Affaire Clément Méric : le procès en appel de l'Axonais Esteban Morillo et de Samuel Dufour reporté à mardi

Esteban Morillo (à gauche), lors de son procès en septembre 2018. / © FTV
Esteban Morillo (à gauche), lors de son procès en septembre 2018. / © FTV

Le procès en appel des deux ex-skinheads, impliqués dans la mort de Clément Méric, a été reporté à mardi en raison de l’absence du principal accusé, l’Axonais Esteban Morillo. Il n’a pas pu se rendre sur place en raison du mouvement de grève qui perturbe fortement les transports.

Par CDC avec Afp

Condamnés en première instance à 11 et 7 ans de prison, deux ex-skinheads impliqués dans la mort du militant antifasciste Clément Méric, tué lors d'une rixe en 2013, devant comparaître devant la cour d'assises d'Évry, dans l'Essonne, à partir de ce lundi 9 décembre 2019 a été reporté à mardi en raison de l'absence de l'un des accusés. 

Il s'agit d'Esteban Morillo et de Samuel Dufour, tous deux affiliés à des mouvances d'extrême droite. Le premier, suspecté d'avoir porté le coup fatal, est originaire de Neuilly-Saint-Front, près de Château-Thierry, dans l'Aisne. 
Le principal accusé, l'Axonais Esteban Morillo, a été dans "l'impossibilité" de se rendre sur place à cause du mouvement de grève contre la réforme des retraites qui perturbe fortement les tranports, a expliqué son avocat Me Antoine Maisonneuve à la cour d'assises de l'Essonne.
Le contrôle judiciaire d'Esteban Morillo, lui impose de demeurer dans l'Aisne. Le second accusé, Samuel Dufour, résidant actuellement à Amiens, était, lui, présent.
Quelques mois après leur condamnation en 2018, les deux hommes avaient été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Leurs avocats ont par ailleurs demandé un renvoi du procès en appel, prévu sur deux semaines, à cause du mouvement de grève, qui risque, selon eux, de perturber la "sérénité des débats". La cour a refusé cette demande, l'estimant pour l'instant "prématurée". "Si nous nous apercevons que la tenue de cette audience est impossible, nous pourrons prendre une décision différente" dans les prochains jours , a cependant prévenu le président.
Il a demandé à ce qu'un huissier remette une sommation à comparaître à Esteban Morillo pour la reprise de l'audience, prévue mardi à 9h30.

L'enjeu principal de ce nouveau procès pour l'Axonais Esteban Morillo, le plus lourdement condamné par la cour d'assises de Paris en septembre 2018, est d'obtenir une "diminution significative" de sa peine, dit son avocat Patrick Maisonneuve.
La cour l'avait déclaré coupable d'avoir frappé Clément Méric, étudiant de 18 ans, avec un poing américain. 
Esteban Morillo avait très vite reconnu avoir porté des coups à la victime mais toujours nié avoir fait usage de cette arme, circonstance aggravante. 
 

Rappel des faits


Le 5 juin 2013 en fin d'après-midi, un petit groupe de jeunes militants d'extrême gauche se rend dans un appartement parisien pour une vente privée de vêtements Fred Perry. Arrive un deuxième petit groupe de jeunes. L'un porte un t-shirt "White Power", un autre un t-shirt "100% pure race".
"Les nazis viennent faire leurs courses ?", dit l'un des jeunes "antifas". Une rixe éclate entre ce groupe et les "skinheads".
Clément Méric, qui se remet à peine d'une leucémie, s'écroule sur le bitume de la rue très passante une demi-heure plus tard. L'agression n'a duré que 7 secondes.

La mort du jeune homme avait choqué l'opinion et fait ressurgir le spectre des violences d'extrême droite, poussant le gouvernement à dissoudre plusieurs groupuscules d'ultradroite, notamment Troisième voie, dont les accusés étaient proches.

Lors du premier procès, les versions des participants, des témoins et des expertises divergent et se contredisent. De nombreuses zones d'ombres demeurent.
Me Maisonneuve espère que ce second procès montrera que le groupe de Méric était "à l'initiative" de l'affrontement. "Ils voulaient en découdre, comme c'est le cas depuis 10 ans dans ce genre de confrontations" entre "antifas" et "skinheads".
Esteban Morillo et Samuel Dufour avaient quitté la salle menottes aux poignets mais ont été remis en liberté en novembre 2018. 
Aujourd'hui âgés de 27 et 26 ans, ils comparaissent libres. Le procès doit durer deux semaines.

Sur le même sujet

Les + Lus