3 600 migrants arrêtés l'été dernier dans le Kent, révèle un rapport officiel

Le Royaume-Uni a placé, au cours de l'été dernier, environ 40 migrants par jour dans des centres de détention du Kent (sud-est de l'Angleterre), selon un rapport officiel publié mardi critique envers la politique d'accueil du gouvernement.

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Le rapport de l'inspection des prisons, lequel contient ces chiffres qui ne sont pas habituellement rendus publics, révèle que 3 603 migrants ont été arrêtés en juillet, août et septembre derniers, après avoir traversé la Manche. La plupart de ces personnes arrivées sur le sol britannique en se cachant dans des véhicules, sur des ferries ou dans des trains empruntant le Tunnel sous la Manche, ont été placés dans un centre de rétention sur le port de Douvres, les autres à Folkestone.

L'inspection des prisons ne dit pas combien de ces immigrants ont déposé une demande d'asile ou combien ont été refoulés. Mais elle dénonce la manière dont le gouvernement a fait face à l'afflux de migrants devant lequel les services sur place ont été "débordés de façon inacceptable". "Rien n'a été fait pour enregistrer les migrants de manière rapide, efficace et décente", a commenté Peter Clarke, chef du bureau des enquêtes de l'inspection des prisons, regrettant que la "sécurité des plus vulnérables, notamment les enfants" n'ait pas été garantie.

Les migrants, enjeu du référendum sur le Brexit

Réagissant au rapport, le secrétaire d'état à l'Immigration, James Brokenshire, s'est défendu en soulignant que les capacités d'accueil avaient, depuis, été renforcées et évoqué l'ouverture possible d'un nouveau centre de rétention pour accueillir les "immigrés illégaux dans les ports du Kent". Le thème de l'immigration sera l'un des principaux enjeux du référendum du 23 juin lors duquel les Britanniques doivent se prononcer pour ou contre un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Le Premier ministre David Cameron a brandi la menace d'un déménagement des camps de migrants de France au Royaume-Uni en cas de "Brexit".
"Il n'y a aucune garantie que les contrôles (de la police britannique sur le sol français) restent en place si la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne. Or sans ces contrôles, rien n'empêcherait des milliers de migrants de traverser la Manche en une nuit pour venir demander asile dans le Kent", a-t-il insisté.