Reims : le procès de l'assassin présumé d'Hélène Kahn s'ouvre jeudi aux assises

Le procès s'ouvre jeudi 14 novembre, devant la cour d'assises de la Marne, à Reims. Il s'achèvera lundi 18 novembre. / © France 3 Champagne-Ardenne
Le procès s'ouvre jeudi 14 novembre, devant la cour d'assises de la Marne, à Reims. Il s'achèvera lundi 18 novembre. / © France 3 Champagne-Ardenne

Le 22 mars 2017, Hélène Kahn est morte sous les coups de couteau de son ex-compagnon, au centre équestre de Trigny (Marne). L'accusé sera jugé à partir du 14 novembre 2019 devant la cour d'assises à Reims.
 

Par Meryl Loisel

Elle avait 27 ans et venait tout juste de reprendre la gestion du centre équestre de Trigny, à 15 kms au nord-ouest de Reims. Passionnée de chevaux, le rêve d'Hélène Kahn était en train de se concrétiser. La jeune femme venait aussi de se séparer de son compagnon. Un homme de 47 ans, avec qui elle avait entretenu une relation longue de trois ans. Selon Annick Gauthier, la mère d'Hélène Kahn, il n'avait jamais été violent avec sa fille.

Mais après la séparation, son comportement avait changé et elle en avait peur. Quinze jours avant sa mort, elle avait déposé plainte pour violation de domicile. Une plainte alors classée sans suite. Le 22 mars 2017, l'exploitante du centre équestre était assassinée par ce même homme, de deux coups de couteau. "Il ne lui a laissé aucune chance," témoignait Annick Gauthier. 

 

L'accusé encourt la prison à perpétuité

Interpellé quelques heures après le drame, l'homme originaire des Ardennes, a été mis en examen pour assassinat, puis rapidement placé en détention provisoire en 2017. Son procès s'ouvre jeudi 14 novembre, devant la cour d'assises de la Marne, à Reims. Il s'achèvera lundi 18 novembre 2019.

Trois jours d'audiences durant lesquels seront notamment entendus la famille de la victime ainsi que l'accusé. Trois jours pour cerner la personnalité de l'assassin présumé et déterminer s'il y a eu préméditation ou non. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un accusé décrit comme "psychologiquement fragile" par le procureur de la République de Reims. Il a été plusieurs fois hospitalisé en unité psychiatrique par le passé. "Mon client a du mal à gérer ses angoisses et à aborder la question de la séparation. Sa personnalité se dessinera plus clairement en audience", explique Maitre Richard Delgenes, l'avocat de l'accusé. "Mais il assume les faits, il ne minimise pas sa responsabilité. Nous sommes conscients que sa peine d'emprisonnement sera longue". L'accusé et son avocat tenteront de requalifier les faits en tant qu'homicide volontaire sans préméditation.

Dernière étape pour la famille

Pour la famille de la victime, l'enjeu de ce procès est de faire toute la lumière sur ce drame.

Les proches ressentent de la tristesse et de la colère. Ils attendent la vérité évidemment, mais également la reconnaissance de la responsabilité de l'accusé.
- Maitre Simon Miravete, avocat de la famille de la victime 


Depuis qu'Hélène a été tuée, Annick Gauthier s'est engagée contre les féminicides et les violences faites aux femmes. Sa fille, comme d'autres femmes, ont été assassinées après s'être séparées de leur conjoint. C'est l'un des principaux facteurs d'homicides conjugaux. La gérante du centre équestre avait porté plainte, peu de temps avant les faits, car son ex-compagnon s'était introduit chez elle par effraction.

Une plainte qui n'avait alors abouti sur aucune condamnation ou mise en garde. "Cela fera l'objet de débats évidemment", précise l'avocat de la famille, "Il y a une prise de conscience nécessaire à avoir sur ce sujet, sur d'éventuelles mesures de protection pour ces femmes".  À ce jour, on dénombre 131 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, sur l'année 2019.
 


Mais il ne faut pas faire d'amalgame durant ce procès, prévient la famille. "Bien sûr que nous parlerons des féminicides, mais c'est bien le procès de l'assassin d'Hélène qui se déroule cette semaine," détaille Maitre Miravete."Ce que nous attendons, c'est que toute la vérité soit dite. Mais aussi que chacun se rende compte que c'est un monstre qui nous a enlevé ma fille. Elle était une belle personne," ajoute la mère d'Hélène Kahn. 

Un procès qui s'annonce par ailleurs comme une nouvelle étape pour la famille. "C'est un long parcours, extrêmement douloureux pour eux. Voir disparaitre un être cher dans ces circonstances, c'est intolérable", raconte l'avocat. "Ils espèrent ainsi que ce sera la dernière des étapes et que cela ne perdurera pas encore pendant des années." Aux côtés d'Annick Gauthier, le père et les sœurs d'Hélène Kahn seront aussi présents.
 

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