Bientôt des ours blancs à Pairi Daiza ? Pourquoi le projet fait polémique en Belgique

Image d'illustration. / © Paul Souders / mediadrumimages / MAXPPP
Image d'illustration. / © Paul Souders / mediadrumimages / MAXPPP

Pairi Daiza va bientôt accueillir de nouveaux animaux, parmi lesquels des ours polaires, issus des régions les plus froides du monde. Un projet que dénoncent les défenseurs des animaux, taxant le parc d'être motivé par "l'appât du gain".

Par Margot Desmas

Le parc zoologique belge voit grand. Il prévoit de s'étendre (une nouvelle fois) sur 18 hectares, soit 7.000 m², pour accueillir un huitième monde : "La Terre du froid". On devrait y trouver, dès le 29 août, la faune des régions plus froides du globe : morses, manchots royaux, tigres blancs, mais aussi des ours polaires.

Et c'est là que les défenseurs des animaux interviennent. Ils sont nombreux à s'être indignés sur les réseaux sociaux, dénonçant une décision "non naturelle". Invitée à débattre sur le plateau de RTL.be, Constance Adonis, présidente du parti flammand DierAnimal, s'indigne, assurant que "les ours blancs meurent très vite en captivité" et développent des comportements "complètement psychotiques".
 

"Les territoires qui seront mis à disposition des ours blancs dépasseront de loin les normes légales belges pour atteindre les standards internationaux les plus exigeants en matière de bien-être, répond Hubert Van Slembrouck, responsable communication du parc. Notre souhait est d’ailleurs de voir ces animaux exceptionnels s’y reproduire. Les installations envisagées sont adaptées à de possibles gestations et à l’arrivée de petits oursons."

Le directeur zoologique du parc, Tim Bouts, également présent sur le plateau de RTL.be, justifie la démarche du parc en expliquant que "le réchauffement climatique, c'est le vrai problème des ours polaires""La situation est vraiment dramatique au niveau de la banquise et les ours sont en train d’étendre leur territoire parce qu’ils n’arrivent plus à vivre là où ils vivaient avant", reprend-il.

 

Education des publics ou appât du gain ?


Mais selon la défenseur des animaux, "ce n’est pas en les mettant en captivité que l’on va résoudre le problème". Réponse du parc : présenter des ours, "emblêmes du réchauffement climatique", aux visiteurs permettra "d'éduquer les gens" à la préservation de la planète.
 

Pourtant Catherine Khalil, experte en préservation des espèces, affirme dans une tribune parue dans le magazine Le Vif que "les cages et les enclos des zoos ne font qu'accentuer la frontière entre les hommes et les animaux. Cela apprend aux enfants que les animaux n'ont pas droit à la liberté ni à la vie privée."

Les deux parties semblent donc irréconciliables sur la question de la captivité des animaux sauvages. Et Catherine Khalil de conclure : "Les oursons polaires sont mignons à croquer et génèrent de l'empathie chez les visiteurs. Et c'est justement parce qu'ils attirent beaucoup de visiteurs, qu'ils constituent une grande source de revenus pour les zoos. Voilà la réelle motivation : l'appât du gain."

 

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