REPLAY – Municipales 2020 : les 3 points à retenir du débat du second tour à Gérardmer

Replay. Mercredi 17 juin, les trois candidats qualifiés pour le second tour de l’élection municipale à Gérardmer (Vosges) ont débattu sur le plateau de France 3 Lorraine pendant 40 minutes. Voici ce qu’il faut en retenir.

Le débat a réuni Bernard Caël, Eric Defranould et Stessy Speissmann sur le plateau de France 3 Lorraine.
Le débat a réuni Bernard Caël, Eric Defranould et Stessy Speissmann sur le plateau de France 3 Lorraine. © Didier Ohmer. France Télévisions.

A Gérardmer, le second tour de l’élection municipale prend la forme d’une triangulaire. La liste divers gauche du maire sortant Stessy Speissmann est arrivée en tête avec 43,4% des suffrages, devant la liste divers centre de Bernard Caël (39,3%) et la liste divers gauche d’Eric Defranould (17,3%).

Ce mercredi 17 juin 2020, les candidats ont débattu sur le plateau de France 3 Lorraine sur trois questions majeures de la campagne : l’urbanisme, l’endettement et le tourisme. Les thèmes ne marquent pas de ruptures franches entre les candidats, mais chacun y apporte ses nuances.

Une dette en augmentation

La commune de Gérardmer est endettée à hauteur de 46 millions d’euros. Bernard Caël, tête de liste divers centre, se dit inquiet pour les finances. "Stessy Speissmann a fait augmenter la dette de 58%. C’est un risque de tout miser sur le domaine skiable, c’est un risque fiscal pour les Gérômois." C’est sans doute le seul point de rupture fort entre les candidats, Bernard Caël entend réduire la dépense publique et raisonner les investissements.

Stessy Speissmann a fait augmenter la dette de 58%.

Bernard Caël, candidat divers centre

Le maire sortant (DVG) Stessy Speissmann a justifié son bilan financier. "Cette dette, ce sont des investissements, ce sont des services aux Gérômois. Cela ne sert pas au fonctionnement de la commune, à payer les employés." En 2015, huit millions d’euros ont été empruntés pour rénover la caserne des pompiers et les ateliers municipaux. En 2018 se sont ajoutés dix millions d’euros pour le centre aquatique et bien-être.

Le domaine skiable a été repris en régie municipale en 2008, quand les investisseurs privés sont partis. Eric Defranould (DVG) défend ce choix. Toutefois, il estime qu’aujourd’hui, trop d’investissements sont faits sur les pistes de ski. "Pendant ce mandat, à chaque fois qu’il fallait voter des investissements pour le ski, j’ai prévenu : attention, il y a le réchauffement climatique, ça va être de pire en pire." Et cela s’est vérifié il y a quelques mois. L’hiver 2020 a été très doux et empêché les rentrées d’argent.

Urbanisme : le PLU en cause

Gérardmer est en proie à une multiplication des constructions, que certains qualifient d’hyperurbanisation, voire de bétonisation.

La question a été l’élément déclencheur de l’entrée en campagne de Bernard Caël. "Ça me désole de voir les coteaux comme ça, ça gâche le paysage naturel. Il n’y a pas de vision à long terme sur l’aménagement du territoire. Le Plan local d’urbanisme (PLU) de 2015 est trop permissif. Il faut régler ce problème, ça ne peut plus durer."

Eric Defranould, en tant que conseiller municipal, avait approuvé ce PLU. "Le PLU de 2015 étaient un mieux par rapport à avant." Mais il regrette les excès qui en ont découlé. "Ces cinq dernières années, il y a eu des dérapages, avec des promoteurs immobiliers qui viennent de l’extérieur de Gérardmer et qui ont construit énormément. Aujourd’hui, les jeunes Gérômois qui veulent construire ont de moins en moins de possibilités."

Le PLU de 2015 était un mieux par rapport à avant, mais il y a eu des dérapages.

Eric Defranould, candidat divers gauche

Stessy Speissmann comprend que les Gérômois soient choqués de ces constructions mais il rappelle, comme souvent, que les lois qui régissent le PLU, et principalement la loi Alur, sont responsables de cette situation. "Avec la suppression du coefficient d’occupation des sols, la surface minimale de 2000m² a été balayée du revers de la main par le législateur, qui veut la densification des zones qui sont constructibles."

Des touristes toute l’année

Les trois candidats sont d’accord. Il faut faire de Gérardmer une station quatre-saisons et ne pas investir uniquement sur les activités hivernales.

"Ça fait déjà longtemps que Gérardmer est une station quatre-saisons, assure Stessy Speissmann. Il faut des investissements sur la partie haute de notre domaine skiable, avec des activités estivales ludiques." Le maire sortant parle brièvement d’un produit-phare, qui permettrait de se différencier du voisin et principal concurrent, la commune de La Bresse. Mais sans donner plus de détails. "Vous le saurez le 29 juin", promet-il. Le lendemain du second tour.

Ça fait déjà longtemps que Gérardmer est une station quatre-saisons.

Stessy Speissmann, candidat-maire (DVG)

Eric Defranould pose un bémol au bilan touristique de Stessy Speissmann. "La commune a installé un télésiège débrayable (pour les pistes de ski) qui est capable de fonctionner en été, on attend toujours !" Le conseiller municipal d’opposition propose de créer une piste cyclable sur le chemin des 17km, sur les hauteurs de Gérardmer, pendant les trois mois de l’été. Il souhaite aussi fermer à la circulation la route des Crêtes, pour ne laisser passer que des navettes qui seraient au départ de la Perle des Vosges.

Bernard Caël dénonce que rien n’ait été fait pour la station quatre-saisons alors que des propositions avaient été faites en ce sens par le candidat Speissmann en 2014. "La Bresse avance sur ce sujet, à Gérardmer, nous sommes très en retard." Le candidat divers centre a lui aussi tout un panel de propositions sur ce sujet. "Beaucoup d’activités peuvent être mises en place : des chemins VTT, de la luge d’été, peut-être un golf de montagne… Mais tout cela doit se faire en respectant l’environnement."

Le second tour a lieu dimanche 28 juin 2020.

Rappel du 1er tour

Le 15 mars 2020, le maire sortant Stessy Speissmann est arrivé en tête du premier tour, devant Bernard Caël et Eric Defranould.

 

Le scrutin, en pleine crise sanitaire, avait peu mobilisé les Gérômois. A peine plus d'un électeur sur deux avait voté.

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