Moto : la Val de Lorraine Classic lance la saison d'enduro dans le Grand Est sous une météo capricieuse

La traditionnelle course de moto enduro se tient samedi 25 et 26 mars 2023 autour de Faulx, un petit village à quelques kilomètres au nord de Nancy. Pour cette édition, elle réunit près de 700 motards et autant de bénévoles dans une ambiance bucolique ou presque, entre vallons et forêts.

Avec son bonnet vissé sur la tête et son ample coupe-vent aux couleurs chamarrées, Michel Jung ressemble vaguement à un mage africain. Celui qui peut faire tomber la pluie par exemple. Et il ne s’en est pas privé. Le speaker officiel de la course, 70 ans et des millions de kilomètres à deux-roues au compteur, ne se laisse pas démonter par les éléments. Le vent décolle des cimes et vient rafaler dans la prairie à près de 80 km/heure. Les giboulées succèdent aux rayons.

On respecte le code de la route, les normes environnementales, on fait un contrôle technique, les motos sont homologuées, tous les pilotes ont le permis.

Pierre Hoquet

Organisateur du Val de Lorraine Classic

Au départ de la septième spéciale du jour, à la Croix de Bratte, l’homme au micro alterne les clins d’œil au ciel menaçant et les conseils de sécurité aux spectateurs, plusieurs centaines de curieux de la moto qui se massent aux bords du tracé : "restez de l’autre côté du ruban bleu, vous verrez la course à 180 degrés, surtout ne vous approchez pas des pilotes, ils passent très vite".

Devant lui, une immense prairie vallonnée d’un vert gras, parsemée d’arbres rabougris. Les organisateurs y ont tracé une courte spéciale, dans le pré d’un particulier. "Cette spéciale, elle est super technique, il vient de pleuvoir, on va se régaler", vante Michel Jung, ancien président du moto-club d’Auboué dans le Pays-Haut. Depuis les débuts de l’épreuve en 2000, il n’en a raté aucune. Son classeur sous le bras contient tous les résultats.

L’artisan retraité est fier de citer les grands noms de la moto française qui ont gagné l’Enduro de Faulx. "En général, ils viennent une fois, ils gagnent et ils ne reviennent plus jamais !", rigole Michel. C’est le cas de Stéphane Petehansel (six fois vainqueur du Dakar à moto) qui gagne en 2002, ou de Mickaël Pichon (champion du monde moto-cross 250 cm3 en 2001 et 2002) en 2009".

Discipline exigeante pour les pilotes

La discipline est réservée aux teigneux. Peu médiatisée, exigeante pour les pilotes qui doivent être capables de rouler vite et d’être agiles sur tous types de terrain, elle fait le bonheur du foyer rural de Faulx qui l’organise chaque année ou presque. "Forcément, on a raté les deux années de Covid", soupire Michel qui se souvient aussi de la première édition en 2000. "Au lendemain de la tempête de 1999, les organisateurs avaient dû bosser comme des fous pendant deux mois pour nettoyer les pistes des arbres tombés".

Cette année, une centaine de bénévoles a commencé à tracer les spéciales et à les préparer depuis janvier. L’épreuve, qui réunit 685 pilotes, compte 13 spéciales différentes, avec 320 kilomètres de liaison. On y accourt de tous les pays de pluie, la Belgique (une centaine de participants), l’Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et évidemment la France où la compétition lorraine démarre traditionnellement la saison des courses classiques.

Le local de l’étape, Mathieu Doveze, s’engage pour un one-shot. Le pilote toulois, 21è du dernier Dakar, avoue au départ de la spéciale de Bratte qu’il a commencé à s’entrainer pour l’enduro de Faulx il y a seulement deux semaines. Sur sa moto de 350 cm3, bien plus légère que sa machine du désert, le Lorrain passe un peu à côté de la septième spéciale du jour : "je n’étais pas dans les traces des meilleurs, je n'ai pas très bien roulé". Il accuse huit secondes de retard sur le premier à l’issue de Bratte, rien d’insurmontable pour le bagarreur. Au général, il s’accroche à la cinquième place samedi. A l'arrivée dimanche, le Toulois termine à la huitième place, à plus de deux minutes de Jérémy Tarroux, vainqueur pour la quatrième fois de l'épreuve.

Les autorités veillent sur l'épreuve

Sur la route au-dessus du champ, les gendarmes veillent. Ce qui fait râler un pilote au micro. "On n’est pas des voyous, on veut juste vivre notre passion à fond". Comme beaucoup de sports mécaniques actuels, l’enduro cristallise les critiques des défenseurs de l’environnement. Pourtant l’épreuve de Faulx se déroule sur des terrains privés. Restent les liaisons qui empruntent des pistes et des chemins forestiers. L’arrêté préfectoral qui autorise le tracé n’est arrivé que jeudi, à moins de 48 heures du départ. "Il y a quelques grincheux qui veulent nous mettre des bâtons dans les roues, soupire le speaker, mais on fait tout pour être respectueux."

Pierre Hocquet, l’organisateur de la manifestation et président du foyer rural de Faulx, tempère. "La préfecture joue le jeu. Ça se passe bien, l’épreuve se passe bien. C’est compliqué d’organiser ce type de manifestation… mais personne n’a relevé de problème majeur. Aucune remarque des gendarmes sur le déroulement de la manifestation. On respecte le code de la route, les normes environnementales, on fait un contrôle technique, les motos sont homologuées, tous les pilotes ont le permis. Ça peut perdurer dans le temps, on peut cohabiter. Si notre épreuve n'existait pas, il y aurait beaucoup plus d'enduro sauvage, croyez-moi."

Ce samedi soir, les motos sont au parc fermé, pas de gros bobos pour les pilotes à signaler. Premiers coups de kick dimanche 26 mars 2023 à huit heures pour six spéciales. Proclamation des résultats à 18h.

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