Vosges : Un colis perdu manque de mettre un fabriquant d'archets en faillite

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Écrit par Samuel Mulin
Roch Petitdemange fabrique des archets pour instruments à cordes frottées depuis 1995. Une histoire de colis perdu a bien failli l'obliger à mettre la clé sous la porte.
Roch Petitdemange fabrique des archets pour instruments à cordes frottées depuis 1995. Une histoire de colis perdu a bien failli l'obliger à mettre la clé sous la porte. © Jean-Pierre Petitcolas, France Télévisions

Roch Petitdemange est archetier à Mirecourt. Alors que la Poste perd cinq de ses archets d'une valeur de 20 000 €, l'assurance lui apprend qu'il ne pourra pas se faire rembourser. Une perte qui aurait causé la fermeture de son activité. Avant d'apprendre aujourd'hui que ses joyaux ont été retrouvés.

Une histoire cauchemardesque qui se termine bien pour Roch Petitdemange, archetier depuis 1995, à Mirecourt. Alors qu'il envoie par la Poste cinq archets d'une valeur estimée à 20 000 €, dont trois à des clients, le colis arrive vide à Paris... Après un problème d'assurance, il ne peut pas se faire rembourser de la totalité de sa perte. Un déficit tel qu'il aurait dû mettre la clé sous la porte. Avant d'apprendre que ses archets ont été récupérés au centre de tri des objets perdus de la Poste, à Libourne. Une nouvelle qui avait de quoi ravir le principal intéressé... "Un bon soulagement, un gros soulagement quand même", soupire avec joie Roch Petitdemange. "On oublie toutes les complications dues à l'assurance, au procès. Tout va bien, tout va bien" répète-t-il, encore sous le choc de la nouvelle.

"A titre personnel, j'ai perdu 5 000 € et il va falloir que je trouve à peu près 15 000 € pour rembourser mes clients."

Roch Petitdemange, archetier à Mirecourt

Et au vu de l'histoire rocambolesque, il y a de quoi avoir du mal à croire en cette issue positive. En février dernier, cet archetier envoie par la Poste cinq archets. Deux sont à lui, les trois autres appartiennent à des clients. Direction, un cabinet d'experts à Paris pour connaître la valeur et la véracité de ces pièces pour une vente aux enchères à Vichy. Problème, le colis se perd en route : "Avec les photos que je leur ai envoyé, le cabinet d'experts a fait une première expertise à 20 000 € pour ces pièces. A titre personnelle, j'ai perdu 5 000 € et il va falloir que je trouve à peu près 15 000 € pour rembourser mes clients".

Pas remboursé pour une exclusion dans son contrat

S'il prend le tarif assurance le plus élevé à la Poste, il ne lui couvre que 1 000 € en cas de perte de colis. Bien qu'il soit parvenu à se faire rembourser cette partie, il reçoit une mauvaise nouvelle de son assurance : "Il y a dans votre contrat une exclusion qui fait que vous ne serez pas remboursé. Pendant neuf mois, on m'a dit que c'était bon et finalement, après vérification, c'est pour votre pomme ! ".

Tout s'écroule pour Roch qui avoue être totalement abattu et désarmé face à cette situation : "Je ne mange plus, je ne peux plus regarder un archet de face. Je suis sous antidépresseurs et je me demande à quelle sauce je vais être mangé".

Alors qu'une de nos équipes était partie à sa rencontre au cours de l'après-midi, l'archetier reçoit deux appels au cours d'une interview. Il écoutera le message quelques secondes après la fin du tournage pour apprendre que ses archets ont été retrouvés. Ces derniers se trouvent actuellement au centre de tri de la Poste, à Libourne, où sont rassemblés les objets perdus en France. Ses archets lui seront renvoyés sous huit jours et il espère bien que le trajet se passera sans encombre : "Il reste encore un acheminement par la Poste pour que les archets reviennent ici. Sait-on jamais, mais pas deux fois quand même", sourit Roch Petitdemange. "Je vais réexpédier les archets chez l'expert sans passer par la Poste. Je vais peut-être les amener moi-même, en main propre, ça sera plus sûr".

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