Législatives 2022 : refus d'étiquette Nupes pour le député sortant PS Dominique Potier, l'absence d'Europe et Mélenchon posent problème

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Écrit par Jean-Christophe Panek (avec C. Gomond)

Dominique Potier est candidat pour un troisième mandat dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle. Mais pour le socialiste, ce sera sans le Nupes qui l'a pourtant investi. Pour lui, l'absence d'Europe et Jean-Luc Mélenchon sont deux points de blocage.

"Je me présente comme candidat social-démocrate, écologiste et européen". Voilà comment le socialiste Dominique Potier, candidat à un troisième mandat dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle (1) a choisi de se présenter.

Ce vendredi 6 mai 2022, à Villey-le-Sec, le socialiste a officiellement lancé sa campagne des législatives. Elu sortant, il était "protégé" lors des tractations entre socialistes, LFI, écologistes et communistes pour la répartitions des candidatures. Officiellement investi, Dominique Potier refuse de porter cette étiquette. "Il appartiendra au parti socialiste et à ses partenaires de décider si je suis ou pas le candidat sur cette circonscription" lance Dominique Potier qui explique que "l'accord qui a été noué entre La France Insoumise et le Parti socialiste divise profondément tous les concitoyens qui se sont engagés depuis des années à nos côtés pour porter cette idée d'une autre gauche, d'une nouvelle gauche. J'ai pris acte de cette division profonde au sein également des militants. J'ai décidé de ne pas porter les couleurs de cet accord de l'union populaire et de me placer dans la perspective de la construction d'une nouvelle gauche. Je le fais en responsabilité car à cette heure, nous n'avons pas besoin de division mais de rasemblement. Et moi, je veux rassembler les hommes et les femmes qui ont un projet humaniste et européen."

Oui à l'Europe et non à Mélenchon

Une position qui tranche avec celle du poids lourd socialiste, Mathieu Klein, maire de Nancy qui lui, ne cesse de répéter que "l’accord NUPES est le choix de la raison pour peser, pour que la gauche soit forte et les socialistes présents à l'Assemblée Nationale."

Je crois que ma responsabilité comme seul élu de gauche du Grand Est, c'est de rassembler mais de rassembler autour d'une sociale démocratie passionnée d'Europe et d'humanisme

Dominique Potier

Il y a donc rupture entre les deux hommes sur le plan tactico-politique. "J'en assume toutes les conséquences" explique Dominique Potier, "je le fais en conscience après avoir entendu à quel point il y avait un clivage notamment sur la question européenne et sur le style qu'incarne le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Melenchon. Ce sont deux points de blocage. Je crois que ma responsabilité comme seul élu de gauche du Grand Est, c'est de rassembler mais de rassembler autour d'une sociale démocratie passionnée d'Europe et d'humanisme pour traverser la crise écologique et sociale que nous traversons."

"Je n'ai pas une âme de frondeur, ni de dissident" insiste Dominique Potier, "j'ai toujours été loyal dans le travail de fond que j'ai conduit. Je pense porter une espérance de rassemblement bien au delà de l'accord du Nupes. C'est cette ligne que j'espère incarner durant cette campagne et demain à l'Assemblée nationale."

La ligne Cazeneuve

Dominique Potier se positionne sur une ligne proche de l'ancien Premier ministre et ex-maire de la ville de Cherbourg, Bernard Cazeneuve qui a quitté le PS après l'accord Nupes. Bernard Cazeneuve a dénoncé sur France Bleu Cotentin ce samedi 7 mai 2022 "des attaques abjectes" de LFI, dont il dit avoir fait les frais, et "qui n'est pas la République". 

"Nous n'avons rien à faire avec cette manière d'aborder les choses, cette violence, cette insulte, toujours présente à la commissure des lèvres. Ce n'est pas la gauche humaniste", a-t-il ajouté.

"Au nom de ses convictions, il faut être capable, quand on n'est plus en phase, en harmonie, de poser des choix clairs", estime Bernard Cazeneuve, qui souhaite que "la France ait un Parti socialiste, social-démocrate comme il en existe partout en Europe, qui ne soit pas dans la logique de la confrontation de tous contre tous."

(1) La cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle regroupe les cantons de Colombey-les-Belles, Domèvre-en-Haye, Haroué, Neuves-Maisons, Thiaucourt-Regniéville (moins les communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad et Vandelainville), Toul Nord, Toul Sud, Vézelize.