Attentats de Paris : Salah Abdeslam a-t-il "recruté" une équipe en Hongrie ?

Un des "principaux organisateurs" des attentats de Paris en novembre a "recruté une équipe" parmi des migrants ayant transité par la gare de Budapest, a affirmé jeudi un porte-parole du gouvernement hongrois, sans citer de noms.

"Un des principaux organisateurs des attaques terroristes de Paris était à la gare de Keleti à Budapest, où il a recruté une équipe parmi ceux (des migrants, ndlr) qui avaient refusé de se faire enregistrer, et a quitté le pays avec eux", a affirmé ce porte-parole, Janos Lazar, lors d'une conférence de presse. M. Lazar n'a précisé ni la date, ni l'identité des personnes concernées, ni si celles-ci avaient participé aux attaques dans la capitale française. La gare de Keleti a vu transiter quotidiennement des milliers de migrants jusqu'aux jours qui ont suivi la fermeture de la frontière serbe par la Hongrie le 15 septembre.

Salah Abdeslam géolocalisé en Hongrie

A Paris, une source française proche de l'enquête a indiqué à l'AFP qu'une voiture louée par Salah Abdeslam, le suspect numéro un des attentats de Paris, avait été géolocalisée le 17 septembre en Hongrie. Toutefois, les investigations n'ont pas permis à ce stade d'établir formellement si le Français de 26 ans, résidant belge et visé par un mandat d'arrêt international, était à bord du véhicule, ni s'il était accompagné, selon cette source. Salah Abdeslam avait été contrôlé quelques jours plus tôt, le 9 septembre, en Autriche, alors qu'il circulait avec deux autres personnes à bord d'une voiture immatriculée en Belgique et qui venait de passer la frontière allemande. Lors de ce contrôle de routine, Abdeslam avait indiqué vouloir passer "une semaine de vacances en Autriche". Il avait pu continuer sa route avec ses compagnons, étant alors signalé mais pas recherché, a précisé le ministère de l'Intérieur autrichien le 17 novembre.

Suspect numéro un des attentats de Paris qui ont fait 130 morts le 13 novembre, Salah Abdeslam reste introuvable à ce jour. Les enquêteurs n'excluent pas qu'il se soit réfugié en Syrie. Deux des kamikazes qui se sont fait exploser le 13 novembre devant le Stade de France, à Saint-Denis, ont emprunté la "route des migrants" pour entrer en Europe. Mais ils avaient été enregistrés après le mois de septembre, le 3 octobre, sur l'île grecque de Leros avant de prendre un ferry pour le port du Pirée, le 8 octobre. Ils avaient été photographiés et avaient laissé leurs empreintes. Ils auraient pris ensuite le chemin de la Serbie. Lors de leur enregistrement, ils avaient présenté des passeports syriens, mais il s'agirait de faux. Ils voyageaient sous les noms de Mohammad al-Mahmod et d'Ahmad al-Mohammad, ce dernier étant un soldat mort de Bachar al-Assad. Un appel à témoins a été lancé avec leurs photos pour tenter de les identifier.