"Certains n'ont pas pris l'habitude de bouger" : comment une mission locale améliore la mobilité des jeunes dans des territoires isolés

Pas de train, des bus trop rares et des jeunes frileux à passer le permis de conduire : dans l'Aisne, la mobilité est une problématique ancrée. Pour tenter de l'endiguer, une mission locale accompagne des jeunes pour s'habituer à se déplacer en privilégiant le code de la route puis le permis de conduire.

La mobilité est un enjeu primordial dans les territoires plus reculés de l'Aisne. À quelques jours des élections législatives, les candidats espérant représenter ces zones devront forcément proposer des solutions à cette nécessité. Car les chiffres sont sans appel : 20% de la population active du département connaît des difficultés à se déplacer. Et une personne en insertion sur deux déclare avoir refusé un emploi ou une formation en raison d’un problème de transport. 

"Il faut leur réapprendre à se déplacer"

Exemple parlant : les habitants de Guise, située à quelques kilomètres à l'est de Saint-Quentin. Là-bas, le train ne passe plus depuis cinquante ans et les bus sont peu nombreux. Pour se déplacer, la voiture est incontournable, mais beaucoup de jeunes n'ont pas le permis de conduire. La mission locale de Thiérache - qui s'adresse aux 16-25 ans - se mobilise pour pousser les jeunes des communes de Vervins, Hirson et Guise à obtenir ce précieux sésame. 

"On se rend compte que la mobilité est un thème central, comme l'accès à la santé, la formation ou l'emploi" analyse Nadège Allard, chargée de mission référente mobilité à la mission locale. "Certains n'ont pas pris l'habitude de bouger et restent chez eux : il faut leur réapprendre à se déplacer", pointant elle aussi "des solutions de transport insuffisantes". 

La mission locale comme rampe de lancement

L'an passé, la mission locale a aidé 200 jeunes pour repenser leur mobilité. Cette année, ils sont déjà nombreux : parmi eux, Gabriel Bilbot, 18 ans. Il vient tout juste d'avoir le code. "Je voulais passer une étape pour accéder à du travail. La mission locale m'a beaucoup aidé à me motiver" reconnaît-il. Déscolarisé, il n'était pas emballé par l'idée de devenir conducteur. Mais Nadège, qui l'a "beaucoup aidé", lui a permis de passer une première étape. 

Comme ce jeune adulte, Marie Krawczyk n'était "pas motivée" pour le code de la route et le permis de conduire. Malgré ça, elle se rend compte des nombreuses contraintes de déplacement, notamment pour "travailler, faire ses courses, rendre visite à la famille". 

La réalité virtuelle pour entraîner les jeunes à la mobilité

Comme pour Gabriel Balbot, Nadège est intervenue. "Elle est derrière nous et ça aide. Ça m'évitait de baisser les bras quand je faisais des fautes". Un soutien qui lui permet d'obtenir son code en septembre avant de, bientôt, commencer ses heures de conduite. 

"Le premier frein est financier" rappelle Nadège Allard. "Il y a quelques aides mais il en faudrait toujours plus." Pour tenter d'embellir ces sessions de mobilité, elle s'appuie sur un outil innovant : la réalité virtuelle. "On travaille avec des casques de réalité virtuelle. Dedans, il y a des scenarii qui mettent les jeunes en situation pour acheter un billet de train, se faire contrôler dans un bus. Quand ils se confrontent ensuite à la réalité, c'est beaucoup plus simple" sait-elle. Une idée originale pour intégrer les codes de ce jeune public. 

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