PORTRAIT. À 26 ans, il est l'un des plus jeunes arbitres professionnels du championnat de basket Pro B

À seulement 26 ans, Brahima Sissoko est l'un des deux plus jeunes arbitres à officier au niveau professionnel, en basket Pro B. Pleinement investi dans son rôle, il se bat encore pour s'imposer face aux joueurs sur le terrain et faire oublier sa jeunesse.

Ils ne sont que deux à avoir moins de trente ans et à officier en tant qu'arbitre au niveau professionnel, en deuxième division de basket. Brahima Sissoko est l'un d'entre eux. Ce passionné du sifflet depuis l'enfance se voue corps et âme à sa passion, qui lui impose pourtant de nombreux sacrifices. Alors qu'il n'en est qu'à sa deuxième année en tant qu'arbitre professionnel sur le championnat de Pro B, Brahima Sissoko a déjà acquis la confiance de ses confrères, mais il lui reste à gagner le respect des joueurs sur le terrain.

Un reportage à découvrir en intégralité dans l'émission Sports d'ici, tous les samedis à midi sur France 3 et en replay sur france.tv.

L'arbitrage, une vocation exigeante

Chaque week-end, c'est le même rituel. Brahima Sissoko, 26 ans, sillonne les terrains de basket partout en France avec ses collègues arbitres. Ce jour-là c'est à Reims qu'il pose ses valises et qu'il accepte de répondre aux questions de notre journaliste sportif Lukas Nicot.

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Brahima Sissoko, 26 ans, l'un des plus jeunes arbitres de Pro B. ©France Télévisions / Sports d'ici

À la question "Tu as toujours voulu faire le job d'arbitre ?", le jeune homme de 26 ans répond sans détour : "Ça m'est venu à l'âge de 11 ans, à Vitry-sur-Seine. J'y ai découvert le basket, j'y ai découvert l'arbitrage et cette notion de faire respecter les règles sur le terrain. Ensuite, j'ai suivi une formation avec le comité départemental, avec Yohan Rosso, mon premier formateur, qui est arbitre international. Et ensuite, j’ai gravi les échelons au fur et à mesure."

À côté de son métier d'arbitre, Brahima Sissoko a un autre emploi : "Je suis cadre dans la fonction publique et j'ai la chance d'avoir un employeur qui est hyper facilitateur et qui me permet de vivre ma passion à 100%." Si, sur le plan professionnel, son premier employeur lui permet d'accéder facilement à son rêve, son investissement dans l'arbitrage a tout de même un impact non négligeable sur sa vie personnelle : "Une vie d'arbitre c'est beaucoup de travail, avant les matchs, après les matchs. Et c'est surtout beaucoup de sacrifices personnels parce qu'on est très très peu à la maison."

Avec une quarantaine de rencontres chaque saison, l'emploi du temps de Brahima Sissoko est bien chargé. Pour faire face, le jeune homme doit être prêt physiquement, tout comme les joueurs : "C'est primordial parce que si on n'est pas prêt physiquement, on risque d'être à la ramasse sur la rencontre et on a besoin d'être vraiment présent, on est professionnel, donc c'est hyper important." Une condition physique et sportive d'autant plus importante qu'il faut suivre un rythme souvent soutenu : "Sur un match, je fais entre 7 et 10 kilomètres."

Des difficultés liées à son âge

En tant qu'arbitre, le rôle de Brahima Sissoko consiste à veiller au bon respect des règles et à être clair et précis dans les décisions. Pour ce faire, il est accompagné de Guillaume Collin et Marc-Antoine Mendes, avec qui il communique en permanence via une oreillette, et avec qui il fait un point à chaque temps mort.

Mais dans le monde du basket professionnel et du haut niveau, pas facile de se faire entendre lorsqu'on est un jeune arbitre de 26 ans. "La difficulté à cet âge, c'est d'être reconnu parce que quand on arrive, on est le petit minot, on arbitre des pros, et c'est compliqué de s'imposer, explique Guillaume Collin, arbitre de Pro B. Des fois, on a beau siffler des trucs super évidents pour tout le monde, si c'est le petit arbitre qui vient d'arriver dans la division qui le fait, le coup de sifflet va forcément être contesté."

Son autre collège, Marc-Antoine Mendes, confirme : "On part du principe que comme tu es jeune et que tu viens d'arriver, que eux ne te connaissent pas et qu'ils connaissent les deux autres arbitres avec qui tu officies, systématiquement ce n'est pas à toi qu'on adresse la parole."

Malgré tout, Brahima Sissoko est d'ores et déjà un arbitre respecté et estimé par ses confrères plus âgés. Le jeune homme, qui n'est encore que dans sa deuxième année de Pro B, continue de prendre en expérience et en maturité. Ambitieux, il rêve d'arbitrer un jour l'Euroligue et les grandes compétitions internationales.