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Samedi et Vous à Compiègne au Mémorial de l'internement et de la déportation : quel devoir de mémoire ?

Samedi, à 15h20, émission exceptionnelle sur France 3 NPDC Picardie. "Samedi et vous" vous fera découvrir ou redécouvrir le Mémorial de l'internement et de la déportation, camp de Royallieu à Compiègne où 53 000 personnes furent détenues de 1941 à 1944 puis déportées vers les camps de la mort.

Un camp dans la ville

Le Mémorial de l'internement et de la déportation - Camp de Royallieu à Compiègne a été inauguré en 2008. Pour ne pas oublier que près de 53 000 personnes, des juifs, des communistes, des résistants, des homosexuels, des prêtres, des médecins, y ont internés de 1941 à 1944. Prisonniers puis déportés vers les camps d'Auschwitz-Birkenau, Dachau. Beaucoup ne devaient plus jamais revenir, victime de la folie meurtrière nazie.
Aujourd'hui, quand vous vous rendez à Compiègne, vous ne pouvez pas rater la longue façade blanche du Mémorial le long de l'avenue des Martyrs de la Liberté.
Autrefois, en 1913, le site avait été construit pour accueillir des soldats. Une caserne militaire où s'était installé le 54ème Régiment d'infanterie. L'endroit est aussi devenu un hôpital militaire, puis à nouveau une caserne, avant de devenir l'un des plus tristes endroits du pays, quand l'Allemagne nazie décide d'en faire un lieu stratégique de sa politique d'occupation.
© P.poschadel

Frontstalag 122

En 1941, le camp de Royallieu bascule dans l'horreur. Il devient le Frontstalag 122. Des milliers de personnes innocentes sont emprisonnées avant d'être transférées vers les camps d'extermination. Il devient le deuxième camp après celui de Drancy à être utilisé par les nazis. "Ils sont venus chercher mon père à 5 heure du matin" se souvient Jacqueline Liénard. Son père, un résistant, est arrêté et interné. Il sera deporté à Dachau en 1944. Il survivra à l'enfer et reviendra avec ses camarades de déportation de Soissons en 1945. Mais plus rien ne sera pareil. "C'est toujours poignant d'en parler plus de soixanteans plus tard, le sujet a toujours été tabou dans la famille...".
Le camp de Compiègne restera aussi tristement "célèbre" car le train que l'on a appelé le "train de la mort" y est parti le dimanche 2 juillet 1944, vers 9h15, pour Dachau. C'est le plus important convoi qu'il ait jamais quitté Compiègne. Plus de 500 personnes trouvèrent la mort pendant le trajet.


Se souvenir

"Il faut se souvenir", c'est notre devoir de mémoire soupire Jacqueline Liénard. Ce week - end, les dates nous rapprocheront de ces tristes événements qui marquèrent à jamais l'histoire de millions de familles. Le lundi 27 janvier est la date retenue par l'ONU comme journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste.
Le 27 janvier 1945, il y a 69 ans, un détachement de l'Armée Rouge libéra les prisonniers du camp d'Auschwitz.

© P.poschadel

 

Samedi et vous à Compiègne
Samedi 25 janvier à partir de 15h20, nous vous proposerons une émission exceptionnelle réalisée au sein du Mémorial. Nous recevrons sur le plateau :
  • Anne Bonamy, directrice du Mémorial - Camp de Royallieu
  • Carine Mournaud, réalisatrice
  • Thomas Fontaine, historien
Vous entendrez le témoignage de Jacqueline Liénard, fille de déporté. Nous évoquerons ce devoir de mémoire. Comment en parler aux jeunes générations ?
Nous diffuserons également le documentaire de Carine Mournaud "Les vies oubliées des juifs de Lens", qui raconte la rafle du 11 septembre 1942. Récits d'enfants devenus âgés, marqués à jamais...
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