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Elections régionales : l’hypothèse d’une alliance UMP-PS sème le trouble

Maire de Lambersart et président de la fédération de l'UMP du Nord, Marc-Philippe Daubresse se verrait bien à la tête de la région. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Maire de Lambersart et président de la fédération de l'UMP du Nord, Marc-Philippe Daubresse se verrait bien à la tête de la région. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Dans une interview à La Voix du Nord, le sénateur UMP du Nord, Jean-René Lecerf s’est dit prêt à une alliance avec le PS pour faire face au Front national. Marc Daubresse, président de la fédération UMP du Nord, et Gérald Darmanin, maire de Tourcoing, démentent ce projet.

Par Julia Dumont

Tout commence dans les pages du Point de la semaine dernière. En dix lignes, l’hebdomadaire évoque "l’hypothèse d’une alliance locale [de l’UMP] avec le PS pour le second tour" des élections régionales avec l’objectif de barrer la route du Front national. Des élections pleines de mystère puisque ni la date à laquelle elles se tiendront, fin 2015 ou début 2016, ni la composition, avec la Picardie ou pas, ne sont encore connues.

Rapidement, l’indiscrétion du Point fait réagir sur Twitter Gérald Darmanin, maire UMP de Tourcoing et porte-parole de Nicolas Sarkozy. Le jeune édile se dit en "total désaccord" avec le journal.


Dès le lendemain, Marc-Philippe Daubresse, maire de Lambersart et président de la Fédération UMP du Nord, s’exprime sur le réseau social pour assurer Gérald Darmanin de son soutien.


"Politique-fiction"

Dimanche, dans une interview donnée à La Voix du Nord, Gérald Darmanin s’oppose à la possibilité d’une fusion : "Si cela est avéré, c’est inacceptable. Il ne peut pas y avoir d’hypothèse commune avec le Parti socialiste, puisqu’il est le responsable de l’état dans lequel se trouve la région Nord-Pas-de-Calais […] Seuls l’UMP et l’UDI sont des alternatives au Front national."

Le lendemain, Marc-Philippe Daubresse, désapprouve à son tour la solution d’une liste commune UMP-PS dans La Voix du Nord.  "Notre adversaire, c’est bien le PS et la gauche. Nous ne sommes pas d’accord avec les options du PS, à la région comme au gouvernement", martèle le président de la fédération UMP du Nord.

"J’en ai parlé avec eux et même avec Martine Aubry. Je n’ai pas trouvé chez les uns et les autres d’antagonisme frontal"

La ligne semble claire à droite et pourtant, le 11 novembre, La Voix du Nord publie une nouvelle interview. Cette fois-ci, c’est à Jean-René Lecerf de s’exprimer sur le sujet, et sa version diffère. Une alliance avec le PS au second tour ? "C’est quelque chose que je pourrais parfaitement envisager. À condition que ce soit dans une démarche constructive et positive", répond le Sénateur du Nord.

En a-t-il discuté avec Gérald Darmanin et Marc-Philippe Daubresse ? Il déclare sans détour : "J’en ai parlé avec eux et même avec Martine Aubry. Je n’ai pas trouvé chez les uns et les autres d’antagonisme frontal […]"

Pour Pierre de Saintignon, premier adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille et premier vice-président du Conseil régional du Nord-Pas de Calais, "cette histoire a été montée par La Voix du Nord". "Je n’ai jamais eu la moindre discussion avec la droite sur ces perspectives et je n’ai pas l’intention d’en avoir", assène-t-il, agacé par les questions à ce sujet. Et de poursuivre : "Ceux qui font ces hypothèses abandonnent le combat. Nous, nous regagnerons la confiance des gens".

L’hypothèse relève de la "pure politique-fiction", répète Marc-Philippe Daubresse. "Jean-René Lecerf n’engage pas l’UMP du Nord. Les deux seules personnes qui peuvent parler au nom de l’UMP du Nord, c’est Marc-Philippe Daubresse et Bernard Gérard […]"

"Si nous avons une très bonne liste, nous serons en mesure d’arriver premier. Il s’agit d’un scrutin qui va mêler des considérations nationales et territoriales, or nous avons fait de très bons scores sur le territoire", souligne le maire de Lambersart avant de conclure : "En tous cas je peux vous dire une chose : nous ne ferons ni aujourd’hui, ni demain, d’alliance avec le FN".

Lutte de pouvoir

L’hypothèse d’une fusion des listes PS et UMP au second tour des élections régionales n’est pas anodine et pourrait provoquer des tensions au sein de la fédération UMP du Nord. Selon Le Point, Marc-Philippe Daubresse se dit "le mieux placé pour réaliser l’union droite-gauche face au FN".

S’il est vrai, ce témoignage signifierait que l’hypothèse d’une liste commune aurait bien été évoquée et que le maire de Lambersart se verrait bien à sa tête. Un projet qui risque de déplaire à Gérald Darmanin.

Dans son interview à La Voix du Nord, aux questions "Quel rôle voulez-vous jouer dans cette élection ? En clair, briguez-vous la tête de liste ?", le député-maire de Tourcoing répond: "Je suis maire de la troisième ville la plus importante de la Région, comment puis-je me désintéresser du Nord - Pas-de-Calais où je suis né, où j’ai fait mes études et où aujourd’hui je suis autant engagé en tant qu’élu ?"

Si Marc-Philippe Daubresse juge qu’il est le candidat naturel de la droite dans la région en raison de son expérience, Gérald Darmanin estime qu’un jeune candidat donnerait plus de chance à l’UMP de l’emporter.

Dans une étude réalisée en octobre et publiée début novembre par La Voix du Nord, les internautes nordistes ont été questionnés du 8 au 12 octobre sur les personnalités de la métropole lilloise appelées "assurément" à un destin national. Gérald Darmanin arrive en deuxième position derrière Martine Aubry.

Selon le site internet Daily Nord, la maire de Lille "en veut au maire de Tourcoing qui a renversé son protégé Michel-François Delannoy en mars dernier. Et ne perd pas une occasion de souligner son tropisme droitier"

Les relations de Martine Aubry avec Marc-Philippe Daubresse semblent bien meilleures. Les deux personnalités politiques se sont retrouvées mi-octobre pour fêter les dix ans du Colysée de Lambersart. A cette occasion, le maire de la ville avait déclaré : "La République est en danger et Martine Aubry sait qu’elle pourra toujours compter sur moi pour la défense des valeurs républicaines, que nous avons en commun."

Si l’hypothèse d’une liste commune au second tour se vérifie, les deux parties vont devoir garder le secret pendant plus d’un an. Le risque est, plus que jamais, que leurs accords maintenus secrets ne servent Marine Le Pen et le Front national.

Steeve Briois, le maire Front national d'Hénin-Beaumont  s'est d'ailleurs exprimé sur Twitter à ce sujet.



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