Profanation des tombes musulmanes de 14-18 à Notre-Dame-de-Lorette: abandon des poursuites requis

148 tombes de soldats de la Première Guerre Mondiale avaient été profanées. / © MaxPPP
148 tombes de soldats de la Première Guerre Mondiale avaient été profanées. / © MaxPPP

Le parquet a requis jeudi l'abandon des poursuites à l'encontre de deux jeunes gens qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel d'Arras pour la profanation de 148 tombes du carré musulman du cimetière national de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), en avril 2008.

Par AFP

"A l'examen de ces éléments, je ne peux pas déterminer la présence de l'un ou de l'autre prévenu sur les lieux au moment des faits", a déclaré le procureur Hugues Weremme en achevant son réquisitoire. Le jugement a été mis en délibéré au 8 janvier. Les deux prévenus, âgés de 26 et 29 ans, anciens skinheads, ont toujours nié les faits, affirmant avoir passé la nuit du 5 au 6 avril 2008, au cours de laquelle les faits avaient été commis, à boire de l'alcool avec des amis à Gouy-Servins (Pas-de-Calais), à quelque kilomètres du cimetière. "Il n'a pas été établi formellement qu'ils étaient présents à un autre endroit au moment considéré", a souligné le procureur.
Profanations : le parquet requiert l'arrêt des poursuites
Reportage d'Adèle Desachy et Jean-Pascal Crinon.
Des sigles nazis et des croix gammées notamment avaient été tagués sur 148 tombes musulmanes du plus grand cimetière militaire français dans la nuit du 5 au 6 avril 2008, provoquant émotion et indignation. Le président de la République Nicolas Sarkozy s'était rendu sur place. Les deux prévenus avaient assuré jeudi matin à l'ouverture des débats, prévus pour durer la journée, "ne plus avoir d'idées néo-nazies". L'un d'eux avait été condamné en mai 2007 à deux ans de prison dont un an avec sursis pour la profanation de 52 tombes musulmanes, en avril 2007, dans ce même carré musulman de Notre-Dame-de-Lorette.

Quelque 40 000 soldats français, tués au cours de la Première Guerre mondiale, reposent au cimetière de Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), près d'Arras. Les deux prévenus, qui habitaient à quelques kilomètres du cimetière, avaient été mis en examen en septembre 2008. Ils avaient passé trois semaines en détention provisoire avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Plusieurs associations, dont le MRAP, la Licra et SOS Racisme se sont constituées parties civiles.

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