Plantes et petites bêtes des Hauts-de-France : la drosera à feuilles rondes, carnivore redoutable et indépendante

La drosera à feuilles rondes appelée aussi rossolis est une plante carnivore présente dans la région Hauts-de-France. De par le milieu humide particulier dans lequel elle évolue, elle se nourrit d'insectes, dont les protéines sont indispensables à sa reproduction.
La drosera à feuilles rondes appelée aussi rossolis présente dans la région Hauts-de-France
La drosera à feuilles rondes appelée aussi rossolis présente dans la région Hauts-de-France © M-H. Guislain / CEN Hauts-de-France

Elle n'a pas l'air comme ça, mais elle est coriace. La drosera à feuilles rondes, appelée aussi rossolis, ne laisse aucune chance à ceux qui l'approche. L'aspect humide des tentacules de cette plante carnivore réussit à lui seul à en attirer plus d'un. Une fois les insectes, en général des petits moucherons, posés sur la plante, ceux-ci y restent collés. 

L'aspect humide de la drosera à feuilles rondes attire les insectes qui viennent ensuite se coller sur les feuilles
L'aspect humide de la drosera à feuilles rondes attire les insectes qui viennent ensuite se coller sur les feuilles © Jérôme Boutet / CEN Hauts-de-France

Et pas la peine de se débattre, au contraire, cela ne sert qu'à exciter le poil qui se courbe de manière à ramener la proie au centre de la feuille, qui ne mesure en général que 2 à 3 centimètres grand maximum. "Celle-ci va ensuite libérer des enzymes digestives et l'insecte va se décomposer très lentement", explique Adrien Messean, chargé d'études au conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France. Pas vraiment sympathique, la drosera. 

Présente surtout dans l'Aisne

Mais alors, pour quelle raison s'attaque-t-elle aux insectes ? "Elle se développe dans des milieux pauvres : des landes humides où il y a très peu d'azote, indispensable à la vie des plantes. Comme elle ne peut pas en trouver dans le sol, elle se nourrit des protéines des insectes", éclaire le chargé d'études. 

On retrouvera donc la drosera dans les tourbières acides, caractérisées par la présence de sphaignes, un genre de mousse où elle aime s'y développer. Sa présence pourra être observée dans des milieux très localisés. Dans les Hauts-de-France, c'est particulièrement dans l'Aisne, autour de Laon qu'elle s'épanouit le plus. Elle est aussi présente dans une dizaine de stations de la région particulièrement sur le littoral de la Somme et du Pas-de-Calais. 

Ne supporte pas la concurrence

De par le milieu particulier dans lequel elle évolue, elle reste rare. Elle fait d'ailleurs partie des espèces protégées au niveau national. "Elle a une autre particularité, c'est qu'elle ne supporte pas la concurrence, souligne Adrien Messean. Elle pousse sur des substrats où il n'y a aucune autre plante. Ainsi, si son milieu disparaît, elle ne se reproduit plus."

Pour se reproduire justement, la drosera produit des fleurs blanches et des graines à la fin de l'été. "Si les conditions ne sont pas favorables, les graines peuvent rester et attendre sans pousser. Il y a des études qui montrent qu'elles peuvent rester comme ça plusieurs décennies", affirme le chargé d'études. 

© Céline Gergereau / CEN Hauts-de-France

Il existe trois espèces de drosera : celle à feuilles rondes présente dans les Hauts-de-France est la plus commune. Il existe aussi celle à feuilles longues : "celle-ci a disparu de la région, il y a plus d'un siècle", ajoute-t-il. Et la drosera intermédiaire présente dans trois stations dans le Laonnois. Toutes ont les mêmes caractéristiques. 

À défaut d'être redoutable avec ses proies, cette plante possède également des vertus thérapeutiques. Comme toute plante évoluant dans les zones humides, elle est utilisée en homéopathie pour soigner les problèmes respiratoires. 

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