Vittel : neuf décharges sauvages sur les terrains de Nestlé Waters, des analyses sont en cours

Les associations de protection de l'environnement ont révélé des décharges sauvages de bouteilles en plastique et de gravats sur des terrains appartenant à Nestlé Waters. L'industriel répond que des travaux sont en cours depuis 2019 pour remédier à la situation.

Des bouteilles en PVC, remontant a priori aux années 1960 et 1970, ont été enfouies sur des terrains de l'usine d'embouteillage. Nestlé Waters, aujourd'hui propriétaire, entend s'en débarrasser. Des analyses sont en cours.
Des bouteilles en PVC, remontant a priori aux années 1960 et 1970, ont été enfouies sur des terrains de l'usine d'embouteillage. Nestlé Waters, aujourd'hui propriétaire, entend s'en débarrasser. Des analyses sont en cours. © Eric Bertrand. France Télévisions.

Neuf sites ont servi de dépôts sauvages de déchets par l'usine d'embouteillage de Vittel (Vosges), précise Nestlé Waters à France 3 Lorraine mercredi 26 mai 2021. Quatre sites présentant des déchets plastiques - des bouteilles en PVC - et cinq sites avec des gravats, déposés dans les années 1960/1970, sont aujourd'hui sous surveillance, affirme l'industriel.

"Nous avons la volonté d'assainir la situation. Nous avons fait appel, dès 2019, à une entreprise spécialisée pour conduire des analyses et définir les mesures de remédiation", explique David Vivier, directeur de production de Nestlé Waters.

L'entreprise Seureca, appartenant au groupe Veolia, mène des travaux de caractérisation, démarrés en 2019. 4.000 paramètres sont vérifiés afin de savoir s'il existe une pollution ou un impact environnemental à ces décharges sauvages.

Le 30 avril 2021, le collectif Eau 88 et France Nature Environnement ont donné une conférence de presse en bordure d'un terrain de Nestlé Waters, sur la commune de They-sous-Monfort (Vosges). Là, de nombreuses bouteilles en plastique jonchent le sol, sur plusieurs dizaines de mètres.

Pour les associations de protection de l'environnement, pas de doute possible : l'industriel, à l'époque la Société des Eaux de Vittel, est responsable. "Ce sont les premiers échecs industriels de la mise en bouteille de l'eau, affirme le co-fondateur du collectif, Bernard Schmitt. La source est incontestable, on reconnait sur les bouteilles la croix de Lorraine avec le V de Vittel."

Nestlé Waters est entré au capital de la Société des Eaux de Vittel en 1969, mais nie toute implication. "Nous n'étions pas actionnaire majoritaire à l'époque et n'avions pas connaissance de ces décharges", déclare David Vivier. "Nestlé a une responsabilité morale et juridique, proteste le président de Vosges Nature Environnement, Jean-François Fleck. Responsabilité qui doit correspondre à l'image qu'il voudraient donner d'une entreprise vertueuse, qui utilise du plastique recyclé."

Des réponses à la rentrée 2021

Les analyses sur le site de They-sous-Monfort ont bien avancé. "Nous sommes très confiants, confirme David Vivier pour Nestlé Waters. Les analyses partielles ne font état d'aucune contamination, que ce soit pour les sols, les eaux souterraines ou de surface."

En septembre 2021, Nestlé Waters sera en mesure de présenter des analyses complètes et les conclusions de Seureca. Les pouvoirs publics décideront de la marche à suivre, et Nestlé Waters s'est engagé à payer la facture. Le processus doit prendre plusieurs années.

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