My Ferry Link peine à trouver sa place dans le trafic transmanche

Avec le Berlioz et le Rodin, My Ferry Link assure 8 liaisons quotidiennes Calais-Douvres. Mais face à une concurrence féroce et bien implantée, les ex Sea France peinent à trouver leur place. / © France3 nord pas-de-calais
Avec le Berlioz et le Rodin, My Ferry Link assure 8 liaisons quotidiennes Calais-Douvres. Mais face à une concurrence féroce et bien implantée, les ex Sea France peinent à trouver leur place. / © France3 nord pas-de-calais

Créée le 20 août dernier sur les décombres de l'ex Sea France, la compagnie maritime My Ferry Link peine à se frayer un chemin dans le détroit du Pas-de-Calais, malgré le soutien d'Eurotunnel.

Par Myriam Schelcher

Aucun chiffre officiel de fréquentation, mais des bateaux qui partent les cales légères. A l'embarquement du Berlioz ou du Rodin, les deux navires de My Ferry Link, les files de voitures au chargement sont rares, à l'inverse du redoutable concurrent P&O, et ses 23 rotations quotidiennes.

Un démarrage bien timide 

Lancé en août dernier, 9 mois après la disparition sur le détroit de Sea France, My Ferry Link assure 8 liaisons quotidiennes, avec 460 salariés (sur les 1500 de Sea France). Ils sont associés en SCOP, Société Coopérative Ouvrière de Production.
4 mois d'activité donc, mais aucun bilan chiffré. La direction de la compagnie tricolore reste muette sur le sujet.
Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas de démarrage en fanfare, loin de là. Le journal Libération l'atteste, comme nous, il y a un mois.
My ferry Link
Créée sur les décombres de Sea France, My Ferry Link peine à faire sa place dans le trafic transmanche.
Pour My Ferry Link, le pari de la reprise des activités de Sea France n'est pas gagné d'avance. "Il faut effacer l'ardoise de la mauvaise réputation, ces histoires de détournements présumés de marchandises, cigarettes, parfums, qui valent à treize anciens salariés d'être mis en examen pour vol en bande organisée", écrit Libération dans son édition du vendredi 28 décembre.

Serrage de vis et tolérance zéro

Des pratiques qui n'auront plus court dans la nouvelle compagnie, à en juger par l'esprit "tolérance zéro" qui règne à bord. Un marin confie à Libération : "Il n'y a plus de vols. A la grande époque, on pouvait avoir une centaine d'euros de différence à l'inventaire journalier dans les boutiques. Aujourd'hui, c'est deux trois euros par mois. Les gens n'ont pas l'intention de faire n'importe quoi, ils ont compris leur douleur."
Un autre ajoute : " Du temps de Sea France, on a jamais vu un directeur à bord. il y a vait un laisser-aller incroyable, chacun faisait ce qu'il voulait".

Une entreprise sous perfusion

Si le fruit de l'activité peine encore à arriver dans les caisses, My Ferry Link peut compter sur le gestionnaire du Tunnel sous la Manche, partenaire intéressé du projet. "Pour l'instant, poursuit Libération, c'est Eurotunnel qui porte l'aventure à bout de bras". Le groupe a en effet racheté les 3 navires de Sea France, et les loue à la nouvelle compagnie. C'est aussi lui qui encaisse les pertes. "Eurotunnel prévoit d'engloutir 25 millions d'euros pour les 18 premiers mois d'activité".
ITW directeur My Ferry Link
Notre interview de Jean-Michel Giguet, directeur de My Ferry Link, le 19 novembre 2012.

Des perspectives encourageantes selon le directeur de My Ferry Link

Reste à savoir si My Ferry Link va réussir sur la durée son implantation dans le détroit le plus fréquenté du monde. 
Muet sur les chiffres, mais incorrigible optimiste, Jean-Michel Giguet son directeur l'assure : "Les réservations pour les vacances de Noël sont encourageantes", et de gros contrats seraient en passe d'être signés pour le fret.

A lire aussi

Sur le même sujet

Kamini revit la Belle Epoque à Mers-les-Bains

Les + Lus