Coronavirus : Alain Branchereau, 79 ans, mais médecin avant tout, en milieu rural

En pleine épidémie de covid-19, il reste aux côtés de ses patients. A 79 ans, Alain Branchereau, médecin généraliste dans le Lunévillois (Meurthe-et-Moselle), explique que, malgré les inquiétudes de ses proches, "on ne quitte pas le navire lorsqu'il peut couler".

Malgré son âge et les risques, Alain Branchereau a choisi de ne pas abandonner ses patients durant l'épidémie de Covid-19.
Malgré son âge et les risques, Alain Branchereau a choisi de ne pas abandonner ses patients durant l'épidémie de Covid-19. © Alain Branchereau pour France Télévisions
A 79 ans, Alain Branchereau, médecin généraliste, à Einvaux dans le Lunévillois, est mobilisé pour ses patients en milieu rural. Il continue d’assurer ses consultations en pleine épidémie de Covid-19. Il a pris quelques mesures simples pour se protéger. Il ne consulte à son cabinet que sur rendez-vous.

Si son secrétariat lui signale un patient avec les symptômes du coronavirus, il se rend à son domicile avec un équipement de protection complet: masque, surblouse, surchaussures, surlunettes, gants. Depuis, le début de l’épidémie, il pense avoir eu un cas par jour. Il constate depuis une semaine une baisse du nombre de patients avec ces symptômes pour son cabinet.

"Un seul de mes patients a été hospitalisé"

"Je continue à assurer toutes les visites habituelles, particulièrement auprès des personnes âgées ou des personnes souffrant de pathologies lourdes, pour lesquelles il serait dangereux de venir à mon cabinet. J’essaye de savoir par mon secrétariat si le patient présente des signes évoquant une infection par le Coronavirus. Je me lave soigneusement les mains à l’eau et au savon en arrivant et en partant. J’ai des petites lingettes antiseptiques pour désinfecter la carte vitale. Dès que je suis rentré dans ma voiture ou chez moi, je désinfecte soigneusement mon brassard à tension, mon stéthoscope et tout le matériel ayant pu servir à examiner le patient avec une solution virucide que je pulvérise."

J’ai eu environ un nouveau cas par jour de coronavirus depuis trois semaines. Pour la plupart ce sont des adultes d’âge moyen qui travaillaient jusqu’à présent.
- Alain Branchereau, médecin généraliste

Et le médecin de campagne poursuit : "J'ai vu quelques enfants avec une forme spectaculaire: de la fièvre pendant 5 à 6 jours, mais sans jamais de complications. Un seul de mes patients a dû être hospitalisé. Il est passé en réanimation. Mais tout s’est bien terminé."

Le véritable problème est celui des personnes âgées isolées.
- Alain Branchereau, médecin généraliste

"Et il faut vraiment rendre hommage aux aides-soignantes et aux infirmières qui les visitent régulièrement, qui peuvent signaler au médecin traitant et aux familles lorsqu’elles observent une évolution inquiétante de leur état de santé."

Pas de retraite pour le médecin de campagne

Le docteur Alain Branchereau qui avait pris sa retraite a repris ses consultations en 2009 après une formation pour se mettre à jour. Il a installé son cabinet dans une ancienne écurie dans son village.

"J’ai pris la décision de rouvrir un cabinet à la campagne en pensant que je pouvais être utile en faisant de la médecine de proximité. Comme je me sentais en bonne forme, j’ai pris cette décision et aussi par amour de mon métier. Plusieurs fois depuis que nous habitons ici, j’avais entendu dire que des gens du village ou de villages voisins avaient eu des problèmes de santé, des choses pour lesquelles j’aurais pu intervenir très vite s’ils avaient su que j’étais là ou s’ils m’avaient identifié comme médecin", expliquait le Dr Branchereau en avril 2016, quand nous l'avions rencontré.

En pleine épidémie de covid-19, il a décidé de poursuivre son activité. Sa famille et ses amis ont tenté de l’en dissuader.
Lunéville : le docteur Branchereau, 79 ans poursuit son activé pendant l’épidémie de coronavirus
"J’aime mon métier j’aime la médecine de diagnostic, encore plus le contact humain. Dans cette période dangereuse et difficile c’est au grand dam de ma famille et de beaucoup de mes amis et de même de mes patients. Mais on ne quitte pas le navire lorsqu’il peut couler."
 
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