Brexit : Boris Johnson s'estime "menacé" par l’UE et remet en cause l'accord de janvier

Ce samedi, le premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé son intention de revenir sur une partie de l’accord sur le Brexit trouvée en janvier dernier. Il s’estime “menacé” par les dispositions du traité concernant l’Irlande du Nord.
L'accord avait été accepté par le parlement britannique en janvier 2020. Boris Johnson au parlement à Londres, le 09 septembre 2020.
L'accord avait été accepté par le parlement britannique en janvier 2020. Boris Johnson au parlement à Londres, le 09 septembre 2020. © JESSICA TAYLOR - EPA/MAXPPP
Le premier ministre britannique Boris Johnson a défendu ce samedi sa volonté de revenir sur une partie de l'accord sur le Brexit trouvé en janvier dernier. Un projet de loi en ce sens avait été déposé mercredi dernier. L'accord de janvier avait pourtant obtenu l'approbation des parlements britanniques et européens au début de l'année, presque quatre ans après le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Les négociations arrivaient pourtant dans une phase finale.

Une "menace" à l'économie britannique d'un côté...

La question de la frontière irlandaise est épineuse depuis le début des négociations. "Si nous n'acceptons pas les conditions de l'UE, l'UE utilisera une interprétation extrême du protocole de l'Irlande du Nord pour y imposer une frontière commerciale complète" entre le Royaume Uni et l'Irlande, a justifié Boris Johnson dans le Daily Telegraph.
Il justifie ce nouveau revers en accusant l'UE d'une "menace" d'imposer un "blocus alimentaire" en Irlande du Nord. Le Premier ministre assure que Bruxelles pourrait imposer des droits de douane sur les produits arrivant du Royaume-Uni et empêcher "le transport de denrées alimentaires vers l'Irlande du Nord". "Je dois dire que nous n'avions jamais sérieusement cru que l'UE serait capable d'utiliser un traité, négocié en toute bonne foi, pour instaurer un blocus sur une partie du Royaume-Uni ou qu'ils menaceraient réellement de détruire notre intégrité économique et territoriale", accuse le leader conservateur.

...Un prétexte de l'autre

Pour d'autres, ce revirement de situation n'a pas lieu d'être. "C'est ridicule, répond l'eurodéputé espagnol Luis Garicano. M. Johnson insiste pour avoir le beurre et l'argent du beurre." D'après lui, les dispositions concernant l'Irlande du Nord étaient d'ores et déjà présentes dans l'accord que le Premier ministre avait signé en janvier.  Un rapport du Financial Times de ce samedi souligne que plusieurs fonctionnaires britanniques avaient mis en garde Boris Johnson.

Des tensions internes

Tous les conservateurs britanniques n'approuvent pas cette récente position de Boris Johnson. Certains ont menacé de ne pas voter pour le projet de loi déposé au parlement.

"Nous ne pouvons pas laisser le pouvoir théorique diviser notre pays entre les mains d'une organisation internationale", leur a répondu Boris Johnson dans sa tribune, affirmant à leur intention qu'il était "vital" d'adopter le projet de loi pour "mettre fin à cette possibilité". Dès lundi, le gouvernement a prévu d'entamer le processus d'examen de son projet de loi à la Chambre des communes. Le "no deal" apparaît de plus en plus probable.
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