l'immédiat sur cette situation.

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