Affaire Pilarski - Christophe Ellul mis en examen pour homicide involontaire : "c'est de sa faute si Curtis a tué"

Christophe Ellul a été mis en examen pour homicide involontaire par agression d'un chien. La justice le tient pour responsable de la mort de sa conjointe Elisa Pilarski, enceinte de 6 mois, en forêt de Retz dans l'Aisne en novembre 2019. Un drame dont il avait accusé un équipage de chasse à courre.

Curtis, le chien de Christophe Ellul
Curtis, le chien de Christophe Ellul

Jeudi 4 février, Christophe Ellul, le compagnon d'Elisa Pilarski a été mis en examen par un juge d'instuction de Soissons pour homicide involontaire par agression d'un chien. Pour la justice, il est responsable de la mort de sa compagne Elisa Pilarski. La jeune femme de 29 ans, enceinte de 6 mois, avait été retrouvée mordue à mort en forêt de Retz le 16 novembre 2019 où elle promenait son chien Curtis.

Deux thèses s'opposaient

Une mise en examen qui ne surprend pas Me Guillaume Demarcq, l'avocat de l'équipage de vennerie "Rallye La Passion" qui chassait non loin du lieu du drame le jour-même. Un équipage que Chrsitophe Ellul avait accusé d'être à l'origine de la mort de sa compagne. "C'est la suite logique et inexorable des investigations menées depuis un an, explique Me Demarcq. Ça fait un an que les preuves s'accumulaient contre Christophe Ellul. Aujourd'hui, la justice le tient pour responsbale de la mort de sa compagne. Il est temps qu'il rende des comptes judiciaires de ses mensonges et des infractions qu'il a commises et dont il a accusé le Rallye La passion".

Depuis plus d'un an, expertises et contre-expertises tentent de déterminer si les marques de morsures sur le corps de la jeune femme sont celles de Curtis ou d'un autre voire d'autres chiens. Deux thèses s'opposaient : d’un côté, la piste du chien dévorant sa maîtresse, de l’autre, l’hypothèse d’un "accident de chasse". Car le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski avait appelé son compagnon pour lui faire part de ses craintes quant à la proximité d'une meute de chasse à courre. L'équipage Rallye de la Passion chassait en effet dans la forêt de Retz le jour-même. Christophe Ellul assurait avoir croisé cinq de ces chiens lorsqu'il s'était rendu sur place pour venir au secours de sa compagne.

Christophe Ellul lors de la conférence de presse du 10 novembre 2020 à Bordeaux
Christophe Ellul lors de la conférence de presse du 10 novembre 2020 à Bordeaux © FTV

Dès le début de l'enquête, le propriétaire de Curtis avait pris la défense de son chien, orientant les soupçons vers la chasse à courre. La responsabilité du maître d'équipage du Rallye La passion était fréquemment évoquée. Sébastien Van Der Berghe avait alors demandé au juge en charge de l'enquête d'être placé sous le statut de témoin assisté.

Des prélèvements ADN avaient été effectués sur Curtis et sur les 67 chiens de l'équipage de vennerie. Les résultats, rendus le 3 novembre 2020, avaient établi que la victime avait été exclusivement tuée par Curtis. Les experts ont mesuré la mâchoire de Curtis et celles des chiens de chasse à courre pour établir leurs conclusions.

"Dressé au mordant"

Des conclusions que Christophe Ellul avait rejetées lors d'une conférence de presse le 10 novembre. Il s'était étonné de la disparition des cinq chiens de chasse qu'il avait croisés le jour du drame. Selon lui, la meute du Rallye La Passion n'était "pas en règle". "C'est dans le dossier. Il manque cinq chiens qui ont disparu, et selon monsieur Sébastien Van den Berghe, le maître d’équipage du "Rallye La Passion" [...], les cinq chiens sont morts et ont été enterrés dans la forêt, mais il n'y a pas de certificat de décès", avait-il insisté.

La façon dont Curtis a été dressé est en soi une maltraitance parce qu'il a été dressé d'une manière anormale.

Me Demarcq

"On a découvert que Curtis n'aurait jamais dû venir en France parce qu'il a été importé illégalement et qu'il a été dressé de telle manière que ça a mené au drame, poursuit Me Demarcq. La justice cherche la responsabilité de Christophe Ellul parce qu'il est le propriétaire du chien, il l'a fait venir en France en sachant exactement d'où il venait alors qu'il n'avait pas le droit et qu'il l'a dressé au mordant. Et ça a mené au drame".

Lors de sa conférence de presse du 10 novembre 2020, Christophe Ellul avait contredit ces informations : "Curtis est rentré en France en règle avec un passeport européen, avec tous ses vaccins même la rage. Il est arrivé chiot à trois mois. Et en ce qui concerne le mordant, Curtis n'a jamais été dressé à mordre".

"Personne ne peut croire que Christophe Ellul ne savait pas ce qu'était ce chien, rectifie Me Demarcq. Il savait très bien pourquoi il est allé le chercher là-bas, aux Pays-Bas dans un élevage de pittbull de combat. Il l'a dressé au mordant dans des conditions qui étaient de nature à créer un danger. Les expertises des vétérinaires le disent. La façon dont Curtis a été dressé est en soi une maltraitance parce qu'il a été dressé d'une manière anormale. C'est clairement ce dressage qui est à l'origine du drame. Si Curtis est en France, c'est uniquement de la faute de Christophe Ellul et si le chien a tué, c'est de la faute."

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