Afin de limiter la vente d'alcool, le maire de Chauny prend un arrêté pour que les épiceries ferment à 22h

Par mesures "de tranquilité", "de salubrité publique" et pour empêcher la vente nocturne d'alcool, le maire de Chauny, Emmanuel Liévin, a décidé d'interdire l'ouverture des supérettes et des épiceries après 22 heures. L'arrêté municipal en question divise.

Désormais à Chauny (Aisne), les épiceries et les supérettes doivent fermer à 22 heures. L'arrêté municipal mis en place vise à limiter la vente nocturne d'alcool à emporter, car selon le maire, Emmanuel Liévin, elle générerait des nuisances sur la voie publique.

"Je constatais qu'après cette heure-là, la vente était véritablement ou exclusivement consacrée à l'alcool", lance-t-il. L'édile a pris cette décision "pour des mesures de tranquillité et de salubrité publique, et aussi de danger parce que lorsque des personnes alcoolisées prenaient la voiture, c'était un risque à la fois pour elles et pour les autres personnes."

Les ventes d'alcool à emporter dans le viseur

Les bars ne sont toutefois pas concernés. Emmanuel Liévin a "entièrement confiance dans la rigueur des gérants des bars de la ville". Dans le cas des supérettes, ce sont les ventes à emporter qui sont visées "puisque nous retrouvions beaucoup de personnes alcoolisées en ville, le soir après 22 heures" avec tout ce que cela pouvait entraîner en termes de nuisances sonores et de propreté.

C'était vraiment des mesures qui s'imposaient pour la tranquillité publique des Chaunoises et des Chaunois.

Emmanuel Liévin, maire de Chauny

Cet arrêté municipal rentre dans la continuité de la politique mise en place "depuis plusieurs années en termes de tranquillité" des habitants, avec "l'augmentation des effectifs de la police municipale, de la vidéoverbalisation, l'implantation de nouvelles caméras". De nouvelles mesures ont été mises en place : "le rappel à la loi ou l'indemnisation par les fauteurs de troubles, donc c'est vraiment dans le cadre d'une politique globale de tranquillité".

Emmanuel Liévin imagine bien que cette mesure peut gêner les commerçants, d'autant plus que certains font une partie de leur chiffre d'affaires à partir de 22 heures. Mais le soir, il avance que la consommation est "très compliquée à gérer".

"On est perdants"

Pour Sasee Saba, épicier de la ville, il n'y a pas beaucoup de travail avant 22 heures. "On est perdant car on a beaucoup de clients après cette heure", explique-t-il. "La perte représente près de la moitié des clients. Avant 22 heures, toutes les grandes surfaces sont ouvertes, donc c'est après cette heure que les petites peuvent travailler."

La décision de la mairie n'est pas la bonne, à ses yeux. Il ne voit d'ailleurs pas les problèmes de nuisance soulignés par le maire. "Il n'y a pas de soucis, pas de problèmes", insiste-t-il.

De son côté, Mimoun Manouf, propriétaire d'une supérette qui ferme déjà à 22 heures, note que la police municipale est passée pour les prévenir. Lui non plus n'a pas "entendu de problèmes" depuis son arrivée, il y a un mois. "Jusqu'à aujourd'hui, on n'a pas vu de bagarres ou quoi que ce soit. L'alcool reste l'alcool, il faut toujours contrôler sa consommation avec modération."

"Je trouve ça un peu dommage"

Interrogées dans les rues de Chauny, deux habitantes ont des avis plutôt divergents. La première voit en cet arrêté municipal une bonne décision. "D'un côté, c'est bien parce que ça permet d'éviter tout ce qui est infraction le soir, de se faire agresser après 22 heures", se réjouit-elle avant d'ajouter : "je comprends tout à fait le maire."

Une autre jeune femme trouve cette décision "dommage pour les étudiants qui sortent un peu le soir ou qui ont encore deux, trois courses à faire en centre-ville, et qui n'ont pas forcément les moyens de se déplacer", regrette-t-elle.

Elle suggère que les commerçaient gèrent eux-mêmes "tout ce qui est débit d'alcool", au lieu de fermer les épiceries et supérettes à 22 heures.

Avec Rémi Vivenot / FTV

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