Primes COVID-19 : jusqu'à 1.500 euros versés par les départements lorrains aux aides à domicile

Les aides à domiciles et auxiliaires de vie lorrains se sentent enfin reconnus. Les quatre Conseils Départementaux ont décidé de leur octroyer une prime exceptionnelle, à l’instar du personnel soignant en juin, pour avoir évité de nouvelles hospitalisations en pleine crise du coronavirus.

Cette aide à domicile porte masque, sur-blouse et charlotte pour intervenir au domicile d'une personne âgée.
Cette aide à domicile porte masque, sur-blouse et charlotte pour intervenir au domicile d'une personne âgée. © Alexis Sciard IP3 PRESS/ MAXPPP
Les quatre départements lorrains ont voté l’octroi de primes exceptionnelles pour les aides à domicile et auxiliaires de vie qui ont été en première ligne pendant la crise sanitaire du coronavirus. Des primes qui vont jusqu’à 1.500 euros, versées au prorata des heures travaillées et de la période qui s’étend de mi- mars à mi-mai 2020.

Aurélie Zemour est ravie ! Cette aide à domicile s’est battue pour obtenir la reconnaissance de son travail pendant la pandémie. Le 13 juillet 2020, elle a touché une prime exceptionnelle de 1.200 euros, une somme qui tombe à pic pour des vacances bien méritées. Pendant toute la pandémie, elle a continué d’assurer le lever, la toilette et le ménage chez des personnes âgées ou handicapées, malgré le manque de masques, et de protection.

C’est la première étape de la reconnaissance de notre profession, la prochaine c’est la revalorisation de nos salaires.

- Aurélie Zemour, aide à domicile en Meurthe et Moselle.

Cette prime exceptionnelle est très attendue par les personnels des SAAD (Services d’Aide et d’Accompagnement à domicile). Mais il aura fallu se battre pour l’obtenir. Alors que les personnels soignants travaillant dans les hôpitaux et les Ehpad reçoivent dès la mi-juin 2020, l’assurance de toucher une prime de l’Etat de 1.000 à 1.500 euros, les aides à domiciles, eux, ne sont pas concernés. Ils sont pourtant au chevet des personnes âgées et handicapées, dont certains malades du Covid ou de retour de réanimation.
 
Lever, toilette, ménage et cuisine, les aides à domiciles sont indispensables aux personnes âgées
Lever, toilette, ménage et cuisine, les aides à domiciles sont indispensables aux personnes âgées © Aurélie Zemour pour France Télévisions.

La Meurthe-et-Moselle, premier département à voter la prime

Le 16 juin 2020, toute la profession dénonce alors à haute voix l’injustice dont sont victimes les 300.000 professionnels du secteur. Un coup de gueule qui a fini par payer…mais ce n’est pas l’Etat qui va verser cette prime exceptionnelle, ce sont les départements, en charge de l’autonomie.

La Meurthe-et-Moselle est le premier département à accepter de mettre la main à la poche. Un budget exceptionnel de 2,5 millions d’euros a été débloqué tout spécialement dès la fin du mois de juin 2020, sur fonds propres. Ainsi toutes les aides à domicile ayant travaillé à temps plein de mi-mars à mi-avril, devraient toucher 1.500 euros de prime COVID-19. Elle est calculée au prorata des heures travaillées. La Meurthe-et-Moselle avait déjà été l’un des premiers départements à voler au secours des aides à domicile au début de la pandémie en leur fournissant des protections et des masques.

C’était tout à fait inconcevable de ne pas récompenser ces salariés qui ont accompagné les personnes les plus fragiles pendant la crise.

- Marie-Annick Helfer, en charge de l’autonomie au Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle

Les aides à domiciles sont en effet le pilier de la politique d’autonomie des départements. Ils permettent à des milliers de personnes âgées ou handicapées de rester chez elles. C’est le souhait de 87 % des Français !

C’est ce qui a motivé les autres départements à faire de même. La Meuse, qui compte 2400 bénéficiaires de l’APA ( Aide Personnalisée d’Autonomie)  a voté un budget de 400.000 euros, les primes seront versées en août 2020. De son côté le département des Vosges a débloqué 800.000 euros pour les aides à domicile.  La prime sera versée en septembre. Le Conseil Départemental de Moselle a également voté en faveur d'une prime aux aides à domicile et autres professions d'aide aux personnes : les premiers versements commenceront en Août. Dans tous ces départements, la prime pourra aller jusqu’à 1.500 euros pour un travail à temps plein pendant la période la plus critique de la pandémie.

Petit bémol, les patrons devront verser la prime avant fin août pour pouvoir la défiscaliser, alors que la plupart n'aura pas encore touché l'aide du département. "Une avance sur trésorie pas facile à gérer, même si nous sommes ravis de l'effort financier, nous confie Véronique Scida, gérante de Louvéa à Nancy.
© France 3

Une prime très inégale

Si la Lorraine est plutôt reconnaissante envers les aides à domiciles et auxiliaires de vie, ce n’est pas le cas pour l’ensemble du territoire. Selon les premières sources, seule une trentaine de départements acceptent de débloquer des fonds.  Certains comme les Hauts-de-Seine ou la Saône et Loire refusent de payer, arguant que c’est le rôle de l’Etat. Certains personnels n’y auront donc pas droit.

Le fait que l’Etat ait passé le relais aux départements pour la prime exceptionnelle COVID-19 est globalement très mal perçu, par les départements, mais aussi par les fédérations d’associations d’aides à domiciles comme la Fédésap.

Nous aurions souhaité  une prime d’Etat transparente et égale pour tous, or là, c’est très inégalitaire selon les territoires : 30, 200, 500 ou 1.500 euros..ou rien !  

- Elodie Breton, déléguée départementale Fédésap.

Les associations sont d’autant plus amères qu’elles ont du mal à recruter, car le métier est difficile et très mal payé. La majorité des aides à domiciles touchent à peine plus que le SMIC, soit 1.000 à 1.200 euros par mois.
De plus, elles se préparent à affronter un deuxième vague de coronavirus. Le gouvernement leur a récemment demandé de prévoir dix semaines de stock de masques en réserve.

Cela va être difficile d’expliquer à des personnels non reconnus qu’il va falloir y retourner.

- Elodie Breton, déléguée départementale Fédésap

Le secteur a déjà beaucoup de mal à recruter, pourtant ce n’est pas le travail qui manque. 800.000 personnes âgées sont actuellement accompagnées en France, et 350.000 personnes en situation de handicap.
 
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