Calais : le centre de vaccination Gambetta reporte son ouverture faute de vaccins disponibles

La maire de la ville, Natacha Bouchart, déplore "l’absence d’anticipation du gouvernement" et "la cacophonie qui domine l’organisation des circuits d’approvisionnement", qui, selon elle, la force à reporter l'ouverture du centre de vaccination.

Si une majorité de Français semble, selon les dernières enquêtes d'opinion, désormais acquise à l'idée de se faire vacciner pour enrayer l'épidémie de Covid-19, encore faudrait-il être en capacité de leur en fournir. Faute de vaccins, deux centres de vaccination de la région, situés à Calais et à Lille, ont pris des mesures pour stopper la prise de rendez-vous, comme le préconise l'Agence régionale de santé (ARS) depuis le 21 janvier.

En effet, les 124.250 doses obtenues par l'ARS des Hauts-de-France, dont "une allocation supplémentaire de 15.600 doses obtenues", ne suffiront pas à vacciner toutes les personnes éligibles au processus. A noter que les vaccinations dans les Ehpad ne sont pas concernées par ces mesures de régulation.

En conséquence, le centre Gambetta à Calais, n'ouvrira même pas le 27 janvier comme c'était prévu : "nous sommes donc contraints de reporter l’ouverture du centre Gambetta à une date qui ne peut être définie à ce jour en raison de l’absence totale de visibilité sur le calendrier d’arrivée des vaccins et sur les quantités disponibles dans les prochaines semaines", regrette Natacha Bouchart dans un communiqué de presse.

Ce qui exaspère la maire c'est que ce second centre de vaccination de la ville, après celui installé à l'Ehpad de la Roselière, a été mis en place "à la demande des services de l'Etat". Ce dernier est incapable aujourd'hui de fournir les doses prévues. "Je déplore vivement que l’absence d’anticipation du gouvernement en matière de commandes des vaccins, ainsi que la cacophonie qui domine l’organisation des circuits d’approvisionnement dans les territoires, mettent à mal les efforts exceptionnels déployés par la Ville de Calais, l’agglomération et le CCAS pour proposer une offre vaccinale au plus près des populations", écrit Natacha Bouchart.

L’écart entre le nombre de rendez-vous programmés et le nombre de doses disponibles était de l’ordre d’environ 37%

Selon les chiffres de l'ARS, "l’écart entre le nombre de rendez-vous programmés et le nombre de doses disponibles était de l’ordre d’environ 37% à l’échelle des Hauts-de-France". Cet écart engendre également la reprogrammation de rendez-vous, comme dans le centre de vaccination de Fives, à Lille. A partir de ce lundi, la prise de rendez-vous n’y est plus possible jusqu’à nouvel ordre. "De nombreux rendez-vous déjà pris sont reportés mais aucun ne sera annulé. Les personnes concernées recevront des notifications par Doctolib les informant du report de leur rendez-vous", communique la mairie de Lille.

Le 18 janvier dernier, lors de l'ouverture de la campagne aux personnes de plus de 75 ans, Martine Aubry, sur place, exhortait le gouvernement à "dire la vérité". "S'il n'y a pas assez de vaccins, dites-le nous !", avait demandé la maire de Lille.

Cette situation de tension sur l'arrivée des doses de vaccin n'est pas propre à la région Hauts-de-France. Même au plus sommet de l'Etat le flou semble régner sur le sujet : alors que le ministre de la Santé, Olivier Véran, annonçait le 21 janvier que l'objectif du gouvernement était de vacciner 70 millions de Français d'ici la fin du mois d'août, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a estimé hier à seulement 40% la part de Français vaccinés à la fin de l'été.

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