Des patients de l'Ehpad de Chauny positifs à un mystérieux variant "peu répandu" du Covid-19

Un mois après l'apparition du 1er cas de Covid, 27 résidents de l'Ehpad Fontenelle à Chauny, dans l'Aisne, sont décédés et 107 des 111 résidents sont positifs. Certaines analyses réalisées par le Centre national de référence (CNR) révèlent la présence d'un variant connu en France mais peu répandu.

Ehpad Fontenelle - C.H de Chauny
Ehpad Fontenelle - C.H de Chauny © FTV

Le 5 janvier 2021, les premiers cas de Covid faisaient leur apparition à l'Ehpad Fontenelle de Chauny, dans l'Aisne. Aussitôt, les résidents ont été confinés dans leur chambre, les visites suspendues et les protocoles d'hygiène renforcés.  

Malgré les mesures prises, l'établissement fait face à un cluster. À ce jour, 106 résidents sur 111 et 57 professionnels de santé sur 70 ont été atteints par le virus, 27 résidents sont décédés, annonce l'agence régionale de santé (ARS) dans un communiqué.

Pour autant, la situation semble s'être stabilisée puisqu'aucun nouveau cas n'a été détecté parmi les résidents depuis plus de 10 jours, et parmi le personnel depuis près d'une semaine. 

Recherche systématique de variants sur le territoire

Face à la fulgurance du virus, se pose la question du variant. C'est un phénomène attendu. Le SARS-CoV-2 a déjà muté plusieurs fois, impactant la transmissibilité ou la gravité de la maladie. 

L'ARS a donc demandé une recherche systématique de variants sur le territoire. Ainsi, tous les tests RT-PCR positifs réalisés par les laboratoires situés sur la communauté d'agglomération de Chauny-Tergnier-La Fère entre le jeudi 4 février et le mardi 9 février inclus feront l'objet d'un séquençage.

Sur 30 prélèvements effectués à l'Ehpad Fontenelle, 25 mettent en évidence une mutation du virus. D'après cette première analyse réalisée par le Centre national de référence (CNR) de l'institut Pasteur, et à ce jour "aucune donnée épidémiologique ou virologique ne permet de dire que ce variant pourrait avoir une transmissibilité accrue", précise le CNR.

De même, aucune donnée ne permet à ce jour d'affirmer que ce variant est plus menaçant, comme peuvent l'être ceux découverts au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil.

D'après Santé publique France, il s'agit d'un variant connu mais peu répandu dans le monde et en Europe. Ces mêmes mutations ont été détectées depuis fin décembre, au Moyen-Orient, aux USA et depuis janvier en Europe, en Suisse et en France en Bourgogne-Franche Comté et Occitanie. 

Par précaution, les recherches se poursuivent. Une dizaine de prélèvements issus de patients ou de professionnels du centre hospitalier de Chauny sont en cours de séquençage.

Les familles chaunoises inquiètes

Isolement des résidents, visites interdites, en quelques jours, les mesures d'urgence ont impacté beaucoup de familles chaunoises. "J'ai appris que ma grand-mère était positive par France 3 Picardie" regrette une habitante de la commune. "Au début, c'était très compliqué d'avoir des informations. Mais heureusement, les choses se mettent en place. Demain je suis invitée à une réunion à l'hôpital avec d'autres familles".

Fin janvier, l'établissement met en place différents moyens de communication pour faciliter les relations entre les résidents et leur entourage. "Nous avons un numéro dédié que les familles peuvent appeler pour prendre des nouvelles de façon spontanée, détaille Aurélie Notteghem, directrice déléguée de l'Ehpad. Nous avons aussi des personnes qui appellent tous les deux jours les familles pour donner des nouvelles de leur proche et nous mettons en place aussi des appels en visio pour les résidents qui peuvent en bénéficier".

Une ville sous surveillance

À Chauny, plus d'un tiers de la population a plus de 50 ans, 15 à 20%, plus de 80 ans. Autant dire que le maire de la ville suit la situation de très près. "On a tous autour de nous des personnes qui sont impactées par ce clusterOn est extrêmement attentifs à la situation, déclare Emmanuel Liévain. Des mesures plus strictes seront certainement prises au niveau de la commune. On a une réunion avec l'ARS ce soir et je dois voir le préfet demain. J'ai demandé si nous pouvions ouvrir un 2e centre de vaccination mais ça ne sert à rien parce qu'il n'y a pas assez de personnel ou suffisamment de vaccins. Mais je me suis engagé avec l'ARS. On va lancer une campagne massive de tests sur la ville dès la semaine prochaine".

Le service d'hospitalisation à domicile de la Croix rouge française de Chauny a également été sollicité pour assurer certaines prises en charge en coordination avec le personnel de l'Ehpad.

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