VIDEOS. Décès de Timéo à l'hôpital de Nancy, un an avec sursis requis à l'encontre des trois soignantes. Selon la défense, on sacrifie des "lampistes pour protéger une institution et ses pontes".

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Écrit par Eric Molodtzoff .

Un an d'emprisonnement avec sursis a été requis mercredi 23 novembre 2022, par le tribunal correctionnel de Nancy contre les trois soignantes de l'hôpital du CHRU. Elles sont jugées pour homicide involontaire après la mort de Timéo, quatre ans, survenue à la suite d'une probable surdose médicamenteuse.

Un an d'emprisonnement avec sursis a été requis mercredi 23 novembre 2022 par le Ministère public  au tribunal correctionnel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) contre les trois soignantes de l'hôpital du CHRU, jugées pour homicide involontaire après la mort de Timéo, survenue à la suite de l'administration d'une surdose de colchicine.

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Mort de Timéo au CHRU de Nancy: un an avec sursis requis contre les soignantes. Les parents réagissent. ©France Télévisions

Le Procureur a demandé la même peine pour les trois mises en cause, estimant leur égale responsabilité dans l'enchainement d'erreurs qui ont abouti au décès en 2015 du garçonnet âgé de quatre ans. Il avait été admis à l'hôpital d'enfants de Brabois après une chute à moto.  

"Ce qui est frappant dans ce dossier, c'est que personne n'assume, ni ne regrette ce qui s'est passé et tout le monde se renvoie la balle"

Amaury Lacote, Procureur

Le procureur a d'abord pointé la responsabilité de la cardiologue qui avait prescrit la colchicine, un anti-inflammatoire pour soulager l'enfant. "Elle a fait preuve d'imprudence en se contentant d'un avis oral, en n'attirant pas l'attention sur la dangerosité du médicament prescrit", a estimé le procureur.

Amaury Lacote a ensuite reproché à la cheffe de clinique un défaut d'encadrement de l'interne chargé de l'enfant : "elle n'a pas vérifié la prescription".

Enfin, il a reproché sa "négligence" à l'infirmière qui en bout de chaîne a écrasé les huit comprimés et les a administrés au petit garçon, sans questionner son geste.

Une amende de 50.000 euros a été requise contre le CHRU qui comparaissait comme personne morale, pour la désorganisation de son service de médecine infantile.

Un an c'est quoi ? Nous, nous sommes emprisonnés à vie. Notre petit garçon nous ne l'avons plus

Elodie Gaire, maman de Timéo

Les parents de Timéo ont accueilli ces réquisitions avec regret, estimant les peines d'un an d'emprisonnement avec sursis demandées par le ministère public peu lourdes en regard du décès de leur enfant. "Un an c'est quoi ? Nous, nous sommes emprisonnés à vie. Notre petit garçon nous ne l'avons plus" a déclaré Elodie Gaire, la maman de Timéo.

Sacrifier trois lampistes pour protéger une institution et ses pontes. C’est un véritable scandale

Maître Frédéric Berna, avocat de la cardiologue

Avec sa plaidoirie, Maître Frédéric Berna, avocat de la cardiologue, n'y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, "celles qui sont le banc des prévenus ne sont pas les responsables de la mort de cet enfant". Les chefs de service, les pontes, les grands professeurs, les médecins qui n’étaient pas là et ont laissé des internes, des gens sans expérience se débrouiller avec un cas difficile sont les responsables : "C'est une offense tant aux prévenues qu’aux victimes, que d’avoir tenté de sacrifier trois lampistes pour protéger une institution et ses pontes. C’est un véritable scandale ! "

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Maître Emmanuel Riglère, avocat de l'infirmière ©Eric Molodtzoff/ France3 Lorraine

Maître Emmanuel Riglaire, défenseur de l'infirmière enfonce le clou : "nous considérons injuste qu’elle soit devant ce tribunal et qu’elle y soit seule parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne sont pas là et qui ont fait au moins autant qu’elle, voire plus et qui avaient des pouvoirs médicaux."

Elle est un élément de la chaine mais elle n’est pas un élément décisionnaire

L'avocat argumente en rappelant que la loi dit que, quand c’est un médicament habituel, type aspirine, il est logique qu’une infirmière ait une analyse du dosage. Par contre, quand on lui donne un médicament inhabituel à faire avaler à un enfant et qui résulte d’une décision pluridisciplinaire prise par un collège de docteurs en médecine, pédiatres et cardiologue, "ce n’est pas à elle, petite infirmière de commencer à discuter l’ordre de la hiérarchie."

Avant de demander la relaxe de sa cliente. En raison de la technicité du dossier, le jugement a été mis en délibéré au 16 décembre 2022.

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