Mondial Air Ballons : le périple de Luis pour voir les montgolfières

Luis brandit sa pancarte d'auto-stop / © Patrick Germain/FTV
Luis brandit sa pancarte d'auto-stop / © Patrick Germain/FTV

Il a l'air à la fois un peu perdu et à la fois fier de lui. Luis Muñiz est Mexicain et féru de montgolfières. Installé en Allemagne depuis le mois d'avril, il n'allait pas rater le Mondial Air Ballons à Chambley, même si ses finances ne lui permettent pas. 

Par Sophie Gueffier

C'est un petit exploit pour lui! Luis Muñiz est Mexicain.
Ingénieur en aéronautique, il est bénévole dans l'organisation de l'équivalent mexicain du Grand Est Mondial Air Ballons : Le Festival Internacional del Globo, Léon Mexico. Présent en Allemagne, à Hambourg depuis le mois d'avril, il s'était promis de venir à Chambley malgré ses tout petits moyens. 
Pari réussi!

Quand un passionné rencontre un passionné, qu'est ce qu'ils se racontent?

C'est en 2014 que Philippe Buron-Pilâtre s'est rendu à Léon au Mexique, pour rencontrer les organisateurs du Festival Internacional del Globo, un des autres grands rassemblement de montgolfières avec celui d'Albuquerque au Nouveau-Mexique. Il y rencontre alors Luis Muñiz, un des bénévoles en charge du ravitaillement en gaz des ballons.
À Léon, les organisateurs se flattent de rassembler 150 à 200 montgolfières. Alors, quand l'organisateur en chef de Chambley explique aux Mexicains qu'en Lorraine ce sont mille ballons qui se relaient sur les 10 jours, Luis n'arrive pas à imaginer un événement encore plus grand que celui qu'il connaît. Il se jure alors qu'il verrait ça de ses propres yeux. 
S'il est venu par ses propres moyens, gageons que Luis a pu voler avec le ballon de son festival. / © Sophie Gueffier/FTV
S'il est venu par ses propres moyens, gageons que Luis a pu voler avec le ballon de son festival. / © Sophie Gueffier/FTV

Une occasion à ne pas rater

Dans le milieu aéronautique, il est utile de savoir parler anglais, mais aussi allemand. Luis est donc arrivé en avril à Hambourg pour apprendre l'allemand. Avec quelques amis, ils projettent de venir au Grand Est Mondial Air Ballons. 
Louis n'a pas l'habitude de voyager seul et la présence de ses amis le rassure : il ne parle pas un mot de français, mais en groupe on est plus fort!
Manque de chance, un à un , tous ses amis se désistent. Un empêchement par-ci, un aléa par-là. Il ne reste plus que Luis toujours décidé à partir. 
Il n'est pas dit que, lui en Europe, il laissera filer une si belle occasion. Allez hop! Il prend son ticket de bus à bas coût pour Metz. De là, il trouvera bien un moyen de regagner Chambley. Et des gens qui parlent anglais pour échanger vec lui.

Choc de cultures

Il est un léger détail qu'il a oublié de prendre en compte. La France, ce n'est pas le Mexique ! Chez lui, les automobilistes s'improvisent aisément chauffeurs de taxi. Il suffit de héler les voitures dans la rues et pour quelques pesos, on vous dépose où vous voulez. En France, pour Luis, le prix d'un taxi est redhibitoire.
Comble de malchance, le bus l'a déposé à Metz à 2h00 du matin. Pas un chat dans les rues. Même pas un hôtel ouvert. En attendant de trouver un hôtel ouvert et d'obtenir des renseignements à l'office du tourisme, Luis déambule dans les rues piétonnes de Metz. 

C'est vide, il n'y pas d'animation, de vie nocturne
- Luis Muñiz, inégenieur en aéronautique mexicain

On l'invite à revenir en journée pour changer de point de vue!

À 6h00, enfin il déniche un hôtel et rencontre des gens pour le renseigner.
Mais les solutions pour rejoindre Chambley lui paraissent toutes hors de portée, trops chères pour lui. Il contacte même le site internet de Mondial Air Ballons, qui lui suggère le co-voiturage. Mais sans parler français, tout est compliqué. Finalement, à la guerre, comme à la guerre, c'est sur internet qu'il trouvera son bonheur. Un billet de train TER de Metz jusqu'à Onville et ensuite la débrouille. 
Avant de monter dans le train, Luis investit dans deux marqueurs rouge et bleu. Il ramasse sur un trottoir, un bout de carton déposé par un commerçant et dans le train, dessine sur sa pancarte Chambley avec des montgolfières
Il sait, par ses amis, que l'auto-stop permet encore de voyager en Europe à peu de frais. Au Mexique, en revanche, l'auto-stop est déconseillé. Ses compagnons ont réussi à joindre Milan depuis Hambourg par ce moyen, alors il arrivera bien à rejoindre Chambley depuis la gare d'Onville! 13 kilomètres en tout. 

Quatre voitures sont passées. La cinquième fut la bonne. Une charmante dame s'est arrêtée et l'a déposé sur le site de l'aérodrome de Chambley où se tient le rassemblement de montgolfières. 

Comme on aime bien les histoires qui se finissent bien, rassurez-vous, Luis a vite retrouvé Philippe Buron-Pilâtre sur l'aérodrome. Fêté comme un ami, il pourra profiter du spectacle à couper le souffle et de la voiture d'un bénévole pour regagner Metz. 


 

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