Procès en appel de Jacques Rançon : le parquet requiert la perpétuité pour le viol et le meurtre d'Isabelle Mesnage

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Écrit par Romane Idres

Condamné à 30 ans de prison en première instance pour le viol et le meurtre d'Isabelle Mesnage en 1986, Jacques Rançon, qui clame son innocence, est jugé en appel à Laon. Le parquet requiert la réclusion criminelle à perpétuité.

Après cinq jours de procès à la cour d'appel de Laon, Jacques Rançon va bientôt savoir s'il est innocenté dans l'affaire du viol et du meurtre d'Isabelle Mesnage en 1986. S'il a déjà reconnu des faits similaires de deux autres jeunes femmes, pour lesquels il a été condamné à la prison à perpétuité, il assure n'avoir jamais croisé la route d'Isabelle Mesnage, et espère être blanchi pour ces faits.

Le manque de preuves formelles

À l'époque, l'enquête avait abouti à un non-lieu. L'affaire n'a été rouverte que 25 ans plus tard, mais aujourd'hui encore, il n'existe ni preuve ADN, ni témoin. C'est bien le cœur de ce procès en appel : tout repose sur des preuves circonstancielles. Déjà, le fait que Jacques Rançon connaissait bien l'endroit où a été retrouvé le corps d'Isabelle Mesnage, à Cachy dans la Somme. Mais d'après le ministère public et les avocats des parties civiles, il existe aussi et surtout des similitudes entre le meurtre d'Isabelle Mesnage et les deux autres meurtres commis par Jacques Rançon. 


Ils évoquent notamment un détail macabre : le corps de la jeune femme a été retrouvé sans parties génitales, tout comme celui de Mokhtaria Chaïb, violée, tuée et mutilée par Jacques Rançon en décembre 1997. Sur ce point, il n'y a pas de consensus parmi les experts. L'un d'entre eux exclut la mutilation volontaire et incombe les plaies aux insectes nécrophages et/ou aux animaux sauvages, puisque le corps a été retrouvée dans un bois. Ses conclusions se portent néanmoins sur l'examen du dossier et non du corps.

Des réquisitions plus lourdes que la peine initiale

Dans sa plaidoirie, Me Didier Seban, avocat des parties civiles, a également rappelé que Jacques Rançon avait dans un premier temps avoué les faits, avant de se rétracter. 

Les jurés doivent délibérer ce vendredi après-midi. L'avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité, soit une peine plus lourde que celle prononcée en première instance. Pour rappel, quelle que soit l'issue du procès, Jacques Rançon ne sortira pas de prison, du moins pas tout de suite. Il purge toujours la peine de réclusion à perpétuité, avec 22 ans de sûreté, pour d'autres meurtres.