Belgique : Laura, 24 ans, “mal dans sa peau, dépressive”, mourra cet été, par euthanasie

 Image d'illustration. Seringue de morphine. / © Andres Rueda
Image d'illustration. Seringue de morphine. / © Andres Rueda

Le témoignage publié dans un quotidien flamand d'une jeune femme en bonne santé physique et qui a demandé à mourir par euthanasie fait réagir en Belgique. 

Par EM

C'est un témoignage qui interpelle, interroge et va faire débat... Même en Belgique où l'euthanasie est légale depuis 2002. Il est publié par le quotidien flamand De Morgen. Laura, 24 ans, y raconte pourquoi elle a demandé à mourir par euthanasie cet été. 

Elle habite en Flandre occidentale. C'est là que la journaliste Simone Maas l'a rencontrée. Elle la décrit comme étant une personne « calme, équilibrée, sûre d’elle ». Laura est bonne santé physique. Si elle a demandé l'euthanasie, c'est parce qu'elle dit vivre une souffrance psychique intolérable. "J’ai l’air très calme maintenant, mais probablement que tout à l’heure je me roulerai par terre à cause de la douleur que je m’inflige. Mon combat intérieur n’a jamais de fin", raconte-t-elle à la journaliste.

Ci-dessous, l'illustration qui accompagne l'article. Avec cette phrase : "Elle a de bons amis, aime prendre un bon café et aller au théâtre. Et elle veut mourir. Conversation avec quelqu'un qui n'a plus envie de vivre." et ce titre : "Leven, dat is niets voor mij" ("La vie ce n'est rien pour moi").

Ze heeft fijne vrienden, houdt van goede koffie en van theater. En ze wil dood. "Leven, dat is niets voor mij."In gesprek met iemand die niet meer wil leven.

Posted by De Morgen on dimanche 21 juin 2015


"Mes amis et ma famille ont compris"

Laura, passionnée de théâtre et de photographie, vit dans un petit studio quelques jours par semaine, sous la supervision de l’institut psychiatrique où elle est en séjour long. Elle souffre de dépression, de mal-être... Depuis toujours, affirme-t-elle. Elle dit vouloir mourir depuis "la maternelle". Elle a tenté plusieurs fois de se suicider, s'est automutilée. Elle a vécu une grande histoire d'amour qui s'est mal terminée. C'est alors qu'elle a décidé de se faire interner. Et aujourd'hui, elle dit vouloir mourir : "Mes amis et ma famille ont compris. Ils connaissent mon histoire et savent que c’est la meilleure solution pour moi".

Avis favorable de 3 médecins

Laura a obtenu l’avis favorable de trois médecins, comme le veut la procédure en Belgique. Elle mourra cet été. Chez nos voisins, la loi du 28 mai 2002 autorise les patients à faire une demande d’euthanasie quand leur "souffrance physique et/ou psychique est constante, insupportable et inapaisable".

Selon le professeur Wim Distelmans, président de la commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, également interviewé par De Morgen, environ 50 personnes reçoivent une euthanasie en Belgique chaque année pour des raisons de souffrance psychique, soit 3% du total des euthanasies (1500 en moyenne par an, soit 2% des décès en Belgique).

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