Nancy : Gabrielle De Micheli, cryptographe, la science des codes secrets, parmi les lauréates du Prix L’Oréal-Unesco  

Gabrielle De Micheli est l’une des 35 lauréates du Prix Jeunes Talents France L’Oréal-Unesco qui récompense des femmes de science. Son truc à elle, c’est la cryptographie, la science des codes secrets. Elle a décroché son doctorat en mai dernier à Nancy. Elle a été admise en Post-Doc à San Diego.

Les lignes de code sans fin ne lui font pas peur, bien au contraire et les codes secrets encore moins. Gabrielle De Micheli est docteure en informatique, spécialité cryptographie. Elle est l’une des 35 lauréates du "Prix Jeunes Talents France L’Oréal-Unesco",  décerné à Paris. 

Passionnée par les mathématiques

Derrière les protocoles de chiffrement, il y a des problèmes mathématiques.

Gabrielle De Micheli, Docteure en informatique

"Derrière les protocoles de chiffrement, il y a des problèmes mathématiques." Elle adore les résoudre. Son truc à elle, c’est la cryptographie, la science des codes secrets. Gabrielle De Micheli passe une grande partie de ses journées à tenter de trouver les failles dans les protocoles de chiffrement. Elle nous raconte : " Je me concentre surtout sur les mathématiques, qui se trouvent derrière ces protocoles. J’essaye de vérifier que ces protocoles sont vraiment sûrs".

Ce qui me passionne, ce sont les mathématiques fondamentales.

Gabrielle De Micheli, Docteure en informatique

Enfant, elle rêvait déjà de science, mais plutôt de physique théorique. Au moment de s’orienter, elle choisit les mathématiques. "Ce qui me passionne, ce sont les mathématiques fondamentales. La cryptographie permet d’appliquer les mathématiques à des problèmes concrets. La cryptographie est partout. Elle est très présente dans notre monde aujourd’hui, qui est extrêmement numérique. 80 % du trafic internet environ est chiffré. Dans nos vies personnelles, les transactions bancaires, les cartes bleues, l’échange d’informations, la sécurité nationale... La plupart de nos données sont chiffrées donc protégées en théorie. Quand on clique sur un lien internet, par exemple, on va voir inscrit : "https" devant l’adresse du site. Cela signifie qu’il y a des protocoles de sécurité, cachés derrière. Et ces protocoles sont exactement ceux, dont j’étudie la sécurité".

Un site sécurisé doit avoir une clé de chiffrement d'au moins 2048 bits

Gabrielle De Micheli, Docteure en informatique


2048 Bits cela représente un nombre avec environ 600 chiffres. "Il va s’écrire sur plusieurs lignes. C’est la clé de chiffrement qui va garantir une certaine sécurité. Si la clé est inférieure à 2048 bits, alors il vaut mieux ne pas donner son numéro de carte bleue sur ce site". Et cela, chacun d’entre nous peut le vérifier simplement en cliquant sur le petit cadenas à gauche de l’adresse. 2048 bits est la recommandation de l'ANSSI  (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) jusqu’en 2030. Ensuite la recommandation passera à  3072 bits.


Thèse soutenue en mai 2021, à Nancy 


Depuis le 1er septembre, Gabrielle De Micheli est Post-doctorante à San Diego, en Californie pour deux ans. Elle est née à  Palo Alto, au nord de San Diego. Elle y a grandi avant de poursuivre ses études en Suisse. Elle intègre ensuite l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne où son père enseigne. Elle obtient un Master en mathématiques théoriques. En mai dernier, elle soutient sa thèse à Nancy au Loria / Inria (Laboratoire Lorrain de Recherche en Informatique et ses Applications / Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) Université de Lorraine.  Le titre de sa thèse : "Cryptanalyses de ‪logarithmes‬ ‪discrets‬ : crible algébrique et réseaux pour attaques par canaux auxiliaires" que vous pouvez consulter ici.

Lauréate du Prix Jeunes Talents France L'Oréal-Unesco

Pour Gabrielle De Micheli, le prix jeunes talents L'Oréal-Unesco permet de mettre les femmes de science dans la lumière. Mais pas seulement : "Ce prix, pour moi, est une très belle opportunité de valoriser le travail de recherche, le mien ainsi que celui des autres lauréates. Il nous donne de la visibilité et nous assure un petit coup de pouce financier aussi."
Son futur, Gabrielle De Micheli l'espère dans la recherche en cryptographie. Elle se voit professeure dans une université. "Peu importe le lieu, en France, aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, si je peux continuer à travailler avec des étudiants et poursuivre mes recherches". Quand elle n’est pas derrière un écran d’ordinateur, Gabrielle est derrière un piano, une autre de ses passions ou quelque part face à une montagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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