Plus d'une centaine d'agents des Finances publiques relocalisés à Châlons-en-Champagne, Charleville, Chaumont et Troyes

Le ministère de l'Economie veut relocaliser plus de 2.500 agents de l'Île-de-France vers des villes moyennes sur l'ensemble du territoire français. Parmi eux, plus d'une centaine s'en iront à Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Chaumont et Troyes à partir de 2021.

Selon Benoist Apparu, le maire de Châlons-en-Champagne, la ville est la mieux dotée en agents relocalisés
Selon Benoist Apparu, le maire de Châlons-en-Champagne, la ville est la mieux dotée en agents relocalisés © Xavier Claeys/France Télévisions
Satisfaction. Ce mercredi 30 septembre, le maire de Charleville-Mézières est heureux d'annoncer que 45 agents qui travaillent à la direction générale des finances publiques (DGFIP pour les initiés), seront relocalisés dans sa ville. "Ces relocalisations, le fait que l'Etat se déconcentre vers la province, qui n'est pas un gros mot, je m'en réjouis. Ce mouvement-là, il faut le poursuivre", réagit Boris Ravignon, contacté par téléphone. Et d'ajouter : "A moins de deux heures de TGV on offre un compromis très actif." Ce sont essentiellement des fonctionnaires de catégorie B qui prendront leur service dans "une centrale d'appels pour répondre aux questions du grand public", précise l'élu carolo.
 

Cinquante villes sélectionnées

Lors d'une réunion organisée au ministère de l'Economie à Paris, Bruno Le Maire a convoqué les cinquante édiles retenus (plus de 400 villes se sont portées candidates) qui accueilleront 2.500 agents dans leur ville entre 2021 et 2024. Au sein de la région Champagne-Ardenne, plus d'une centaines d'agents seront ainsi relocalisés sur la base du volontariat. Une vingtaine d'emplois seront créés à Chaumont via l'implantation d'une antenne du service des impôts des entreprises révèle l'AFP. "Les villes moyennes ont été les grandes oubliées pendant des décennies de l'aménagement du territoire", a résumé Christine Guillermy, maire de Chaumont auprès de l'agence.

La ville la mieux dotée sera celle de Châlons-en-Champagne, avec trois services relocalisés, soit un total de 100 agents, indique le maire Benoist Apparu sur la page Facebook de la ville : "C'est une très bonne nouvelle car Châlons, Bruno le Maire l'a dit, c'est la ville la mieux servie en nombre d'agents que nous allons accueillir. On est très heureux de les accueillir dès le début de l'année 2021." Concernant Charleville-Mézières, les 45 agents devraient arriver début 2023 rue du Petit-Bois, dans les locaux qui appartiennent déjà à la DGFIP (les fonctionnaires actuels doivent rejoindre la cité administrative). "Je vais revenir vers le ministre, car je voudrais comprendre pourquoi nous sommes sur un calendrier un peu lointain. Peut-être parce que le site actuel est occupé, s'interroge Boris Ravignon. On va rentrer plus dans le détail pour gagner le plus possible de délais."

 
Cette relocalisation est un moyen, selon Bercy, de redynamiser les centres-villes de certaines communes et de répondre à une "défiance montante envers l'Etat". Cette "relocalisation, c'est un objectif politique majeur", a assuré Bruno Le Maire, faisant le parallèle avec la volonté du gouvernement de relocaliser des activités industrielles en France, relève l'AFP. "Cette relocalisation doit aussi se décliner sur le plan administratif. Il faut irriguer les territoires", et parfois "réparer des départs opérés il y a quelques années", a-t-il ajouté.

Depuis des années, les effectifs de l'administration fiscale ont été considérablement réduits. En Lorraine par exemple, des agents des impôts faisaient grève en 2016 pour dénoncer ces suppressions d'emplois. "Ces projets donnent l'impression qu'on remet de l'emploi en région ou que l'on va redynamiser des centres-villes, alors que de nombreuses trésoreries ont été fermées ces dernières années. Au final, le solde sera bien négatif", reprochait un représentant syndical dans les colonnes des Echos.
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