Vosges : le Premier ministre Jean Castex inaugure la ligne TER Epinal - Saint-Dié-des-Vosges, "engagement pris, engagement tenu"

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Écrit par Jean-Christophe Panek
Depuis dimanche 12 décembre 2021, le train circule de nouveau entre Epinal et Saint-Dié-des-Vosges.
Depuis dimanche 12 décembre 2021, le train circule de nouveau entre Epinal et Saint-Dié-des-Vosges. © PHILIPPE BRIQUELEUR / MAXPPP

Trois ans après sa fermeture, place à sa réouverture. La ligne TER Epinal - Saint-Dié-des-Vosges est de nouveau opérationnelle. Pour son inauguration, Jean Castex a fait le déplacement accompagné du ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari. Un acte fort mais aussi beaucoup de symboles.

Pour inaugurer la renaissance de la ligne TER entre Epinal et Saint-Dié-des-Vosges, le président Emmanuel Macron a mandaté du lourd ce dimanche 12 décembre 2021. Sur place, le Premier ministre Jean Castex et le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Cette visite et cette inauguration ont beau se dérouler en mode TGV (2h30 de présence, aller simple entre Saint-Dié et Epinal compris), un Premier ministre et un secrétaire d'Etat pour la remise en service d'une ligne TER, voilà qui peut poser question.

Ce que nous faisons ici, ce n'est pas une opération ponctuelle et symbolique, nous le ferons partout en France

Jean Castex

"Cette ligne est devenue un symbole national", voilà comment Elisabeth Borne, alors ministre des transports, qualifiait ce tronçon, lors d'une visite dans les Vosges en juillet 2019, à l'occasion de la signature d'une convention de financement en vue de sa réouverture. Coût total des travaux : 21 millions d'euros. 40% à la charge de l'Etat, le reste pour la région Grand Est.

Un an et demi plus tard, les mots sont les mêmes, ou presque, prononcés cette fois par le Premier ministre : "Nous concrétisons un engagement collectif pris par le chef de l'Etat. Engagement pris, engagement tenu" a déclaré Jean Castex, "ce que nous faisons ici, ce n'est pas une opération ponctuelle et symbolique, nous le ferons partout en France. Cela concerne les petites lignes. En France, c'est 9.200 km régénérés et remis à neuf. Après le Grand Est, je serai en Occitanie pour signer le protocole des petites lignes dans cette région. C'est un mouvement de grande ampleur. Nous le faisons partout car nous y croyons."

Une ligne à symboles multiples

L'autre symbole de cette remise en service, c'est aussi l'affirmation pour l'Etat de la lutte contre la désertification. Fini le début du quinquennat Macron où "les petites lignes" étaient montrées du doigts en raison de leur coût, voire de leur inutilité. Elles étaient vouées à disparaître mais les Gilets jaunes sont passés par là. Il faut dorénavant prendre en compte les arguments d'une France qui critique et refuse la France "à deux vitesses" et du "tout TGV". Pour Jean Castex, cette ligne et ces investissements, "c'est la défense du monde rural et de la technologie... Ce n'est pas un feu de paille et un exemple isolé, nous nous inscrivons dans une vision globale et partenariale avec les collectivités locales."

Cette région est aux avant-postes de la mobilité, l'idée c'est de lui donner plus de latitude

Jean Castex

Enfin, le dernier symbole de cette ligne que certains appellent "la ligne président" (1), c'est l'affirmation d'une nouvelle ère pour la SNCF. Celle de la réforme obtenue par Emmanuelle Macron à travers son projet de loi "pour un nouveau pacte ferroviaire". L’ouverture à la concurrence en 2019 des trains régionaux (TER, Intercités, Corail…) et en décembre 2020 pour les TGV est l'un des principaux points de la réforme. "Cette région est aux avant-postes de la mobilité" a reconnu Jean Castex, "l'idée, c'est de lui donner plus de latitude."

Il ne faut pas oublier que cette ligne figure dans le lot (Bruche-Pémont-Vosges) qui a vocation à être ouverte à la concurrence fin 2023. C'est un des cheval de bataille du président de la région Grand Est, Jean Rottner (LR) et du maire de Saint-Dié-des-Vosges, David Valence, par ailleurs en charge du dossier transport à la région.

65 "nouveaux" passages à niveau

Pour les usagers de la route, il va falloir être de nouveau vigilants. Entre Epinal et Saint-Dié, les automobilistes vont devoir se familiariser avec les passages à niveaux qui vont, eu aussi, refonctionner. Sur les 49 km du tronçon, on en recense 65 dont 30 non protégés. La SNCF a lancé une campagne de sensibilisation. "N'ayant pas de trains, les personnes ont pu prendre l'habitude de se promener ou de faire leur footing ou promener leur chien le long des voies ferrées" explique Hocine Tazibt, représentant de la maîtrise d'ouvrage SNCF, "il faut savoir qu'un train, on ne l'entend pas forcément, il circule à 90 km/h. A cette vitesse, il met 800 mètres pour s'arrêter. Je rappelle que le domaine ferroviaire est interdit au public."

Du côté des associations d'usagers, un regret subsiste. Elles auraient souhaité que le train desserve plus de gares. Aujourd'hui, seuls deux arrêts sont prévus entre Epinal et Saint-Dié : Bruyères et Arches.

Depuis dimanche, jusqu'à 10 allers-retours sont programmés entre Epinal et Saint-Dié des Vosges. Le voyage entre les deux villes vosgiennes les plus peuplées du département dure 53 minutes.

(1) En avril 2018, le chef de l'Etat, en visite à Saint-Dié-des-Vosges avait été interpellé par les élus locaux, protestant contre la fermeture programmée de la ligne ferroviaire Saint-Dié - Epinal. Ce jour-là, Emmanuel Macron s'était engagé à la maintenir ouverte.

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