• MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • SPORT
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

Madagascar : report du procès du meurtre sauvage du couple nordiste

Johanna Delahaye (31 ans) était originaire d'Isques dans le Pas de Calais. Gérald Fontaine (41 ans) avait tenu le bar "Le Squale" à Wimereux avant de partir s'installer à Madagascar / © DR
Johanna Delahaye (31 ans) était originaire d'Isques dans le Pas de Calais. Gérald Fontaine (41 ans) avait tenu le bar "Le Squale" à Wimereux avant de partir s'installer à Madagascar / © DR

Le procès des meurtriers présumés d'un couple de Boulonnais, Johanna Delahaye et Gérald Fontaine tués à la pagaie et au coutelas sur une plage de Madagascar en 2012, a été ajourné après son ouverture jeudi à Tuléar, dans le sud-ouest de l'ïle, où les victimes tenaient un restaurant prospère.

Par avec AFP

Sur les dix meurtriers présumés ou complices, six seulement étaient présents et la partie civile a obtenu, après un débat houleux, un renvoi pour permettre que le cerveau présumé de l'affaire, Achille Roméo Ratsimbazafy, soit présent.

Ce dernier, qui nie tout, est un homme d'affaires d'Antananarivo, la capitale malgache. Candidat aux législatives 2013, il vient de faire l'objet d'un mandat
d'arrêt. Aucune date n'a été fixée pour la reprise du procès, suspendue à l'arrestation de Roméo.
Madagascar : report du procès du meurtre sauvage du couple nordiste

Les motifs du double crime restent flous

Il a été dénoncé comme le commanditaire du crime en échange de 50.000.000 ariary (15.000 euros environ) par les deux menuisiers malgaches ayant avoué l'agression avant de changer de version puis de se rétracter complètement.

Les familles endeuillées avaient insisté avant l'audience pour que toute la vérité soit faite au procès sur les circonstances du crime, acte crapuleux ou expédition mortelle contre deux restaurateurs étrangers dont l'affaire tournait bien.

"Roméo", comme le dénomme l'acte d'accusation, serait venu sur les lieux en moto pour vérifier qu'ils avaient exécuté sa demande. Un mensonge selon lui.
Il a affirmé qu'il était loin de Tuléar le jour du crime, le 12 avril 2012, et qu'il ne connaissait ni ses dénonciateurs ni les victimes. Il a aussi contesté des relevés téléphoniques semblant le trahir, parlant d'une confusion avec le numéro de son frère.

Joint au téléphone, son avocat Me Willy Razafinjatovo, connu pour défendre des hommes politiques ou s'occuper d'affaires sensibles, s'est refusé à tout commentaire dans l'attente d'une notification du tribunal de Tuléar. "Je ne suis pas à Tuléar, je ne suis au courant de rien, je ne peux pas faire de commentaire tant que je n'ai pas reçu un rapport officiel du tribunal sur le procès d'aujourd'hui" jeudi, a-t-il déclaré.

Les victimes, Johanna Delahaye, 31 ans, et Gérald Fontaine, 41 ans, étaient originaires de Boulogne-sur-mer, dans le nord de la France, où le double meurtre a profondément choqué.

Corps retrouvé neuf jours plus tard 

Propriétaires d'un restaurant de plage à Tuléar, la Bernique, le couple allait avoir un enfant. Ils étaient allés en quad se baigner sur une plage sauvage voisine et c'est là qu'Alain Régis et Victorien Lahiniriko, deux mensuisiers de Tuléar, ont raconté les avoir attaqués à coups de pagaie puis avec le coutelas de Gérald, avant de jeter leurs corps à la mer.

L'autopsie a exclu la noyade. Le corps de Gérald a été charrié à 60 km de Tuléar et découvert au bout de neuf jours seulement. Il a fallu trois jours de battue
pour retrouver celui de Johanna, plus près de la plage. Le quad avait été abandonné faute apparemment pour les agresseurs de savoir le mettre en marche.

Les familles étaient représentées à l'audience par l'avocat lillois Me Franck Berton, du barreau de Lille, et son confrère malgache André Andranto, venus accompagnés de membres des deux familles.

Tous les inculpés encourent la peine de mort même si elle n'est plus appliquée depuis longtemps à Madagascar et commuée de fait en réclusion à vie.
Les deux principaux auteurs présumés, après leurs aveux à la police, ont plusieurs fois changé de version.

Deux autres ressortissants français et l'épouse malgache de l'un deux, inculpés de complicité mais qui affirment avoir été victimes d'un malentendu, sont restés en France, comme lors des précédentes convocations de la justice malgache.

Sur le même sujet

Retour sur le 18 mai et l'au revoir d'Anne-Sophie Roquette au LOSC

Les + Lus