Truffes de Lorraine : Stéphane et sa chienne Fabia lancent la saison

Stéphane Philippe et Fabia son chien truffier, fin limier de l'or noir ! / © Cécile Boisson
Stéphane Philippe et Fabia son chien truffier, fin limier de l'or noir ! / © Cécile Boisson

La saison des truffes d'automne a commencé lundi 7 octobre. Pas de truffes du Périgord dans le Grand Est mais de la truffe de Bourgogne et de Meuse. 350 trufficulteurs font vivre la filière dans la région. Parmi eux Stéphane Philippe et Fabia, sa chienne à l'odorat hors pair.

 

Par Cécile Boisson

La truffe collée au sol, Fabia est à l'affût. A peine arrivée en forêt de Pulnoy pour une démonstration de cavage cette chienne de la race des Lagotto Romagnolo est déjà sur la piste.
En quelques minutes, elle va déterrer plusieurs tuber uncinatum, autrement dit truffes de Bourgogne. L'espèce indigène oubliée pendant quelques décennies fait un retour en force dans notre région depuis une quarantaine d'années grâce au travail de passionnés, les trufficulteurs.
Parmi eux Stéphane Philippe, le maître de Fabia, seul trufficulteur de son département ! Ce jeune céréalier de l'ouest vosgien est venu présenter son métier à l'occasion du lancement de la saison de la truffe d'automne à Nancy et Pulnoy lundi 7 octobre.
 
La tuber uncinatum ou truffe de Bourgogne / © Cécile Boisson
La tuber uncinatum ou truffe de Bourgogne / © Cécile Boisson
La saison de la truffe du Grand Est s'étend d’octobre à janvier. / © Cécile Boisson
La saison de la truffe du Grand Est s'étend d’octobre à janvier. / © Cécile Boisson

Il y a 10 ans Stéphane Philippe a choisi de diversifier son activité de céréalier avec la truffe. Son terrain argilo-calcaire est favorable à la culture du champignon et sa propre grand-mère lui explique avoir trouvé des patates noires dans le coin étant plus jeune... Il plante ses premiers arbres truffiers en 2009.

Quand j'ai commencé on me prennait pour un fou
-Stéphane Philippe, trufficulteur

Aujourd'hui, sa truffière compte 4200 plants de 6 essences différentes répartis sur quatre hectares : des chênes, des charmes, des tilleuls, des pins noirs, des bouleaux et des noisetiers.
85% de noisetiers au total qui nécessitent beaucoup d'eau, 1000 litres par arbre, difficile à gérer avec la sécheresse cet été. La production est d'ailleurs pour l'instant en deçà des espérances de l'agriculteur qui table sur 20 kg par hectare et par an au bout de dix ans de plantation. On est encore loin du compte notamment à cause du manque de pluviométrie.

La truffe du périgord dans les Vosges ?

Pour s'adapter au manque d'eau, Stéphane Philippe envisage de planter de la tuber melanosporum autrement dit la truffe noire du Périgord. Le trufficulteur pourrait en planter deux hectares à titre expérimental pour diversifier ses cultures mais il craint les conditions hivernales. 
Celui qui est aussi commissaire aux truffes ne ménage pas ses efforts pour développer sa production revendue ensuite à des supermarchés du département et certains restaurateurs étoilés. Il a réussi a transmettre sa passion à ses filles mais il souhaiterait voir plus de jeunes s'orienter vers la trufficulture.

Nous avons rencontré ce passionné lors d'un tournage en forêt de Pulnoy, notre reportage sur les traces de Fabia :
 

Ce caveur (caver signifie extraire) de truffe est également l'un des pilier de l'association Truffe 54 Lorraine, il sera présent à l'emblématique marché truffier de Pulnoy les 8 et 9 novembre prochain.
 

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