Trois fois plus d'habitants en 6 ans, les raisons de l'explosion démographique de cette petite ville à côté de Reims

2015, 1522 habitants. 2021, 4011 habitants. La ville de Bezannes est devenue en quelques années, "the place to be" le lieu où il faut habiter dans la Marne. Du village de 563 habitants en 1968, est sorti de terre la 16e ville de la Marne. La gare TGV qui met Bezannes à 30 minutes de Roissy-Charles-de-Gaulle, la polyclinique Courlancy et d'autres grands groupes ont contribué largement au développement de la ville. Place désormais à la structuration des services à la population.

A-t-elle tout d'une grande ? Le village de Bezannes et ses pavillons individuels, que l'on appelle désormais "le vieux Bezannes", sont devenus en quelques années une petite ville de plus de 4000 habitants.

Tout débute de la volonté d'une communauté d'agglomération, Reims Métropole, devenue Grand Reims, d'une équipe municipale et de différents grands partenaires. Au début des années 2000, la ligne à grande vitesse Grand-Est est bien engagée et une gare TGV sortira de terre dans la commune de Bezannes, à deux pas de Reims. Fort de ces événements à venir, les élus décident de lancer la mise en place d'une ZAC, zone d'aménagement concerté. L'idée : miser sur l'arrivée du TGV dans la région et parier sur l'avenir. Cette ZAC, appelée plus communément aujourd'hui, quartier des affaires de Bezannes prend de l'ampleur et attire.

"Quelques projets sont encore en cours, explique le maire de Bezannes, Dominique Potar élu en 2020. L'après Covid a marqué une pause assez nette, certaines entreprises manquant de visibilité. Cela commence à reprendre. Nous avons plusieurs contacts pour terminer la ZAC et encore quelques terrains disponibles. Une zone artisanale est aussi en train de se mettre en place. Le TGV et l'accès à l'autoroute sont aujourd'hui deux facteurs importants, sans compter depuis quelques jours le tramway toutes les 10 minutes au lieu de 20 avant. Nous n'avons pas de problème pour attirer la population à partir du moment où l'on sait comment on les loge et ce qu'on leur offre comme cadre de vie". 4000 salariés travaillent, aujourd'hui, sur la commune de Bezannes dans des grands groupes comme Courlancy, Frey ou encore Mazar. "Mais c'est aussi une multitude de petites entreprises", reprend le maire.

17 hectares constructibles bloqués en attendant la révision du PLU

4000 salariés pour autant d'habitants recensés par l'Insee en 2021. Si l'on imagine qu'une partie seulement de ces employés habite la ville, Bezannes est devenue très fréquentée !

En 1968, l'Insee recense 563 habitants, un chiffre multiplié par deux, déjà, en 1990 et qui ne cessera plus d'augmenter ensuite. La plus importante hausse se situe entre 2015 et 2021 où le nombre d'habitants triple, pour atteindre aujourd'hui plus de 4000. "Ce que cela m'inspire, précise encore Dominique Potar le maire de Bezannes, c'est que nous devons continuer à adapter nos services et nos équipements et  que ça n'est pas terminé !"

Nous avons trois classes qui s'ouvrent tous les deux ans depuis quatre ans.

Dominique Potar, maire de Bezannes

Pour autant une des premières décisions prise par le maire élu en 2020 est de bloquer 17 hectares de terrain constructible. "Il faut que nous affinions nos équipements, que nous stabilisions nos offres de services, explique Dominique Potar. Nous ne devons pas essayer de grandir démesurément mais, avant toute chose, proposer un cadre de vie agréable. Il faut que les habitants prennent possession de leur commune. Offrir une qualité de service. Que les habitants soient contents des écoles, des temps périscolaires pendant l'année, le mercredi mais aussi pendant les vacances scolaires. Nous avons augmenté les plages d'ouverture de la mairie et une deuxième école ouvrira en septembre 2024. Nous aurons alors deux écoles totalement autonomes l'une de l'autre avec tous les niveaux d'enseignement et une restauration scolaire pour chacune. À l’heure actuelle notre école possède 15 classes et nous avons installé quatre bâtiments modulaires dans la cour. Ça explose. Nous avons trois classes qui s'ouvrent tous les deux ans depuis quatre ans".

En termes de logements, les projets se terminent, avec encore 600 logements à construire sur trois ans, et l'équipe municipale en place a décidé, pour l'heure de stopper les projets immobiliers. "Par contre, nous sommes en réflexion pour la construction d'un gymnase. Les 17 hectares en face du CREPS dépendront de la révision du PLU, Plan Local d'Urbanisme, qui deviendra intercommunal. Il est prévu de remettre ces terres en cultures agricoles. Mais ce sera une réflexion que nous aurons, moi ou mon successeur, lors de la révision. Une réflexion sur l'habitat et les besoins que nous aurons à ce moment-là. Pas avant 10-15 ans".

Le principe de l'offre et de la demande

Intéressant de se souvenir du Bezannes d'avant et ses étendues de champs à perte de vue. Et du Bezannes des années 2020 à aujourd'hui. "Il n'y avait que des pavillons à l'époque, reprend le maire actuel. Depuis, il y a un vrai brassage de population. Depuis 5-6 ans, avec la construction de logements sociaux, mais aussi l'arrivée de professions libérales et notamment médicales et paramédicales. La clinique draine tous les professionnels et tout le monde trouve un intérêt à s'installer sur un lieu où les offres médicales sont là. Et puis, ce que l'on attendait au début du projet, l'arrivée de personnes venant de Paris ou allant à Paris chaque jour, nous le constatons aujourd'hui. De plus en plus de gens sont en lien régulier avec Paris. Je pense que c'est simplement dû à l'évolution de la société et à la manière de travailler. Des entreprises, aussi, installent des bureaux annexes sur la commune. Ça aussi, c'est assez nouveau".

Des habitants de toutes les générations se sont installés à Bezannes ces dernières années. La construction de deux résidences seniors, d'un collectif intergénérationnel avec étudiants et personnes âgées, a permis l'arrivée de ces classes d'âge. "Une grosse majorité vient de communes proches mais de bien plus loin également", dit encore Dominique Potar.

Quant au coût des logements il prend différente forme en fonction du logement social et des appartements en loi Pinel. "L'achat d'un appartement sur la commune... réfléchit le maire, c'est 70 m2 pour 250 000 euros. Ce sont les mêmes prix qu'à Tinqueux. Bezannes est une commune très demandée, c'est le principe de l'offre et de la demande".

L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Grand Est
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité