Metz : envisager la culture autrement en 2021, le projet de 36 compagnies et festivals messins

C’est inédit à Metz, en cette fin d'année, 36 compagnies de théâtre et de danse ont fondé un collectif et invitent les élus locaux à repenser l’aide culturelle face à la crise du Covid-19.

Le 14 décembre 2020, Le collectif du spectacle vivant à Metz a écrit le premier acte de sa jeune histoire. Lors d’une conférence de presse, il a expliqué sa volonté de réunir artistes et élus locaux pour permettre la survie du spectacle vivant mis à mal par la crise sanitaire.

Etat des lieux

Martine Waniowski a créé la compagnie Les bestioles en 1999 à Metz. Elle en connait parfaitement le monde culturel : "La musique a plus de visibilité que le théâtre ou la danse sur les scènes messines, c’est historique. Nous proposons 900 représentations et 90.000 spectateurs par an, pourtant notre place n’est pas évidente à Metz", constate Martine Waniowski. En 2019, 4,5% du budget culturel de la Ville de Metz étaient alloués aux compagnies de théâtre et de danse.
 

Si nous ne faisons rien un tiers des compagnies les plus fragiles vont disparaître en 2021.

Martine Waniowski, compagnie Les bestioles

En partant de ce constat, début 2020 les compagnies ont uni leurs forces pour réfléchir à une proposition collective : "Nous avons écrit un document dans lequel figure un état des lieux, nos besoins et nos propositions pour engager un dialogue avec les élus locaux, un projet devenu vital avec la crise sanitaire. Si nous ne faisons rien un tiers des compagnies les plus fragiles vont disparaître en 2021", explique Martine Waniowski.

Propositions pour la survie

"Pendant le premier confinement le choc a été tel que nous nous sommes rapprochés pour aider les uns avec leurs problèmes administratifs, les autres dans leurs relations avec les institutions. Nous avons pu soutenir six compagnies qui risquaient de disparaître", raconte Amandine Truffy, comédienne et directrice artistique de la compagnie Pardès Rimonim installée à Metz depuis 20 ans.

Nous ne pouvons plus travailler avec des financements publics reconduits d’année en année, les compagnies ont besoin de visibilité à moyen terme.

Amandine Truffy, Compagnie Pardès Rimonim

"Aujourd’hui nous avons besoin d’un lieu dans lequel partager nos interrogations, mettre en commun nos expériences, former les jeunes compagnies. Nous ne pouvons plus travailler avec des financements publics reconduits d’année en année, les compagnies ont besoin de visibilité à moyen terme", ajoute la comédienne.
A Metz fin 2020, seules quatre structures sur les 36 partenaires du collectif ont une visibilité à trois ans en termes de financement et donc de création.

Elus sollicités

Patrick Thil, adjoint à la culture de la Ville de Metz a été le premier destinataire du rapport écrit par le collectif : "Patrick Thil est attentif à nos souhaits depuis son arrivée à la mairie. Nous avons convenu de nous rencontrer tous les deux mois pour travailler sur la construction du projet. C’est un chantier qui doit aussi associer les lieux de spectacle, les financeurs et le public", ajoute Amandine Truffy.
Metz Métropole et le Conseil départemental de la Moselle seront les prochaines institutions sollicitées par Le collectif du spectacle vivant à Metz.

Référé et manifestation

Au niveau national, les professionnels du secteur vont engager un recours en référé-liberté devant le Conseil d'État pour obtenir une réouverture plus précoce des salles. En théorie les lieux culturels sont fermés jusqu’au 7 janvier 2021.
Par ailleurs, le monde de la culture et du spectacle a prévu de se mobiliser mardi 15 décembre 2020 lors d'une vingtaine de manifestations, notamment à Nancy.

 

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