Aisne : les médecins salariés, une solution face à la désertification ?

Face à l'absence de médecins généralistes, la commune de Cuffies dans l'Aisne souhaiterait recruter un médecin salarié. Une solution déjà envisagée dans d'autres départements en France où les médecins généralistes manquent à l'appel. 

© France 3 Picardie
Aurait-on trouvé la solution miracle ? L'emploi de médecins en tant que salariés est de plus en plus envisagé pour lutter contre la désertification médicale.

En France, 1619 centres de santé, qui peuvent être gérés notamment par les communes ou les départements, ont été créés. Avec l'emploi salarié, les médecins y trouvent leur compte à commencer par les horaires : 35 voire 39 heures par semaine.


"Je pense que les médecins aujourd'hui sont attirés par un contrôle de leur emploi du temps et n'ont plus envie d'avoir une vie, comme celle que j'ai eu pendant 35 ans, à 70 heures par semaine", affirme Pascal Barré, candidat au poste de médecin salarié de Cuffies dans l'Aisne. 

En tant qu'employé, fini aussi les tâches administratives. En Saône-et-Loire, c'est le département qui s'occupe de tout. Le premier centre de santé départemental s'est ouvert récemment à Digoin et satisfait les médecins.


"Je vais diviser mon temps de travail par deux. Je suis très fier de participer à ce projet novateur" confiait à l'AFP, André Buttner, 61 ans, ancien médecin rural dans l'Yonne.

Donnant-donnant


Avec ces conditions d'emploi, attirer les médecins dans les régions désertées devient plus facile. À Bergerac en Dordogne, 1 500 habitants n'avaient pas de médecins traitants. Grâce à la maison municipale de santé, ouverte en février 2017, trois généralistes exercent désormais dans ce centre unique en Aquitaine.


En moins d'un an, le centre a accueilli plus de 4 500 patients et 1 400 ont enfin trouvé un médecin traitant.

Résultat, dans d'autres régions comme dans l'Aisne ou dans la Creuse, la question est envisagée quitte à mettre la main à la poche.


"Je pense qu'il y a tout de même des limites financières et notamment un coût élevé pour les collectivités locales", estime Jean-Marie Tilly, président du Conseil de l'Ordre des médecins de l'Aisne.

À Domats dans l'Yonne, le centre médical a été créé grâce à des subventions et des dons de particuliers. Le centre fonctionne comme une entreprise avec un budget total de 300 000 euros par an. Le médecin touche son salaire et les consultations de 23 euros reviennent directement à la mairie.

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