Brimbelles, myrtilles et tutti frutti : quelles sont les règles de cueillette ?

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Écrit par Sophie Gueffier et Morgane Hecky

Cueillir des fruits sauvages fait partie des plaisirs de l'été. Panier sous le bras, nous voilà partis à la recherche de nos baies préférées avec la perspective d'un bon crumble ou d'une belle tarte pour finir la journée. Mais connaissez-vous bien les règles de cueillette ?

C'est décidé ! Aujourd'hui vous partez, petits et grands, vous promener dans les Vosges et vous avez pensé à vous munir de petits paniers. 
Vous allez cueillir des brimbelles. 

L'activité est plaisante, chacun y trouve son compte :  Maman a trouvé de quoi occuper tout le monde. L'ado-qui-râle-tout-le-temps partira à grands pas devant. Le petit-qui-fatigue-vite se pourléchera les babines et en oubliera sa fatigue. Papa pourra gagner le concours de celui qui remplit le plus vite son panier. Et Tatie fermera les yeux sur son régime le temps d'une part de tarte bien méritée. 

Au diable les clichés ! 

Il n'en reste pas moins que nous avons tous le souvenir ou l'envie d'une balade-cueillette. 

Que faut-il savoir ? 

L'actualité du moment c'est l'arrestation dimanche 22 juillet 2018 de cueilleurs qui avaient gentiment outrepassé les règles. 
Tss !

Si on veut bien faire, quelles sont les règles ?

La réglementation française tout d 'abord :

En France, il existe deux régimes qui concernent la cueillette de la flore. 
La myrtille ne fait pas partie la liste de ces espèces protégées.La cueillette de la myrtille est donc autorisée. 

Mais ce n'est pas si simple. Il faut savoir que la cueillette de végétaux sauvages est une tolérance et non un droit. Car les fruits, qui sont les produits d'un sol, n'appartiennent qu'au propriétaire de ce sol, sur un domaine privé, comme sur un domaine public. 

En théorie, il vous faut l'accord du propriétaire pour cueillir. 
Cependant, en l'absence de clôture et de signalisation, la tolérance est appliquée et l'accord est tacite. (sous réserve que vous respectiez les règles).

Si vous partez cueillir en forêt, le code forestier régit cette tolérance. 

Vous avez le droit de cueillir 5 litres par personne et par jour. Attention ne confondez pas litres et kilos. 5 litres, cela correspond grosso modo à un pot à lait à l'ancienne ou à un petit saladier. De quoi faire une à deux tartes. 

Si vous cueillez plus que cette quantité, sachez qu'entre 5 et 10 litres, cela constituera une infraction - punie d'une amende de 135 euros. Et au-delà de 10 litres, ça sera considéré comme du vol, donc relèvera du code pénal. 

Enfin, des arrêtés préfectoraux,voire locaux peuvent parfois restreindre encore ces règlements.
Le mieux est donc de vous renseigner avant de partir sur un secteur donné. 

Peut-on utiliser un peigne ? 


La réponse et oui. Mais pas partout !
Et seulement si vous respectez les quantités ramassées. Car en réalité, il n'existe aucune réglementation en la matière. 
Les petits malins qui se serviraient d'un "riffle", comme on dit par ici, peuvent juste écourter leur temps de cueillette, mais en aucun cas en ramasser plus que les autres. 
Les puristes préféreront toujours se servir de leurs doigts, pour éviter de fragiliser l'arbuste. 

Un arrêté préfectoral datant du 16 janvier 2018 interdit son utilisation sur le territoire de la réserve naturelle nationale du massif du Grand Ventron. 


Peut-on manger les fruits sur place ?


Comme tous les fruits sauvages, si vous n'arrivez pas à résister à la tentation, privilégier les fruits les plus en hauteur. 
Le risque d'échinococcose existe. Et seule la cuisson des baies les rendra sûres pour la consommation. 

Enfin sachez que la cueillette est autorisée uniquement entre le 15 juillet et le 15 décembre. 
Et gare aux excès ! 

Et la maraude c'est légal ?
Il ne s'agit plus là de cueillette de fruits sauvages, mais de fruits ou autres productions cultivés.

Le glanage est un droit d'usage qui existe depuis le Moyen-Âge.
Après la moisson ou après la récolte par l'agriculteur,ce qui reste sur le sol ou sur les arbres peut être ramassé. 

Le glanage concerne ce qui reste au sol, comme le blé, les céréales en général et les pommes de terre.
Et le grapillage concerne ce qui reste sur les arbres, comme le mirabelles par exemple. 

La maraude, selon la définition, est illicite car elle se pratique avant la récolte par le producteur. 

Aujourd'hui, l'usage des termes a évolué et il est rare que l'on parle de glanage et de grapillage. 

Il faut juste retenir que ce qui est autorisé, c'est de passer après l'agriculteur ou l'arboriculteur. 
Peu importe le terme que l'on choisisse !