Municipales 2020 : Gérardmer se cherche une conscience écolo

Un cadre de verdure idyllique et un grand lac au coeur de la ville ne suffisent pas à proclamer Gérardmer "ville écolo". La Perle des Vosges donne peu de place aux énergies renouvelables et aux mobilités douces, et conserve une économie très tournée vers le tourisme, hiver comme été.


Chose peu étonnante pour ces élections municipales 2020 : on parle écologie! A Gérardmer comme presque partout ailleurs, le thème s'est invité dans la campagne. C'est à la mode et chaque candidat assure vouloir engager la transition écologique. Mais il ne suffit pas d'être dans une ville proche de la nature et des espaces verts pour se déclarer écolo. "Des actions ont été menées, mais sans les mettre particulièrement en lumière," admet le maire (DVG) sortant Stessy Speissmann.
Gérardmer : fiche d'identité
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Place aux vélos

Un élément a changé les choses pour une ville de montagne comme Gérardmer : le vélo à assistance électrique. Cela permet de gommer le relief, très rebutant quand on veut pédaler dans cette région. Le vélo a pris de l'ampleur depuis quelques années à Gérardmer et la demande en pistes cyclables est croissante. Le conseiller municipal et candidat (DVG) Eric Defranould propose d'aménager une voie cyclable qui traverserait la ville d'ouest en est, du Tholy à Xonrupt-Longemer. "Ce sera utile pour les habitants et pour les touristes en mal d'activités comme cet hiver", explique Eric Defranoux.
Stessy Speissmann veut encourager la pratique du vélo. "Nous sommes prêts à passer des rues en sens unique, pour laisser de la place à une piste cyclable", annonce le maire sortant. 

Nous sommes prêts à passer des rues en sens unique.
- Stessy Speissmann, candidat-maire divers-gauche

Du côté de la liste de Bernard Caël (DVC), André Jacquelin, 3e sur la liste, imagine des pistes cyclables qui relieraient le centre-ville à des parkings de délestage. Les voitures restent au parking et une offre de vélo en location serait mise en place. "Cette solution est utilisable au quotidien mais elle aurait tout son sens pendant les grandes manifestations, assure André Jacquelin. Le centre-ville serait moins saturé."
 
Autre exemple, Eric Defranould envisage de fermer la route forestière des 17 kilomètres quelques mois l'été pour en faire un axe exclusivement piéton et cyclable. "C'est un axe déjà existant, en pleine nature. Il y aurait très peu d'investissements à faire," assure Eric Defranould.

Quels investissements pour le ski?

Malgré un hiver exceptionnellement doux et une station de ski fermée une grande partie de la saison, les candidats reste convaincu de l'importance du domaine skiable dans l'attractivité de Gérardmer. "Le niveau d'attractivité hivernale dépend du ski et ne peut pas être compensé", estime André Jacquelin. Stessy Speissmann entend poursuivre les investissements sur la station pour les quatre saisons. "On ne peut pas se passer de l'activité ski mais il faut développer d'autres activités le reste de l'année", explique le maire sortant.

Investir dans le ski est aujourd'hui très risqué.
- André Jacquelin, sur la liste divers-centre de Bernard Caël 

Les deux autres listes veulent interrompre les investissements dans la station de ski. Comme la municipalité en place, Eric Defranould veut développer les activités estivales. "Ce n'est pas nous qui voulons arrêter le ski, c'est le manque de neige qui s'en charge," affirme Eric Defranould. L'incertitude liée à l'enneigement est le point de crispation. "Faire le pari d'amortir des investissements lourds grâce aux revenus de la station est aujourd'hui très risqué", explique André Jacquelin. La capacité d'auto-financement de la commune est mise à mal si les hivers doux se multiplient.

L'utilisation de camions pour aller chercher de la neige sur les Crêtes pour enneiger le bas de la station de ski est polluant. Mais ça reste marginal pour cet hiver. La mairie parle de quatre camions qui ont effectué trois allers-retours chacun.

Fin 2019, l'association Gérardmer Patrimoine Nature critiquait la multiplication des chalets à destination des touristes, et les menaces pour l'environnement. "Gérardmer est défigurée et dénaturée, parce qu'elle est densifiée. Les coteaux sont envahis", alertait Anne Huart.

Produire de l'énergie propre

Gérardmer a engagé doucement sa transition vers le recours aux énergies renouvelables. L'école de musique et le nouveau bâtiment sur le front de neige au pied des pistes de ski, sont alimentés par la géothermie. "Quelques panneaux photovoltaïques sont installées sur la commune", précise Stessy Speissmann.

Nous voulons installer des hydroliennes dans la Jamagne pour produire de l'électricité.
- Eric Defranould, candidat divers-gauche

Eric Defranould regrette qu'il n'y ait pas davantage de capteurs solaires sur les toits gérômois, mais pour lui, il existe une richesse inexploitée qui traverse la ville : la Jamagne. C'est le cours d'eau qui sert de déversoir au lac de Gérardmer. "On peut utiliser l'énergie hydraulique, en installant des hydroliennes, des hélices qui tournent grâce à la force de l'eau qui produisent de l'électricité", explique Eric Defranould.
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