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Bande dessinée : deux auteurs Belges remportent le Fauve d'or du festival d'Angoulême

© Yohan BONNET / AFP
© Yohan BONNET / AFP

Eric Lambé et Philippe de Pierpont repartent avec la plus haute distinction de ce festival international de BD qui a lieu tous les ans. L'histoire fusionnelle entre la Bande dessinée et la Belgique n'a rien perdu de son intensité. 

Par Yacha Hajzler

Des gris, des ocres, des ombres. Parfois, une tache de couleur qui se colle à la rétine. Nous suivons un dos, un dos triste. C’est celui de Fanny, dévastée par la mort de sa fille et qui va chercher refuge dans un camping, l’hiver, auprès d’autres comme elle.

La couverture de l'ouvrage récompensé par le Fauve d'Or / © ACTES SUD
La couverture de l'ouvrage récompensé par le Fauve d'Or / © ACTES SUD

Le jury du festival de Bande Dessinée d’Angoulême, présidé par l’illustratrice britannique Posy Simmonds, a récompensé Paysage après la bataille. Les deux belges Eric Lambé et Philippe de Pierpont repartent avec le Fauve d’Or, une consécration ultime en forme de petit chat.

Portrait du petit chat tant convoité. / © Yohan BONNET / AFP
Eric Lambé est connu comme une des figures de la bande dessinée d’avant-garde. C’est sa quatrième collaboration avec Philippe de Pierpont. Ensemble, ils ont exploré la force des roses, (La pluie, Casterman, 2005), des marrons, des gris (Un voyage, Futuropolis,  2008 ; Alberto G. Seuil, 2003) Enfin, on se connaît.

Paysage après la bataille, c’est 400 pages qui connaîtront bientôt le sort de tous les Fauves d’Or : l’intérêt d’abord méfiant des connaisseurs, la curiosité du grand public. Même si l’impact du label sur les ventes est difficile à mesurer, les éditeurs estiment quand même que ce prix multiplie les transactions par deux, voire trois.

Belgique et BD : une vieille histoire 

Ce fauve d’or fait nécessairement écho à la maitrîse belge dans l'art de la Bande dessinée. 

De 1930 à 1950, le courant que l’on nomme "franco-belge" mène l’essor de la bande dessinée en Europe. Deux écoles voient le jour en Belgique. La première, la ligne claire, est menée par Hergé, le créateur de Tintin.

Blake et Mortimer, Bob et Bobette : des séries à succès qui partagent des caractéristiques esthétiques comme les contours très nets des personnages et les francs aplats de couleur.

Tintin, Blake et Mortimer : les figures de la ligne claire / © France 3 NPDC
Tintin, Blake et Mortimer : les figures de la ligne claire / © France 3 NPDC

L’autre, c’est l’école de la Marcinelle, incarnée par André Franquin, à qui on doit Gaston Lagaffe. Lucky Luke, Les Schtroumphs : un style plus riche en détails, en symboles, et qui délaisse (un peu) le côté éducatif des bandes dessinées à la Tintin.

L’ironie y sera de plus en plus présente dans le dessin comme dans le propos.

 Les Schtroumphs, Lucky Luke, Gaston Lagaffe : la riposte de la Marcinelle / © France 3 NPDC
Les Schtroumphs, Lucky Luke, Gaston Lagaffe : la riposte de la Marcinelle / © France 3 NPDC

Au-delà des classiques 

Cette tradition de fleuron du 9ème art est encore très présente dans la culture belge. En témoigne le Centre Belge de la Bande Dessinée, un musée inauguré en 1989 qui accueille environ 200 000 visiteurs par an. La ville de Bruxelles présente même sur son site internet un "parcours BD" pour admirer dans la ville les fresques consacrées aux héros les plus célèbres.

La rue de la Buanderie, à Bruxelles, fait partie du parcours. / © France 3 NPDC
La rue de la Buanderie, à Bruxelles, fait partie du parcours. / © France 3 NPDC

En 2010, Björn-Olav Dozo et Fabrice Preyat font une place à l’avant-garde belge dans leur ouvrage La Bande dessinée contemporaine : un "tohu-bohu créatif qui bouscule les territoires laissés en friche par l’industrie [et qui] présente une extraordinaire vitalité dont la Belgique contemporaine peut à raison s’enorgueillir."

Alors, ce Fauve d’Or, c’est aussi reconnaître que l’histoire d’amour entre la BD et la Belgique continue, s’étend et s’enrichit, au-delà des classiques.

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