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Pollution de l'air à Strasbourg: "le grand public doit être mieux informé"

Ils sont pneumologues, radiologues, généralistes ou encore radiologues: soixante médecins strasbourgeois publient une tribune dans laquelle ils dénoncent le manque de courage des élus locaux et nationaux en matière de pollution de l'air. Pour eux, l'urgence est écologique mais aussi sanitaire.
Un technicien de l'ASPA effectue des relevés devant le Parlement Européen (2003)
Un technicien de l'ASPA effectue des relevés devant le Parlement Européen (2003) © AFPForum/Olivier Morin
Le radiologue Thomas Bourdrel est membre du collectif «Strasbourg respire». Déjà en avril 2015, il lançait une pétition appelant les pouvoirs publics à agir «efficacement» contre la pollution atmosphérique, signée par plus de 120 médecins de la capitale alsacienne. Aujourd'hui, rebelote...il enfonce une nouvelle fois le clou avec 60 médecins.

"Ce ne sont plus les hirondelles qui annoncent le printemps, mais les goudronneuses qui annoncent la pollution": c'est par ces mots que débute cette tribune publiée ce mardi par une soixantaine de médecins strasbourgeois. Ils sont généralistes, radiologues, cardiologues, pneumologues, psychiatre. Surprise: on compte même parmi eux le docteur Alexandre Feltz, l'adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé. Leur objectif est simple : alerter sur la nécessité d'améliorer la qualité de l'air à Strasbourg et dénoncer ce qu'ils appellent les "fausses bonnes solutions" en la matière mises en avant par les élus locaux et nationaux.


Le constat

Les signataires de cet appel rappellent que la France, à l'image de cinq autres grands pays européens, vient d’être condamnée pour son immobilisme en matière de lutte contre la pollution de l’air. Cette pollution tue près de 50.000 personnes par an en France (pour les trois quarts des infarctus et accidents vasculaires cérébraux, un quart des pathologies respiratoires dont des cancers, sans compter toutes les pathologies neurologiques largement sous estimées ainsi que les impacts sur le foetus).



Des décisions prises à contresens

Selon le radiologue Thomas Bourdrel, à l'origine de cette initiative et du collectif Strasbourg respire, "les décisions politiques vont souvent dans le sens contraire d'une amélioration de la qualité de l'air". Et de citer quelques exemples:


Et pourtant des solutions existeraient

Même si elles ne sont pas vraiment développées dans cette tribune, des solutions alternatives existent pour améliorer la qualité de l'air à Strasbourg. Le docteur Thomas Bourdrel rappelle l'importance de limiter les déchets, individuels comme industriels. A chacun sa part. Moins de déchets, moins d'éléments à incinérer et donc moins de rejets de polluants dans l'atmosphère.

Autre piste: la végétalisation des espaces. Le bénéfice des espaces verts en ville est réel, tant au niveau du climat, de la réduction de la pollution et des maladies cardiovasculaires qui peuvent en découler: "Une exposition à la pollution de l’air en cours de grossesse accroit le risque de prématurité et de petit poids de naissance. Il majore fortement le risque de développer de l’asthme et autres allergies avant l’âge de 6 ans. A l’inverse, lorsqu’une grossesse se déroule à proximité d’espaces verts, le risque de maladies allergiques durant les premières années de vie s’en trouve nettement diminué".

L'initiative de ces praticiens est soutenue également par l’ASEF, RES et Zéro Déchet Strasbourg.

Les médecins qui souhaiteraient emboîter le pas à leurs confrères et rajouter leur nom sur cette liste peuvent le faire en écrivant à : strasbourgrespire@gmail.com

 

 

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