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Fusion Lafarge / Holcim : quelles conséquences dans le Nord Pas-de-Calais ?

Les dirigeants des deux groupes lors d'une conférence de presse à Paris le 7 avril 2014. / © AFP PHOTO / FRANCK FIFE
Les dirigeants des deux groupes lors d'une conférence de presse à Paris le 7 avril 2014. / © AFP PHOTO / FRANCK FIFE

La Commission européenne a donné lundi son feu vert à la fusion entre les deux géants du ciment, le français Lafarge et le suisse Holcim. En contrepartie, ils ont accepté de céder un grand nombre d'actifs, notamment nordistes, pour pouvoir donner naissance au numéro un mondial du secteur.

Par LB avec AFP

La décision a été annoncée sur Twitter par la nouvelle commissaire européenne à la Concurrence,  Margrethe Vestager. "La concurrence est aussi importante dans le secteur du ciment. L'acquisition de Lafarge par Holcim est soumise à certaines conditions. La fusion peut se poursuivre", a écrit la commissaire, qui a pris ses fonctions il y a six semaines, succédant à l'Espagnol Joaquin Almunia.


Lumbres, Dunkerque, etc. : des concessions "considérables"

Ce feu vert est crucial pour les deux groupes, très présents en Europe. Il leur reste désormais à obtenir l'autorisation des autorités d'autres pays comme les Etats-Unis ou le Brésil. Les deux géants n'ont pas ménagé leurs efforts et ont accepté de céder un nombre significatif d'actifs (cimenteries, centres de broyage etc) en Europe.

 / © AFP PHOTO / FRANCK FIFE Il s'agissait avant tout de rassurer la Commission, qui craignait que la fusion, telle que présentée au départ, ne nuise à la concurrence sur un grand nombre de marchés, avec à la clé un risque de hausse des prix.

Le total de ces cessions représente 20% du chiffre d'affaires du futur groupe en Europe et 10 à 15% au niveau mondial. Dans l'Hexagone, le suisse Holcim cédera la plupart de ses activités relatives au ciment, au béton prêt à l'emploi et aux granulats, notamment les cimenteries d'Héming, de Lumbres et de Rochefort-sur-Nenon, les centres de broyage de Dannes, de Dunkerque, de Grand-Couronne, de La Rochelle et d'Ebange, ainsi qu'un terminal d'importation à Dunkerque. De son côté, Lafarge cèdera un centre de broyage en France et la quasi-totalité de ses activités à La Réunion.


A Lumbres, on se demande « à quelle sauce on va être mangé »

"Holcim et Lafarge ne seront pas autorisées à conclure l'opération tant que la Commission n'aura pas approuvé le ou les acquéreurs des actifs mis en vente", rappelle l'exécutif européen.

"Ces mesures correctives nous permettent de garantir que le renforcement de l'empreinte mondiale du groupe ne se fera pas au détriment de la concurrence au sein de l'Union. Voilà l'exemple positif que l'autorisation accordée aujourd'hui donne aux autres entreprises qui nourrissent des ambitions mondiales", a insisté Margrethe Vestager.
Site de la cimenterie de Lumbres / © Google Maps
Site de la cimenterie de Lumbres / © Google Maps

Concernant le nom de ces repreneurs, rien d’officiel n’a encore filtré. Un comité central d'entreprise doit avoir lieu à ce sujet jeudi à Paris. « La direction nous y prépare depuis quelques mois. On attend sans savoir à quelle sauce on va être mangé », commente un représentant au comité central. « On a eu plusieurs visites, c’est signe qu’on s’intéresse à nous, qu’il y a un potentiel, un savoir-faire derrière » poursuit-il. « Mais sera-t-on repris par un cimentier ? un fonds de pension américain ? Nous, on subit, on à rien dire ».

L’ambiance est assez morose chez les 124 salariés de Lumbres. « On aurait aimé un peu de répit. Certains ont connu le plan social de Dannes il y a à peine un an (la cimenterie qui employait 92 personnes a été convertie en centre de broyage avec seulement 15 salariés). » Pour être un peu plus rassurés sur leurs perspectives, ces employés espèrent que l’Etat « va enfin débloquer le dossier du canal Seine-Nord ».

Un géant de 32 milliards d’euros de chiffres d’affaires et 130 000 salariés

Le mariage entre Lafarge et Holcim donnera naissance à un colosse du béton qui pèsera 32 milliards d'euros de chiffre d'affaires (avant cessions) et comptera 130.000 salariés, dans 90 pays.

"Nous accueillons avec une grande satisfaction la décision positive de la Commission" européenne, ont affirmé Wolfgang Reitzle, futur président du groupe LafargeHolcim, et Bruno Lafont, futur directeur général, dans un communiqué commun. "Grâce à cette autorisation, nous restons plus que jamais en bonne voie pour finaliser la fusion au premier semestre 2015".

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