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Dans l’Aisne, la construction d'un autodrome autorisée à condition de restaurer... la flore du camp militaire voisin

Pour 100 ha de construction, la société MSV s'engage à s'occuper de 242 hectares de terrain voisin / © Capture d'écran France 3 / Benoit Henrion
Pour 100 ha de construction, la société MSV s'engage à s'occuper de 242 hectares de terrain voisin / © Capture d'écran France 3 / Benoit Henrion

Ce jeudi 5 juillet, Jonathan Palmer a réuni autour d'une même table l'armée et le Conservatoire d'espaces naturels de Picardie. L'ancien pilote s'est engagé auprès des deux parties à prendre des mesures environnementales compensatoires pour la construction de son autodrome dans l'Aisne.
 

Par AP avec Noémie Marot-Saféris

Un éleveur de brebis, un entrepreneur, des militaires et des écologistes. L’association n’est pas commune, mais elle existe bien. A Sissonne, dans l’Aisne. Ensemble, ils portent un projet de préservation de la nature.

 

La construction d'un autodrome sous conditions

L’histoire débute par l’ambition de Jonathan Palmer. L’ancien pilote britannique, à la tête de l’entreprise MSV, rêve d’un autodrome pour Couvron. Ouverture annoncée pour le printemps 2021. Oui, mais pas si vite. Car les travaux ne se limitent pas à la construction du circuit automobile. En 2012, lorsque l’homme d’affaires acquière son terrain, il doit s’engager à réparer des parcelles alentours. Une sorte de compensation des dégâts causés. Exemple : les tontes de prairies alentours au circuit.

100 ha = 242 ha... 

Résultat : pour 100 hectares touchés, l'entreprise s'engage à en protéger 242 dans les environs. Ainsi, le camp militaire voisin de Sissonne bénéficiera d'un plan de restauration de son milieu. "La société s’engage, pour trente ans, à rouvrir des parties du camp qu’on avait été obligés d’abandonner, faute d’entretien", se réjouit le Général Lillo. L’espace, anciennement lieu d’accueil pour les exercices du service militaire - entre autres -,  s’est détérioré au fil du temps, contrariant sa biodiversité. C’est là qu’intervient la troisième partie prenante au dossier, le Conservatoire d'espaces naturels de Picardie. "C’est important de restaurer ces milieux au profit d’espèces d’intérêts remarquables pour assurer leur pérennité", explique l’un de ses chargés de mission, Loïc Léglise. Des engagements formalisés par la signature d’une convention ce jeudi 4 juillet. 

 


Concrètement, sur le terrain, l’action a déjà commencé. Des brebis se sont installées sur la base militaire. Le cheptel de Timothée Gosset broutera tout l’été les quelques 200 hectares de pelouse sèche. "Ils recherchaient un éleveur de moutons pour préserver toute la flore du camp et éviter que ce soient les épines et la forêt qui prennent le dessus", explique-t-il. Finalement, tout le monde semble y trouver son compte... 

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