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Woinic, le sanglier géant des Ardennes : le mal-aimé

Comment a-t-on pu s'attaquer au plus grand sanglier du monde, au symbole des Ardennes ? Dans un de ses articles, l'Obs s'en prend à Woinic. "Une oeuvre d'une épouvantable médiocrité". Forcément, sur la toile, on réagit... férocement. 

© Alexis Dumoulin / France 3 Champagne-Ardenne
Il veille sur "nos Ardennes" ou gâche le paysage, c'est selon. Une chose est sûre, Woinic ne laisse personne indifférent. Dernièrement, l'Obs (avec Rue 89)  a décidé de partir à la chasse au sanglier géant, au nom de l'art. Du lard ou du cochon ? 

Non, "notre" laie pas si laide. Installée au bord de l'A34, elle est comme un phare en pleine mer, elle nous indique le chemin. Démesurée, sans aucun doute, gonflée, peut-être bien, mais d'une"épouvantable médiocrité", le journal n'irait-t-il pas un peu loin ?

Woinic, une vision cauchemardesque du symbole animalier des Ardennes


Dans son article intitulé "art d'autoroute : cinq oeuvres férocement commentées", l'Obs évoque un sanglier de 50 tonnes qui "livre une vision cauchemardesque du symbole animalier des Ardennes" et cite Thomas Schelesser.

En 2011, l'historien de l'art, parlait de Woinic en ces termes : "La mollesse de la gueule, le tracé hasardeux des yeux, la raideur de la silhouette l’apparentent à un gigantesque jouet inoffensif plutôt qu’à un animal vigoureux. Ne vendons cependant pas trop vite la peau du bestiau."

Y'a-t-il quelqu'un pour sauver Woinic ? Sur Twitter, on s'emballe. "Aux armes les Ardennais", pour cet internaute, "fier d'être Ardennais" pour ce second, ou encore "votez pour Woinic" ! Pas question de blesser le sanglier. Le colosse aux pieds de métal a ses fans. Non, il ne descendra pas de son piédestal.

Car Woinic, c'est tout, sauf une oeuvre d'art ratée. C'est d'abord une histoire. Celle d'un homme, Eric Sléziak qui a décidé de sculpter l'animal, en métal. L'histoire aussi d'un territoire. Celle du département des Ardennes qui le rachète et l'installe le 8 août 2008 sur l'aire d'autoroute de Saulces-Monclin sur l'A 34, appellée naturellement, aujourd'hui, l'aire de Woinic. 

Le président du Conseil départemental des Ardennes et sénateur, Benoît Huré, a d'ailleurs réagi dans un communiqué de presse, rappelant qu'"Eric Sleziak, artiste ouvrier métallurgiste, n’est certes pas issu du gotha de l’art. Il a su néanmoins à travers Woinic et avec son langage propre, rendre hommage à l’industrie métallurgique et à la fonderie ardennaise. Comme symbole, le sanglier s’imposait et si ses formes ne sont pas académiques, il reflète parfaitement la fierté des Ardennais qui comme leur animal tutélaire ne reculent ni ne dévient, mais vont de l’avant et ne se résignent pas".

La réaction du Conseil départemental des Ardennes suite à l'article de l'Obs-Rue89


Woinic, c'est d'ailleurs des proportions qui en imposent : 8 mètres de haut, 50 tonnes...  dix ans de travail à la force des bras, et 600 000 euros investis par le conseil départemental. 

Woinic, c'est un symbole, une marque, un atout touristique, un outil marketing, des produits dérivés, porte-clés, cartes postales, tasses, pièces, médailles. Une bière porte même son nom. 

Le réduire à un "immonde colosse", c'est un peu léger, vous ne trouvez pas ?

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Woinic : le mal-aimé ©France 3 Champagne-Ardenne


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Ardennes : le business Woinic

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Réouverture du chalet touristique de Woinic ©France 3 Champagne-Ardenne

 

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Pourquoi Woinic ne tournera plus...

 

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