Sexe, confinement et coronavirus : quatre questions que vous n'avez jamais osé poser

Sexualité et confinement en période de crise sanitaire, liée à l'épidémie de covid-19. Garder ses distances, ou resserrer son couple ? / © Thierry Doudoux, FTV
Sexualité et confinement en période de crise sanitaire, liée à l'épidémie de covid-19. Garder ses distances, ou resserrer son couple ? / © Thierry Doudoux, FTV

Avec la crise sanitaire que traverse la France, l’ambiance est plus à l’angoisse qu’au plaisir. Pourtant, l'épidémie peut aussi être l'occasion de redécouvrir sa sexualité. Les réponses sans tabou de la sexologue rémoise Mathilde Robert sur le lien entre sexe et confinement. 

Par Roni Gocer

Mathilde Robert est sexologue à Reims. Elle est intervenue en direct, vendredi 20 mars, dans l'émission "Ensemble, contre le virus" sur France 3. Les questions des télespectateurs sur la sexualité et le confinement forcé ont été nombreuses. Voici les 4 questions qui sont revenues le plus souvent. 
 

1 - Est-ce que le confinement est une bonne nouvelle pour les couples ?
 

Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise nouvelle. Pour tous les couples, c’est une manière d’être confronté à l’autre, d'avoir le temps d'échanger sans fuir vers des activités extérieures. Alors oui, ça peut être une bonne façon de se forcer à régler certains problèmes dans le couple. 

En même temps, cela peut être l'occasion de mettre fin à un déni. L’un et l’autre doivent être face aux difficultés, quitte à ce que cela débouche sur une rupture. Niveau sexuel, la période de confinement lié à l'épidémie de covid-19 offre le temps aux couples d’explorer leurs imaginaires. L'imaginaire peut être source par la suite d’excitation sexuelle, nécessaire au désir, avant et pendant l’acte.
 

2 - Est-ce que le fait d’avoir une activité sexuelle permet d’avoir de meilleures défenses immunitaires ? 


Oui ! Pendant l’acte, des hormones bénéfiques comme l’ocytocine ou l’endorphine se relâchent et renforcent notre système immunitaire. Par exemple, en diminuant les risques cardiovasculaires, mais aussi en diminuant le niveau de stress et en améliorant la qualité du sommeil. Le seul risque qu’on prend, c’est de se faire plaisir ! 
Nous avons interrogé la sexologue Mathilde Robert à Reims, sur le lien entre sexualité et confinement. / © Mathilde Robert - document remis
Nous avons interrogé la sexologue Mathilde Robert à Reims, sur le lien entre sexualité et confinement. / © Mathilde Robert - document remis



3 -  La période de confinement obligatoire va-t-elle permettre de diminuer les infidélités ?


Sans doute, mais ce n’est pas un but. En soi, les infidélités ne sont ni de bonnes, ni de mauvaises choses. Ce qui est intéressant, c’est que le confinement peut aider à faire un tri : certaines relations extraconjugales prendront probablement fin, mais d’autres reprendront de plus belles. Ce sera l’occasion pour chacun de revoir ses priorités, parfois au profit de l’amant ou de l’amante. 
 


4 - La période de confinement va être propice à la masturbation. Aux dépens de la sexualité ? 


Non, pas du tout. La masturbation est un temps pour soi, un temps pour explorer sa sexualité et, par la suite, mieux orienter l’autre vers son plaisir. Cela dit, il y a bien une chose qui peut être à risque pour la qualité des rapports : la pornographie. Ou plutôt une consommation excessive de films pornographique. Si on est dépendant à la pornographie, notre imaginaire ne se lie plus qu’à ça et peut devenir beaucoup plus pauvre. C’est le risque. Mais attention, il y a plein d’autres manières de se masturber. 
 

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