Salariés en télétravail : attention aux cyberattaques, la mise en garde de la gendarmerie

En ces temps de confinement, les forces de l'ordre appellent à redoubler de prudence face à la cyberdélinquance. / © A. Marchi / Maxppp
En ces temps de confinement, les forces de l'ordre appellent à redoubler de prudence face à la cyberdélinquance. / © A. Marchi / Maxppp

La gendarmerie du Grand-Est met en garde les nombreux salariés contraints au télétravail en raison de l’épidémie de Covid-19 : les cyberattaques pourraient se multiplier. Voici quelques conseils pratiques pour vous protéger.

Par Caroline Moreau

Avec la propagation du coronavirus, les méthodes de travail ont changé pour beaucoup de salariés. Ils sont aujourd’hui nombreux à être en télétravail chez eux. Ce qui pourrait entraîner une recrudescence de la criminalité à distance.

"Pour l’instant, on ne constate pas de recrudescence des cyberdélits, témoigne le capitaine Jean-Luc Hermal, responsable de la communication des gendarmes du Bas-Rhin. Mais on préfère prévenir que guérir. Les délinquants se retrouvent confinés comme les autres citoyens, alors eux aussi s’adaptent ». Les forces de l'ordre veulent donc alerter sur les risques et les bonnes pratiques pour éviter une explosion du phénomène.
 

"A la maison, on est plus dissipé"

Si vous avez vous aussi expérimenté le télétravail depuis le début du confinement, vous conviendrez qu’il peut être parfois difficile de se concentrer, a fortiori si vous vivez avec des enfants privés d’école. « C’est typiquement comme cela que l’on peut se faire avoir : on reçoit de faux mails qui nous demandent des informations sur notre entreprise, auxquels on répond sans faire attention", met en garde le gendarme.

Gare aux demandes de virement d’argent

La communication entre collègues se retrouve également très impactée par le confinement. Chacun est isolé dans son coin, les informations peuvent parfois avoir du mal à circuler : « on peut imaginer de faux mails envoyés par des pseudo-directeur disant « je suis en entretien….. prière de faire immédiatement virement de deux millions d’euros sur tel RIB"", cite en exemple Jean-Luc Hermal. Impossible de vérifier dans l’urgence, le salarié croit bien faire, il n’a pas de moyen pour faire confirmer à distance la prétendue requête de son patron.
 

Particuliers comme professionnels sont concernés

Les gendarmes tiennent à préciser que tous les moyens de communication sont concernés, téléphone comme mails ou réseaux sociaux.
Les salariés en télétravail ne sont pas les seuls menacés : les particuliers peuvent également être la cible de tentatives de "fishing" ou de
hameçonnage. Ils peuvent être exposés à de multiples formes d’escroquerie comme de faux ordres de virement, des extorsions d’argent (« rançongiciel ») ou des usurpations d’identité administrative.

Les particuliers doivent aussi continuer à se méfier des risques de harcèlement sur Internet auxquels peuvent notamment être exposés les adolescents, même en cette période de fermeture des établissements scolaires. Pour aider les parents à détecter tout problème et à accompagner un jeune exposé à ce type de problèmes, consultez l'article de France 3 Normandie sur les dangers du cyberharcèlement.
 
 

Arnaques au matériel médical

Le contexte sanitaire pourrait également faire émerger un nouveau type de délits : « avec la pénurie actuelle de matériel médical de protection (masques, blouses, gants, …), on craint de voir se développer un marché noir frauduleux", prévient le capitaine de gendarmerie. Il met en garde contre toutes les publicités ou démarches vous proposant des solutions de protection. « On pourrait voir arriver à la vente du matériel défectueux, non homologué, des masques mal fabriqués et donc inefficaces", alerte-t-il.  La brigade de recherches de Strasbourg scanne déjà en permanence la toile et les réseaux sociaux à la recherche de tentative d’extorsions de cette nature.

Que faire en cas de cyberattaque ?

Vous pensez avoir reçu un mail frauduleux ou craignez d’avoir été victime d’un cyberdélinquant ; contactez directement la brigade numérique. Elle a mis en place un tchat (conversation en direct) ouvert en permanence (nuit et week-end compris). 
Vous serez mis directement en relation (virtuelle) avec les enquêteurs basés à Rennes qui sauront vous orienter dans vos démarches et vous indiquer si nécessaire le service approprié à contacter près de chez vous.

La police nationale a récemment réalisé un clip vous donnant quelques conseils utiles en cas de "ransomware", c'est-à-dire de demande de rançon par Internet :

Comment se protéger ?

Le gouvernement a publié une série de bonnes pratiques de sécurité à respecter sur Internet : 
  • méfiez-vous des messages ou appels téléphoniques d'origine inconnue
  • téléchargez des applications uniquement depuis les sites et magasins officiels
  • vérifiez la fiabilité des sites que vous visitez
  • soyez vigilant aux fausses informations
  • attention aux appels aux dons frauduleux

Pour rappel, les cyberdélits sont passibles des mêmes peines que les délits « réels ».
 

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