Aide juridictionnelle : les avocats du Nord-pas-de-Calais toujours en grève

Les avocats du Nord Pas-de-Calais, non satisfaits de l'accord signé mercredi entre la Chancellerie et les représentants des avocats sur l'aide juridictionnelle, poursuivent leur grève au moins jusqu'à vendredi, a affirmé jeudi le bâtonnier de Lille.

"Les protocoles signés par la Chancellerie n'ont strictement aucune valeur juridique d'engagement. Ce qui s'est passé, c'est que Mme (Christiane) Taubira (la ministre de la Justice, ndlr) nous fait l'aumône de 3 euros par jugé, c'est-à-dire juste une petite humiliation de plus en disant +avec ça, tu vas être calme+. Ce n'est pas acceptable", a estimé le bâtonnier de Lille, Me Vincent Potié.

En pratique, les barreaux de la région Nord-Pas-de-Calais poursuivaient jeudi leur grève générale, ce qui signifie qu'ils font la grève des audiences. "Que certains confrères qui représentent la profession disent qu'ils ont trouvé un accord satisfaisant qui permettra de faire avancer les défis de l'aide juridictionnelle, je dis que c'est étonnant car ce ne sont pas les perdreaux de l'année. Je ne comprends pas ce qu'ils ont fait", a-t-il ajouté.


Accord signé mercredi

Le protocole d'accord signé mercredi confirme la suppression de la contribution de 15 millions d'euros en deux ans que Mme Taubira entendait prélever sur les fonds Carpa, gérés par les avocats, pour abonder une augmentation du budget de l'aide juridictionnelle.

Il prévoit également une revalorisation de 12,6% de l'unité de valeur (UV) de base servant à établir la rémunération des avocats participant à l'AJ et correspondant à une demi-heure de travail. Il abandonne également la modification des barèmes qui prévoyait des baisses importantes de nombreuses missions comme l'assistance des personnes en garde à vue.

Une nouvelle assemblée générale réunissant les avocats du Nord se tiendra lundi matin à Lille alors qu'une autre pour les avocats du Pas-de-Calais se tiendra à Arras en fin de journée pour décider de la suite à donner au mouvement.

"On va réclamer que nous n'abandonnions pas notre mouvement et demander à la Chancellerie de fixer un calendrier et de s'y fixer", a déclaré M. Potié.